Overblog
Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Le site qui fait le point sur la situation de la francophonie
  • Le site qui fait le point sur la situation de la francophonie
  • : Ce site a plusieurs vocations : - faire le point sur la situation du français - donner des informations et des réflexions sur le français - partager des découvertes francophones d'à travers le monde
  • Contact

Recherche

Liens

16 janvier 2014 4 16 /01 /janvier /2014 10:42

Vous avez sans doute remarqué que les publications sur mon blogue se sont fortement ralenties. Cela ne veut pas dire que je suis inactif, au contraire.

 

Mon blogue m'a permis de me mettre en relation avec d'autres personnes désireuses de partager leurs réflexions sur la francophonie, ses enjeux, et je voulais pouvoir permettre à ces personnes de partager l'espace de mon blogue, ainsi que son (modeste, mais quand même!) référencement. En effet, j'avais des commentaires de très bonne qualité, de personnes parfois très pointues, et je trouvais dommage qu'elles ne puissent avoir plus de lisibilité.

On s'est donc réunis pour trouver une solution. Techniquement, ce blogue ne donne pas toutes les garanties que l'on voulait. Julien, un des commentateurs de ce blogue, s'est donc gentiment proposé pour mettre en place un nouveau site.

 

Lavoixfrancophone : le retour du francaisenpartage

 

Certains ont pu déjà voir le forum qui s'est mis en place il y a quelque temps. Aujourd'hui, nous commençons à utiliser également un nouveau site pour publier des articles, site qui va donc prendre la relève de celui-ci. Nous allons être plusieurs à le faire. Le but : continuer nos réflexions sur l'avenir du français, de la francophonie, se faire l'écho de ce qui marche, et aussi parler cultures francophones, mais ce coup-ci, à plusieurs. Le ton se veut résolument optimiste, non clivant. Le but est double :

1) Il n'est pas de convaincre ceux qui sont déjà convaincus, mais ceux qui n'y croient pas. Tant que ce n'est pas réussi, c'est que notre argumentation n'est pas assez bonne, ou qu'elle ne porte pas assez loin.

2) Pour ceux qui sont déjà convaincus, le but est de leur fournir des argumentaires tout faits. Cela prend du temps de réfléchir aux objections, le découragement peut poindre son nez avec le matracage de pubs, chansons... anglaises : heureusement, nous avons notre kit de survie du parfait francophone !

 

Alors si cela vous intéresse, vous pouvez venir voir notre forum, vous informer, NOUS informer aussi, nous signaler ce que vous découvrez sur l'actualité francophone. Pour cela, il vous faudra préalablement vous inscrire sur le forum (c'est pour éviter l'arrosage (spam) par des robots). Enfin, vous pourrez lire nos articles de fond sur le site, et aussi nous en proposer et devenir à votre tour rédacteur si cela vous intéresse.

 

Le forum : http://lavoixfrancophone.org/forum/

Le site : http://lavoixfrancophone.org/


Mettez les dans vos favoris dès maintenant !

 

http://lavoixfrancophone.org/wp-content/uploads/2013/11/logo_100-x-200.png

Published by Marc Beaufrère - dans Présentation du cybercarnet
commenter cet article
12 décembre 2013 4 12 /12 /décembre /2013 11:34

J'avais interpellé la MAIF sur leur choix d'utiliser l'appelation anglophone "MAIF First" pour désigner un contrat d'assurance, me présentant comme adhérent d'une association de défense du français pour qu'il n'y ait pas de malentendu. J'avais pris soin d'expliquer que c'était plus dans un souci de comprendre que dans un souci de stigmatiser, comprendre pour faire ressortir les mécanismes de l'anglicisation.

La MAIF m'a répondu par l'intermédiaire de son délégué départemental et je leur ai demandé l'autorisation de publier la réponse, ce qu'ils viennent d'accepter ! Cela confirme en un sens ce que je pense : l'anglicisation est une machine avec des rouages puissants qui laisse les individus, aussi militants soient-ils, impuissants. Au final, tout le monde est d'accord sur le constat, à peu près, mais personne ne sait comment arrêter la machine... quelle étape après ?

Voici donc ci-dessous leur réponse, puis ma réponse à leur réponse :

 

Cher sociétaire, ...la suite ici

Published by Marc Beaufrère - dans Réflexions sur le français
commenter cet article
23 novembre 2013 6 23 /11 /novembre /2013 11:13

Je parle souvent de musique ici, car je veux montrer en quoi l'omniprésence de chansons anglophones à la radio est le résultat d'un choix délibéré mais dont on oublie les raisons.
Délibéré parce que soutenus par les arguments : l'anglais fait jeune, et que les groupes anglais sont meilleurs... sans se rendre compte à quel point le choix des musiques tente de valider ces arguments. On va choisir, chercher des musiques qui vont dans ce sens. 

