Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Le site qui fait le point sur la situation de la francophonie
  • Le site qui fait le point sur la situation de la francophonie
  • : Ce site a plusieurs vocations : - faire le point sur la situation du français - donner des informations et des réflexions sur le français - partager des découvertes francophones d'à travers le monde
  • Contact

Recherche

Liens

16 juin 2011 4 16 /06 /juin /2011 09:54

jlm-stars-hollywood-sign-thumb-300x225

Voici une nouvelle très sérieuse relayée par la Dépêche du Midi : une offre de reprise de la base militaire de Francazal en Haute-Garonne pour en faire un des plus grand studio de cinéma au monde. Cette offre a été lancée "par un grand nom du cinéma hollywoodien" et pourrait créer à terme 6000 emplois.

 

On s'hollywoodise ou on garonnise ?

 

Ce qu'il y a d'intéressant dans ce projet pour le militant de la cause francophone que je suis, c'est de considérer le projet en terme d'influence culturelle. Ce projet va-t-il seulement faire rayonner la culture américaine en France ? Il faut étudier plusieurs aspects de cette question.

Certains pourraient craindre qu'un tel projet "américanise" la France un peu plus. En ce qui me concerne, je crois qu'il n'y a pas de danger de ce côté-là ; je considère que s'il y a une demande d'Amérique en France, il vaut mieux que celle-ci soit satisfaite par des Américains (ou même des Français) en France que par des Américains aux Etats-Unis.  D'ailleurs, des artistes français "montent à Hollywood" pour poursuivre leur carrière, cette opportunité pourrait donc leur permettre de rester parmi nous et de faire carrière "à l'américaine". Si le cinéma hollywoodien n'est pas censuré en France, aussi médiocre ou violent soit-il, alors il me paraît logique que l'on préfère voir ces films produits en France qu'ailleurs.

 

Intégration culturelle : parallèle avec l'histoire de l'immigration

 

L'histoire de l'immigration (cf Emmanuel Todd par exemple) nous apprend que lorsque des étrangers s'établissent dans un pays, ils gardent leur spécificité pendant un certain temps mais finissent par s'adapter aux spécifités locales puis par se fondre dans la masse. Ainsi, aux Etats-Unis, étaient considérés comme américains essentiellement les WASP (catégorie qui sert à désigner les Anglo-Saxons Blancs et Protestants), puis les Allemands,  les Scandinaves, les Français, les immigrés d'Europe de l'Est, etc... Ainsi, chacun est venu avec ses spécificités mais s'est fondu dans le moule (melting-pot) américain (jusqu'à un certain point). Il me semble que si un studio américain s'implante en France, il viendra avec ses spécificités, mais celles-ci s'amenuiseront à mesure que les employés vivront en France ce qui influencera par retour leur façon de travailler et de créer. Faut-il y voir des envahisseurs envahis tels les Romains qui adoptèrent la culture grecque après les avoir envahis ? La métaphore me paraît trop guerrière, je pense qu'il faut plutôt y voir la rencontre entre une énergie, une envie, une façon de faire d'un côté, et un territoire, des gens, une culture de l'autre. Pour moi, toute opportunité peut-être utilisée à notre avantage, il s'agit de faire le point sur la situation, d'établir ce que l'on désire et de dicter nos conditions (si besoin est) plutôt que d'attendre que les opportunités nous passent sous le nez.

 

Quels avantages pour la France ?

 

Tout d'abord des emplois, a priori 6000, essentiellement des métiers de l'artisanat (métiers de la construction, de l'entretien) et de la création artistique. Cela représente un investissement important. Ensuite, la France servirait de cadre pour de nombreux films et renforcerait à ce titre son attrait touristique en faisant découvrir ses paysages et son patrimoine. Enfin, l'aspect culturel : il est certain qu'une partie de la spécificité française se ferait connaître à travers la réalisation de films dans ces studios, que ceux-ci permettraient d'offrir une infrastructure supplémentaire de qualité aux producteurs français et donc de faciliter la production cinématographique française, et de faire connaître le territoire français aux producteurs étrangers tournant en France.

 

Signer la pétition

 

La décision n'est pas encore prise, la reconversion du site pour un autre projet a déjà été étudiée. Vous pouvez cependant (peut-être) donner un coup de pouce à la décision en signant la pétition pour l'implantation de ce studio en cliquant ici. N'hésitez pas à relayer la pétition qui souffre d'être sur un site trop peu consulté.

 

Source : http://www.ladepeche.fr/article/2011/06/07/1100630-hollywood-veut-francazal.html

 

Rajout (le 18 septembre 2011) : suite de l'histoire ici.

Repost 0
9 juin 2011 4 09 /06 /juin /2011 16:31

ALF-marcheAfficheA3

 

Sans entrer dans les détails techniques de cette manifestation, je souhaitais attirer votre attention sur l'existence de cette manifestation le samedi 18 juin à l'initiative de 31 associations (dont 25 françaises et 6 étrangères). Si vous habitez Paris ou êtes de passage à Paris ce jour là, n'hésitez pas à prendre part à cette manifestation pour donner du poids aux revendications linguistiques de cette manifestation. Cela prendra un peu de votre temps mais ne vous coûtera rien, l'impact du nombre sera décisif pour la première manifestation de ce genre, afin se susciter la curiosité des médias et de l'opinion publique, alors n'hésitez pas ! Cette manifestation est apolitique même si des personnalités politiques y participeront, mais sous les couleurs de la francophonie, et non pas sous leur propre couleur. Il suffirait d'une manifestation réussie pour déclencher une dynamique positive et notre présence peut vraiment faire la différence. Il ne s'agit pas de faire céder le gouvernement ou de créer un rapport de force, mais de montrerque même sans médiatisation, un intérêt pour le statut du français (dans la vie publique, dans les médias...) existe, que nous ne sommes pas indifférents au traitement de notre langue en France (publicités en anglais, discrimation linguistique à l'embauche, monopole musical anglophone...).