Petit rappel pour ceux qui ne suivent pas mon blogue depuis le début : les accords Blum-Byrnes (versant culturel du plan Marshall) nous ont amené à mettre plus de chansons anglaises (et de cinéma) pour donner des débouchés commerciaux à l'industrie culturelle américaine en échange de prêts d'argent. Nous avons donc été consentants. Par contre, on s'est habitué à une certaine esthétique, et même si l'on ne voulait pas "de l'anglais", maitenant on en veut car cela nous rassure, ce sont les modèles avec lesquels on a grandi et il ne faut pas que la transition soit trop brutale. C'est une forme de colonisation douce consentie, sans heurts, sans violence physique. De plus, les Etats-Unis, avec la victoire de la Seconde Guerre Mondiale, ont pris la place symbolique de pays le plus puissant (alors qu'avant c'était la France (au niveau culturel, c'était indéniable) et le Royaume-Uni). On veut donc savoir quels contenus culturels "consomme" l'élite mondiale, et en être.

Tout cela, ce sont des constructions mentales, qui découlent d'un historique et d'un inconscient. Je le prouve en musique.

 

Le Royaume-Uni à gauche toute : les Manic Street Preachers

 

... la suite ici 

Published by Marc Beaufrère - dans Musique
commenter cet article
23 novembre 2013 6 23 /11 /novembre /2013 11:08

 

Anticiper l'avenir de la francophonie

 

J'ai proposé ici un modèle d'appréhension de l'expansion des langues. De ces observations, il faudrait donc tirer des leçons pour l'avenir.

 

Notamment : tout ce qui facilite la communication rapproche les gens, facilite l'émergence d'une norme. Le commerce est l'échange entre personnes, c'est donc le grand vecteur de l'harmonisation linguistique. La culture joue également ce rôle mais de façon plus verticale. Si demain on décidait que tout le commerce mondial transiterait par un seul endroit avant d'en repartir, un village de pêcheur dans lequel on construirait un port et un aéroport par exemple, alors c'est la norme linguistique de cet endroit qui tendrait à s'imposer de plus en plus car ce serait l'endroit qui serait le plus proche et le plus en contact avec les autres endroits de la planète. C'est un exemple totalement théorique, mais il explique l'influence régionale et l'expansion démographique de villes comme Carthage (Antiquité), Byzance / Constantinople / Istanbul, Londres, New-York, Dubaï (1 200 habitants en 1822, 10 000 en 1900, plus de deux millions aujourd'hui).

Si l'on veut promouvoir notre langue, on a donc tout intérêt à faciliter la communication et les échanges entre les différents pays de notre ensemble linguistique, plutôt que d'essayer de s'accrocher à l'ensemble anglo-américain (zone de libre-échange qui va rendre les Français et leur langue minoritaires dans leur propre pays). La réduction des distances avec les Etats-Unis est une bonne chose, mais il faut aussi d'urgence décider de bâtir un espace francophone cohérent, faciliter la communication, la prise de décision commune, l'harmonisation commerciale, scientifique... Ce n'est pas une question d'argent mais de volonté. Pour cela, il faut une vision des enjeux. Il faut donc mutualiser des moyens, regrouper des centres de décision, etc...

En creux, on peut voir aussi qu'à ce jeu, les Etats-Unis sont à la pointe pour l'instant : large équipement de leur population en moyens de télécommunication de pointe (ou accès), industrie culturelle très développée (cinéma, livres, séries télévisées) (des contenus), cela a permis un fort sentiment d'appartenance de leur population.

On pourrait prolonger la réflexion à d'autres ensembles linguistiques d'ailleurs : en effet, les gens se retrouvent interconnectés également au sein d'ensembles linguistiques différents, par exemple des Français regardent des séries américaines, des Turcs vivent en Allemagne, des Portugais en France, les moyens de communications permettent à tout ce monde de rester connecté avec leurs proches, on peut donc imaginer également, dans l'état actuel des choses, que toutes les langues de cet ensemble euro-américain vont se fondre dans un ensemble protéiforme. Peut-être un anglais abâtardi qui servirait de langue commune (le globish) ? On constate déjà l'arrivée massive de mots anglais en français et dans d'autres langues européennes, peut-être verra-t-on ainsi une sorte d'harmonisation. J'en doute cependant, ou alors il faudrait des centaines d'années sans qu'aucun facteur ne change.

 

Déjà, les promesses de la traduction automatique des langues risquent à nouveau de changer la donne. Les traductions faites par informatique sont dores et déjà de bonne qualité et, si elles ne sont pas tout à fait fidèles ou dans un registre impeccable, on comprend totalement un texte. J'ai déjà regardé des pages de mon blogue qui avaient été consultées en anglais, la qualité est surprenante. Elles ont aussi été traduites en russe, en espagnol et je ne sais quelle autre langue, on peut imaginer que la qualité est similaire, donc bonne. Cela réduit la nécessité d'apprendre une langue, de s'y exposer.

L'avenir sera peut-être dans la traduction automatique de nos paroles en paroles d'une autre langue, ce qui abaisserait considérablement le besoin d'apprendre d'autres langues.

Peut-être même la notion de langue deviendra-t-elle imparfaite et arrivera-t-on à quelque chose de plus profond ou précis : émotions, concepts ? Je me mets à rêver tout haut. Cela résoudrait toutes ces bagarres pour imposer sa norme ou la défendre.

 

Resserrer l'espace francophone

 

Mais revenons à notre époque ! Les moyens de communication nous donnent la possibilité de communiquer avec tout le monde mais ce n'est pas pour autant qu'on le fera. C'est plutôt la nécessité qui nous y pousse : commerce, échange, découverte.

Pour la francophonie, si l'on veut utiliser ce formidable atout et le faire fructifier, il s'agirait de favoriser l'échange entre les différents points de l'espace francophone. Pour cela, par exemple :

  • pour un même produit, service, choisir davantage un pays de cet ensemble en mettant en place des partenariats durables (c'est de plus en plus rentable sur le long terme).

  • Développer les échanges universitaires entre les villes de cet espace francophone (échange de chercheurs, ERASMUS francophone (dont on parle de plus en plus), création d'universités de pointe qui mutualisent les moyens de plusieurs pays...)

  • favoriser la scolarisation, l'utilisation des moyens de communication et des contenus francophones. Voir à cet effet cette initiative : http://fr.wikipedia.org/wiki/Afrip%C3%A9dia

  • favoriser le développement de produits (matériels, culturels) pour cet ensemble, au lieu de ne penser qu'en termes de marché européen ou américain.

  • Travailler sur l'harmonisation des normes, du droit, des institutions. Mettre en commun ce qui peut l'être.

 

Si l'on mutualise toujours nos moyens avec les Etats-Unis, ce sera toujours au profit de l'anglais, car ils sont plus nombreux et puissants économiquement que la seule France. Si l'on mutualise nos moyens avec les autres pays de l'espace francophone, cela développera le poids de la sphère francophone.


Passer à l'anglais pour les pays africains ?

 

A ceux qui se demandent s'il ne serait pas préférable que dans les pays africains tout le monde passe à l'anglais pour devenir plus riche plus vite, je pense que non, ou disons... pas comme ça. La quantité d'efforts pour passer un pays de l'apprentissage général du français à l'anglais nécessite un effort tel, ou une violence telle, que si cette énergie était utilisée pour s'enrichir, cela irait plus vite de s'enrichir d'abord et éventuellement après d'apprendre l'anglais s'il y en a encore besoin. Il me semble qu'au Rwanda, s'ils avaient su, ils aurait bien voulu faire l'économie d'une guerre. Mieux vaut aller de l'avant que sur le côté, pour ne pas perdre de temps. Je pense donc que les Africains de la sphère francophone ont tout intérêt à miser sur le français, et éventuellement à apprendre l'anglais en plus pour le peu de personnes qui en auront réellement besoin (travail à l'export avec les Etats-Unis, le Royaume-Uni). Ces pays verront en effet immanquablement l'arrivée d'une norme linguistique et c'est un formidable atout pour eux qu'un espace continu qui va de la RDC au Maroc (voire même jusqu'à Bruxelles si on prend le bateau!), à peu près aussi grand que l'Europe, qu'un espace comme cela partage une même langue. Quand on voit les coût de traduction en Europe, on se dit qu'en Afrique francophone, ils seront tranquilles à ce niveau-là.

 

Construire un espace francophone

 

Pour faire un peu d'anticipation, je pense que quand l'utilisation du français se sera généralisée en Afrique francophone, le besoin de l'anglais sera bien moindre pour des raisons que l'on ne discerne pas encore bien. Par exemple, peut-être à cause des progrès de la traduction automatique, peut-être aussi parce que ce sera une autre langue internationale qui comptera ou peut-être aucune (ou plusieurs) qui ne sera davantage nécessaire qu'une autre, si bien que les Africains de la sphère francophone se réveilleront avec un trésor, une langue commune, dans un espace sans commune mesure ailleurs (peut-être l'espace hispanophone ?).

Comme on a construit l'Europe, je pense que notre intérêt, à nous les Français, est de construire la Francophonie : mettre en réseau les universités, favoriser les échanges, le commerce... A l'heure où l'on a essayé de construire une zone de libre-échange avec les Etats-Unis et que ça bute aux niveaux culturels et linguistiques, la proximité linguistique permettrait l'émergence d'un tel projet pour la francophonie plus facilement, même si cela ne se fera pas en un jour, il faut prendre le temps de faire émerger les changements. Mais la chance que l'on a, c'est que contrairement à l'espace anglophone qui est un en discontinuité géographique (Australie, Etats-Unis-Canada, Royaume-Uni), idem pour l'ensemble hispanophone (Espagne / Amérique du Sud) ou lusophone (Portugal / Brésil) l'espace géographique francophone est quasiment continu : Belgique, France, Suisse, puis Maroc, Algérie, Tunisie, jusqu'à la RDC, voire même Madagascar. L'Espagne et l'Italie, de par le nombre de personnes maîtrisant le français (même si l'anglais est plus appris à l'école, les liens avec la France sont plus forts) permettent même de n'utiliser qu'une seule langue sur un espace continu.

Ces observations devraient ouvrir de très larges perspectives, et on ne peut que déplorer avec Jacques Attali, MM. Asselineau et Chevènement, ou d'autres, que l'on ne marche pas sur nos deux jambes : la jambe européenne, et la jambe francophone. Il y a certes des choses qui sont faites et la construction de cet espace suit son chemin tout seul, de par les parcours individuels (création d'entreprise, migrations, TV5 monde, initiatives de l'OIF...) mais on a un trésor que l'on pourrait faire fructifier avec très peu d'efforts et le débat peine encore à arriver sur la place publique. Pour parler de façon moderne, c'est pourtant un formidable « levier de croissance » qui est à disposition, et que nous n'utilisons presque pas !

Après avoir donné naissance à la déclaration des droits de l'homme, à la création de l'Europe (avec l'Allemagne) qui a surmonté et dépassé l'histoire ensanglantée de notre continent, la France a ici l'occasion d'être à nouveau avant-gardiste en matière de paix et de progrès en montrant comment dépasser l'histoire coloniale pour construire un espace de connaissance, de richesse et de solidarité. A moins que les pays africains nous montrent la voie, eux qui ont été à l'initiative de la création des institutions francophones !

 

Début de l'article (1)

Partie (2)
Partie (3) (partie précédente) 

Published by Marc Beaufrère - dans études socio-linguistiques
commenter cet article
23 novembre 2013 6 23 /11 /novembre /2013 11:07

 

Application du principe de bassin linguistique au français du XXIe siècle

 

Si on applique ces informations à la situation du français dans le monde, et que l'on prend également en compte ces informations :

  • le français a pour origine la France, et sa norme actuelle le bassin Parisien

  • le français est maintenant parlé aussi en Afrique et par davantage de personnes qu'en Europe

  • le français est issu de la norme de Paris, et cette norme s'est imposé aux régions avoisinantes puis à la France entière, et maintenant à de nombreux autres pays. La raison en est que Paris est la plaque tournante de la France. La norme se fait par où transite les échanges, par où la population est numériquement importante et par où le pouvoir est.

  • Paris a une importance majeure en France, c'est une unité interconnectée d'environ 10 000 000 de personnes, et elle est au centre des réseaux routiers, ferroviaires de la France, c'est là que siège la plupart des centres de décision.

  • les locuteurs qui parlent français sont numériquement supérieurs en Afrique mais encore faiblement reliés entre eux et peu influents économiquement et politiquement. Reliés entre eux par l'école qui propage une norme, par les moyens de communication modernes, mais au sein d'un immense espace géographique faiblement connecté.

Alors on peut faire quelques observations et déductions :

  • Paris n'est plus le seul centre de la sphère francophone. Si Paris a en France une importance écrasante et que tout tourne autour, d'autres centres francophones d'importance ont fait leur apparition : Abidjan, Dakar, Kinshasa, Libreville... Parfois de petits villages il y a 150 ans, ce sont devenus des mégalopoles qui attirent des populations d'origines géographiques diverses et dont le trait d'union est le français. Pour caricaturer, on peut dire que le français n'était la langue de personne mais que c'était la seule langue en commun de tous, car langue d'interface avec l'extérieur et langue des élites, et / puis de l'administration.

  • Auparavant, Paris agglomérait autour de lui d'autres villes et la mutualisation des moyens, et des centres de décision se faisaient systématiquement à l'avantage de Paris. C'était facilité par la continuité territoriale de la France. Maintenant, on entre dans un schéma différent : Paris devient un centre régional d'un ensemble beaucoup plus vaste. Par exemple, Kinshasa approche aujourd'hui les 10 millions d'habitants. Même si son pouvoir économique reste plus limité pour l'instant, on peut imaginer qu'à l'avenir, Kinshasa va jouer un rôle économique de premier plan au fur et à mesure qu'elle va se moderniser. Ce qui me frappe donc au niveau des changements, c'est que si Paris agglomérait à son avantage l'agrandissement de la sphère francophone, ce n'est maintenant plus possible eut égard à l'immensité de l'espace géographique francophone. Aucune ville ne pourra plus jouer ce rôle aussi démesuré et il y aura donc des pôles régionaux et Paris deviendra la capitale francophone européenne, mais Montréal joue déjà ce rôle en Amérique du Nord, Kinshasa, Abidjan, Dakar ou d'autres villes joueront ce rôle dans leurs régions respectives. Ainsi pour la première fois, Paris va se faire dépasser « par dessus », et sera la capitale d'une subdivision d'un ensemble plus vaste mais sans capitale (pour l'instant), l'espace francophone. Notons que les institutions de la francophonie constituent une ébauche d'espace de concertation de cet ensemble.

  • C'est une situation inédite, où Paris, la source de la norme va se faire dépasser « par dessus » et deviendra une « succursale » d'un ensemble très vaste et sans réelle capitale. Pour bien visualiser cela, je repense à mon article où je décrivais l'expansion de la langue française : d'abord le français était partagé sur une zone géographique plus petite que la France (le bassin parisien), puis s'est répandu à mesure que Paris se retrouvait connecté à un niveau plus large pour former un ensemble de vie plus vaste. Les moyens de communication et de transports ont donc agrandi le bassin linguistique du français de façon inédite, repoussant toujours plus loin l'ailleurs, débordant des frontières de la France, jusqu'à Bruxelles, Brest, Biarritz, Genève ou Marseille. Si l'on faisait la carte du temps qu'il faut pour aller de Paris vers d'autres villes et endroits au fil de l'histoire, on verrait que le monde rétrécit de façon phénoménale.

  • tout ne passera donc plus par Paris. La francophonie en est l'illustration, elle rassemble de nombreux pays dans un ensemble qui les dépasse, un peu comme l'Europe le fait de façon géographique, sauf qu'ici c'est de façon linguistique. Remarquons qu'espace et langue sont deux facteurs (de nature différente cependant) qui peuvent faciliter l'entrée en contact de personnes.

  • les locuteurs qui parlent français sont numériquement supérieurs en Afrique mais encore faiblement reliés entre eux. Reliés entre eux par l'école qui propage une norme, par les moyens de communication modernes, mais au sein d'un immense espace géographique.

Début de l'article (partie 1/4)
Partie précédente (partie 2/4)

Suite et fin (partie 4/ 4) de l'article

Published by Marc Beaufrère - dans études socio-linguistiques
commenter cet article
22 novembre 2013 5 22 /11 /novembre /2013 10:06

 

Les bassins linguistiques, l'unité de base qui explique pas mal de choses

 

Revenons aux langues, notamment au français. Pour bien comprendre l'évolution de la langue française, j'aimerais mettre en avant un nouveau concept, celui de bassin linguistique. L'expérience prouve que dire qu'une langue s'impose forcément d'un centre vers une périphérie n'est pas tout à fait conforme à la réalité. Il faut prendre le problème par un autre bout : des langues existent ici ou là, variantes d'un même ensemble par exemple (comme le normand, le picard, pour le français), dans le cas des dialectes mais sans forcément de hiérarchie dans un premier temps. Des personnes qui se rencontrent harmonisent leurs langues, car elles sont bien obligées de se comprendre pour vivre en société. Leurs langues se fondent dans un même creuset. Si l'on met des gens avec des langues différentes au même endroit et en vase clos, au bout d'un moment, une norme mutuellement compréhensible va émerger pour que chacun puisse communiquer avec chacun. Si on laisse passer plusieurs générations, on obtient une nouvelle norme homogène, comme l'anglais américain aux Etats-Unis, ou le français « joual » au Québec / Ontario. Un peu comme un courant d'eau chaude qui rencontre un courant d'eau froide, au bout d'un moment, l'ensemble devient tiède. Je voudrais donc parler ici d'harmonisation linguistique pour décrire le processus qui amène des gens se côtoyant à harmoniser leurs pratiques linguistiques, c'est-à-dire à adopter les mêmes mots, phrases, intonations, référents. Ce phénomène a toujours eu lieu dans l'histoire, mais à plus ou moins grande échelle.

 

 

Agrandissement des bassins linguistiques

 

Mais ce qui se passe récemment dans l'histoire, c'est que le commerce, le progrès technique (transport, communication) amènent des gens qui n'étaient pas en contact à le devenir. Ainsi, en 1873, le train mettait Marseille à seulement 16h25 de Paris, puis, par étape, on est arrivé à 6h40 de Paris avant le TGV, et aujourd'hui environ 3h. Idem pour les routes. On peut maintenant être à Cayenne en 8 heures de vol depuis Paris alors qu'au début du XXe siècle, la Bretagne était plus loin que cela de Paris. Idem pour Londres qui est à 2h15 (chiffre officiel) de train de Paris. C'est du jamais vu, et Londres est plus près de Paris en temps que mon village dans l'Orne où il faut prendre la voiture. Des populations de plus en plus éloignées les unes des autres se retrouvent donc interconnectées et interdépendantes.

 

Définition du bassin linguistique

 

Les normes linguistiques se font donc au sein d'un petit espace cohérent, interconnecté, puis d'un espace de plus en plus grand, on peut donc parler de bassin linguistique, c'est-à-dire une unité d'espace géographique au sein duquel les moyens de communication et de transport permettent de relier ses occupants avec une quantité d'énergie (temps ou déplacement) si faible que cela crée la nécessité d'un moyen de communication commun. Ainsi des espaces géographiques auparavant séparés se retrouvent-ils interconnectés, agrandissant d'autant le bassin linguistiquede base. S'ensuit une homogénéisation linguistique, c'est-à-dire une harmonisation des pratiques linguistiques. C'est la distance physique et / ou temporelle qui limite à l'évidence l'expansion de ces bassins linguistiques. A l'inverse, il est à peu près certain que si les moyens de communication venaient à disparaître (télé, radio, internet), avec les voitures (pendant qu'on y est), des normes différentes apparaîtraient et s'amplifieraient au fil du temps dans des régions voisines de quelques dizaines ou centaines de kilomètres. La grandeur de ces unités géo-linguistiques est donc, à l'évidence, liée à l'effort nécessaire pour maintenir sa cohésion et tout ce qui facilite la communication et la rencontre agrandit ce bassin linguistique. Une langue commune émerge donc là où il y a proximité spatiale et temporelle, en fait : là où il y a un besoin de communication important. On pourrait rajouter la proximité langagière : lorsque deux dialectes sont proches, on s'homogénéise plus facilement que lorsque le passe d'une langue romane à une langue germanique ou turque.

Par contre, si l'on avait gardé les paramètres du XVIIIe siècle, on verrait l'anglais américain et britannique devenir mutuellement incompréhensibles, d'autant plus que l'anglais américain est en contact permanent avec certaines formes d'espagnol, mais les moyens de communication modernes continuent d'assurer une certaine homogénéité. Le français du Québec ou de Louisiane avaient déjà pris des chemins assez différents de ceux de la métropole avant qu'ils ne se retrouvent à nouveau en contact, d'autant plus que leur norme venait du Perche (Normandie) ou du Poitou-Charente, et non pas de Paris.

A l'inverse, des forces freinent l'harmonisation : freins culturels, politiques, et les besoins économiques (ou leur absence). Je pense qu'il y a un principe d'énergie nécessaire pour parler ou pour pouvoir se passer d'une langue : par exemple, dans certaines régions de France, les gens préféraient renoncer à leur langue et passer au français, dans d'autres, des langues différentes subsistaient plus longtemps.

Published by Marc Beaufrère - dans études socio-linguistiques
commenter cet article
20 novembre 2013 3 20 /11 /novembre /2013 18:20

Attention gros dossier ! J'ai pas mal travaillé dessus, j'attends vos retours. Bonne lecture à tous !

 

 

Une des évolutions majeures de l'anglais, du français, de l'espagnol et du portugais qui se présentent pour chacun des pays européens qui en est à l'origine, c'est que bientôt (ou déjà) les locuteurs de ces pays ne seront pas majoritaires en tant que locuteurs de leurs langues.

Ainsi, l'anglais est davantage parlé en dehors de la Grande-Bretagne : aux Etats-Unis, en Australie, au Canada. L'espagnol en Amérique centrale et du Sud, le français, depuis grosso modo le passage du millénaire, est officiellement plus parlé en Afrique qu'en Europe, et pour le portugais, cela fait un moment qu'il est davantage parlé au Brésil qu'au Portugal.

 

Ces langues restent mutuellement intelligibles, on peut donc considérer que ce sont les mêmes langues avec des colorations locales, alors que le latin s'est lui « divisé » pour donner naissance au français, au roumain, à l'espagnol, à l'italien, au catalan, au portugais, langues qui ont évolué à tel point qu'un locuteur du latin ne s'y retrouverait pas. Il n'y a donc pas continuité linguistique entre les langues résultantes. La présence de ces langues d'aujourd'hui que sont le français, l'anglais, l'espagnol et le portugais, mutuellement intelligibles sur des ensembles aussi vastes, représente donc une situation inédite dans l'histoire de l'homme.

 

En plus du latin, on pourrait aussi parler de l'arabe, de l'indo-européen. La différence d'avec aujourd'hui, c'est que dans le passé, les peuples qui migraient ne restaient pas en contact les uns avec les autres, et on observait parfois des variations d'un village à l'autre, d'une région à l'autre, ce dont témoignent les langues régionales, les « patois ». Et c'est logique : comme en génétique avec les mutations spontanées du génome ; ce sont des nouveautés qui apparaissent dans une population. Par exemple, imaginons l'apparition d'un gêne qui a rendu les gens roux : ce gêne se répand là où il prend naissance et ensuite il suit les mouvements des porteurs de ce gêne. Lorsqu'un peuple a migré et qu'il se retrouve isolé du groupe dont il est issu, un gêne qui apparaît ne va être transmis qu'au sein de ce nouveau sous-groupe. Ce sous-groupe va donc prendre un chemin différent du groupe dont il est issu alors même qu'il était à tout point pareil au départ du fait qu'ils ne sont plus en contacts. La sédentarité d'une population et son isolement favorise ainsi d'une part (1) son homogénéisation et d'autre part (2) une évolution indépendante de celle d'autres groupes qu'ils ne croisent pas, et donc sa singularisation. A l'inverse, les rencontres, les mélanges, les voyages favorisent le brassage et, si ces mélanges s'intensifient, une forme d'homogénéisation de plusieurs sous-groupes qui se fondent en un nouveau groupe. Concernant les langues, de nouveaux facteurs bouleversent la donne depuis quelques siècles. Nous allons les développer puis les conclusions quant à l'évolution des langues viendront toutes seules.

 

Expansion des langues de l'Antiquité à aujourd'hui : ça bouge !

 

Je vois, par rapport à l'Antiquité et au Moyen-Age, au moins trois changements d'importance qui bouleversent la donne et favorisent l'homogénéisation d'espaces géographiques de plus en plus grands :

  1. les moyens de transport qui permettent à des populations éloignées de rester en contact, de déménager, de se mélanger, donc de former un groupe élargi et cohérent. Ainsi Paris, de par les routes qui en partent et y arrivent, s'est « rapproché » d'autres villes, et l'avènement du train a réduit les distances. Un groupe me paraît donc d'autant plus soudé, homogène, et capable de garder son homogénéité que ses membres peuvent se rencontrer facilement et rapidement.

  1. l'école : de par l'école de la République en France, des personnes qui habitent Toulouse peuvent devenir ingénieur à Lille et une personne habitant à Brest en Bretagne peut se retrouver professeur à Nice ou même Mayotte. Cela favorise l'entretien et la propagation d'une norme transmise par les écoles, norme déjà là, mais qui évolue par l'apport de la diversité de ses membres. Ainsi certains particularismes régionaux vont se répandre de par la mobilité des personnes à travers un espace géographique. J'ai en tête la remarque d'un professeur de linguistique qui observait l'expression relevée aux Etats-Unis chez Clinton ou d'autres personnalités médiatiques (révélant son acceptation comme norme) : « i'm after + something » comme dans « i'm after dinner » qui veut dire : « j'ai fini de manger / je viens de manger ». Cette expression est incorrecte en anglais britannique, mais correcte en anglais américain. Elle est en fait une transposition en anglais d'une tournure gaélique, ce qui indique que cette expression est arrivée en anglais américain par l'apport migratoire irlandais.

  2. les moyens de communication : au début du siècle, lorsque des Bretons déménageaient à Paris, ceux-ci se retrouvaient isolés de leur groupe d'origine, étaient obligés de s'adapter à leur nouvel environnement, et n'évoluaient plus avec leur groupe d'origine (les nouvelles normes, mots, modes de Bretagne). Ils gardaient leur culture, éducation de leur famille et région d'origine, mais les nouveautés ne viennent plus que de leur nouvel environnement qui apporte une couche culturelle comme on parle de couche de sédiments, trace d'une époque géologique. Mais les choses ont un peu changé. A présent, ma belle-famille, d'origine polonaise, dispose d'un forfait illimité vers les téléphones fixes en Pologne, ce qui leur permettent de téléphoner à leur famille, de se tenir au courant, de garder un lien avec leur milieu d'origine. Cela aide quelque part l'émigration qui devient plus douce et cela permet de faire la transition. On peut rajouter aussi la télévision qui permet la diffusion et l'entretien d'une norme linguistique. Tout cela veut dire que dans l'absolu, la langue d'une personne peut continuer à évoluer en même temps que celle du groupe d'origine, de par l'accès aux mêmes contenus (satellite, contenus culturels sur internet) et par le lien que permet de garder le téléphone par exemple.

 

 

 

Ainsi, les progrès techniques permettent l'accélération de la diffusion d'un progrès, d'idées... Un discours qui était filmé aux Etats-Unis dans les années 50 mettait plusieurs semaines ou mois à arriver en France, de nombreux obstacles techniques ralentissaient sa diffusion : il fallait le traduire, l'envoyer en France par avion, le dupliquer, etc... Aujourd'hui avec Youtube, on peut mettre une vidéo en ligne de son chien qui sera accessible à tous ceux qui ont une connexion internet dans la minute. Avec le satellite, on peut suivre un discours de François Hollande à Buenos Aires ou Vladivostok, pour peu que l'on ait un récepteur (télé ou ordi). Des interprètes traduisent simultanément certains discours.

Les moyens de communications et de transports facilitent donc la réduction de la distance qui séparent une personne d'une autre. Ce sont des outils qui rapprochent les gens, des facilitateurs, des vecteurs, des médias (dans le sens de « moyen ») pour transmettre un contenu plus facilement.

L'école, les médias (télé, cinéma, musique, livres), quant à eux, favorisent l'établissement et l'entretien d'une norme, ils fournissent du contenu.

 

Il y a donc constamment un double mouvement : les progrès techniques favorisent la diffusion d'une norme (uniformisation) mais la baisse des coûts (pour faire un film, une musique, etc...) et d'autres progrès techniques (le personne à personne, les circuits courts, la souscription participative type « Grégoire » (le chanteur)) multiplient les sources de normes (diversification) car de plus en plus de personnes deviennent auteures, deviennent sources de message. Ce blogue en est un exemple, je peux m'adresser à un américain, un ghanéen ou autre et recevoir des commentaires, quand bien même j'habite en campagne. Il suffit de disposer d'une bonne connexion et d'un ordinateur.

 

Au final, tous ces progrès techniques réduisent la distance entre une personne et ses désirs matériels ou immatériels. Il faut moins d'efforts pour parvenir à son but.

 

Cliquez ici pour la suite (2/4) (article en 4 parties)

Partie 3/4

Partie 4/4

Published by Marc Beaufrère - dans études socio-linguistiques
commenter cet article
28 octobre 2013 1 28 /10 /octobre /2013 11:30

Cet article, je l'avais en tête depuis longtemps, et il aura fallu un courriel d'une amie pour m'obliger à le mettre en forme au niveau des idées. En effet, j'ai envoyé un courriel où je faisais part de certaines des musiques (6 ou 7) que j'écoute actuellement et que je voulais partager, mon amie m'a répondu par une sélection des siennes et par le fait que globalement elle aimait bien celles que j'avais envoyées "sauf une ou deux" (indiqué avec un petit smiley juste après).

 

Que faut-il écouter aujourd'hui ? La doxa moderne

 

J'ai donc regardé ce qu'elle m'avait envoyé. Madness de Muse, Asaf Avidan, Syd Matters, un truc de Gossip, un des Red Hot Chili Peppers et je ne sais quoi encore. Tout d'un coup, je me suis senti pris en défaut. Des goûts très sûrs. Ca m'a fait remonter des mauvais souvenirs. Quand on est jeune, on écoute ce qu'on aime parmi ce qui passe à la radio. Et un jour, il y a un ami qui vient te dire que telle ou telle musique que tu aimes, c'est commercial, c'est de la m***. Mince. Qu'est-ce qui fait que c'est nul et que je n'ai rien vu ? Bon, on peut toujours écouter les autres groupes, et il y en a plein ou ne pas en tenir compte et continuer à écouter ses musiques à l'abri de cette personne. Et puis un deuxième ami, un troisième, une personne dans une soirée, une autre... alors là on commence à douter. ...la suite ici

Published by Marc Beaufrère - dans Réflexions sur le français
commenter cet article
27 octobre 2013 7 27 /10 /octobre /2013 10:09

La France et l'Amérique, c'est "je t'aime moi non plus" comme dirait Gainsbourg. Sujet de fascination, de mépris, d'étonnement et d'admiration, on chante l'Amérique en France et depuis un moment déjà. Ce qui ressort des chanteurs que je vais vous présenter, c'est que chacun parle d'une Amérique très différente. Il faut dire que l'Amérique est vaste, que 50 états la composent, et qu'il n'y a pas grand chose à voir entre New York et la Nouvelle-Orléans, entre San Francisco et le Colorado, si ce n'est la langue des gens qui y vivent. L'Amérique est plurielle et a beaucoup inspiré les chanteurs français qui l'adorent. Johnny Halliday est LE chanteur français qui s'inspire sans doute le plus de l'Amérique : tournée 66 pour ses 66 ans, tenue de cow boy, nom américanisé, style rock et blues (entre autres). On ne compte plus le nombre de chanteurs qui vont puiser leur inspiration outre-atlantique : de Dick Rivers, Eddy Mitchell, Julien Clerc, Nougaro... jusqu'à Christophe Maé pour son dernier album cette année.

 

La guerre de 1939-45 a amené les chewing-gums en France, mais a aussi créé un pont entre ce pays-continent et la France et entre leurs cultures. Edith Piaf, Gilbert Bécaud et d'autres encore  y sont allé avant que le rock et les yéyés ne viennent inspirer nos chanteurs.

 

L'Amérique, Joe Dassin veut l'avoir ! (1970)

 

... la suite ici

Published by Marc Beaufrère - dans Musique
commenter cet article
14 octobre 2013 1 14 /10 /octobre /2013 10:49

La francisation est un sujet qui ne cesse de me laisser perplexe. Lorsque j'interpelle des commerciaux, représentants ou clients dans le cadre de mon travail, tout le monde est d'accord pour dire qu'il y a trop d'anglais mais visiblement personne n'y peut rien, il y aurait comme une force au-dessus de nous. Comment peut-on avoir tout le monde d'accord et que rien ne change ?

 

Ainsi, j'ai interpellé le commercial de Vitamont (jus de fruits bio) sur l'appellation cranberry de son jus. Je lui ai dit : pourquoi ne pas utiliser le mot français "canneberge". Il n'a même pas répondu, jujgeant ma question incongrue. J'ai récidivé, il m'a demandé : "tu as des clients qui te le demandent sous ce nom ?" Je lui ai dit qu'il y en avait quelques uns mais que ce n'était pas la majorité, et avant que j'ai pu continuer, il a mis fin à la conversation, lorsqu'il a compris que l'ensemble des clients ne l'utilisaient pas. Comme je suis têtu, je suis revenu dessus, je lui ai dit que si eux, en tant qu'entreprise, ne le font pas, personne ne le fera (ce ne sont pas les clients qui vont commencer) et je l'ai obligé à me suivre pour lui montrer les canneberges que l'on vendait en vrac avec sur l'étiquette l'appellation "Canneberge / Cranberry", et je lui ai aussi montré des canneberges en sachet (de chez Priméal) vendues sous l'appelation Cranberry et en dessous, en un peu plus petit : Canneberge. Je lui montrais comme quoi on pouvait au moins indiquer les deux. Il a enfin écouté mon argument, même s'il n'en tiendra peut-être pas compte. ...la suite ici

Published by Marc Beaufrère - dans Réflexions sur le français
commenter cet article