 

Rendez-vous est pris à 14h30 devant le Panthéon. Nous pouvons faire la différence !

 

Pour plus de renseignements, visitez les liens d'association à l'initiative de cette marche :

- Avenir Langue Française

- AFRAV (Association France Avenir) 

Petit résumé des griefs dans cet article du Post. Cela se passe sous notre nez sans que l'on s'en rende compte.

Repost 0
Published by Marc Bf
commenter cet article
23 mai 2011 1 23 /05 /mai /2011 15:31

Pour ceux que la linguistique intéresse, la formation de nouveaux mots offre parfois des surprises pour les étymologistes !

 

Un chicken burger s'il vous plaît !

Par exemple, lorsque l'on parle d'un chicken burger, on parle donc d"une "catégorie de burger", un "burger au poulet", et par raccourci on fait bien sûr référence à un hamburger. C'est que les anglophones ont décomposé le mot hamburger comme : ham + burger; un burger au jambon (ham). Il en découle logiquement le chicken burger. L'histoire nous apprend pourtant que le hamburger était un morceau de boeuf (salé, car cela se conservait mieux) parfois servi entre deux tranches de pain aux gens qui faisaient la traversée depuis l'Allemagne sur le Hamburg America Line. Le hamburger doit en fait son nom à la ville de Hambourg (Hamburg en allemand), ce qui n'a pas grand chose à voir avec le jambon... ! On a donc assisté à un phénomène de resémantisation, autrement dit des gens ont redécoupé le mot et donné un sens à ses composants (morphèmes) indépendamment de leur sens originel.

Hamburger => (resémenisation) Ham + Burger => Chicken Burger ...la suite ici

Repost 0
15 mai 2011 7 15 /05 /mai /2011 18:47

 

Repost 0
Published by Marc Bf
commenter cet article
8 mai 2011 7 08 /05 /mai /2011 10:38

La France a longtemps été un géant démographique, jusqu'au XIXe siècle. L'affaiblissement précoce de sa natalité conjugué à une explosion démographique mondiale au cours du XIXe et XXe siècle ont affaibli l'importance démographique mondiale de la France. Aujourd'hui, la France compte pour 0,9% de la population mondiale et 8,5% de la population européenne. Ainsi, son poids relatif continue à faiblir au niveau mondial mais réaugmente au sein de l'Europe.

 

Année 1400 1750 1801 1901 1995 2011
Population française (en millions) 12 24,5 29,36 40,7 57,75 63,13
Pop. européenne (en millions) 45 140 187 420 728 739
Part de la population française / européenne (en %) 26,7% 17,5%
15,7% 9,7%

7,9%

8,5%
Pop. mondiale (en millions) 420 650 1000 1650 5692 7000
Part de la population française / mondiale (en %) 2,85% 3,77% 2,94% 2,47% 1,01% 0,9%

 

N.B. : Les chiffres de la population mondiale sont très approximatifs avant 1950, mais ils permettent de se donner un ordre d'idée. ... la suite ici

Repost 0
25 avril 2011 1 25 /04 /avril /2011 10:04

Sans être un expert sur le rap, je veux montrer dans cet article l'importance que le rap a eu et son apport à la culture française. Si le rap nous vient des Etats-Unis, c'est la production française qui m'intéresse, son rapport à la langue et à la culture française. J'ajoute que je ne suis pas du tout un pratiquant du rap, ce n'est pas "ma famille", même si j'ai pu en écouter un peu (I AM et MC Solaar il y a plus de 10 ans maintenant, le reste je l'ai découvert par des amis). Je ne suis donc pas là pour polémiquer sur ce sujet qui s'y prête mais pour le regarder par le prisme des thématiques de ce blog : langue / linguistique, culture et francophonie. 

 

Introduction au rap

 

Tout d'abord, le rap, c'est une musique clairement urbaine : elle raconte la ville, elle la représente, elle parle du quartier, de la cité, des problèmes de tous les jours. Le rap a longtemps été regardé avec suspicion : il faut dire que le plus connu des premiers groupes français, NTM, alimentait les passions de par son nom (Nique Ta Mère), de par ses thématiques : la drogue (passe le oinj'), et ses "Nique la Police". Malgré cette bonne dose de violence verbale,  (ou grâce à elle) il y a une énergie dans ce qui se fait, et c'est sans doute cela qui a plu. Le rap décris-t-il la violence de la société ou la véhicule-t-il en lui-même, c'est souvent sujet à polémique. Cela dépend sans doute des groupes et des artistes.

 

Thématiques du rap

 

En observant les groupes de rap, leurs thématiques et leurs noms, je ne peux m'empêcher d'être frappé par un phénomène : beaucoup de groupes de rap semblent prendre plaisir à incarner le refoulé de la société qu'ils racontent.: violence  homophobie, défiance de l'autorité. Cela a sans doute été une des manières de se faire connaître à bon compte en tout cas. Aux Etats-Unis, les premiers groupes parlaient de leur quartier mais affichaient aussi beaucoup la fascination de l'argent, des femmes, c'est le bling bling, les "chaînes en or qui brillent, pas de pacotille" (I AM), les bitch (prononcé be-ach en France), la haine de la police. Quant aux noms des groupes, si quelques uns font assez sages : I AM, Stomy Bugsy, Fonky Family, Ridan, d'autres affichent la couleur : NTM, Assasin, Sniper, La Fouine, Sexion d'Assaut. Les paroles ont été dans la provocation au départ  de l'histoire du rap, par certains groupes immatures ou irresponsables. Mais aussi, la parole explose : tantôt vulgaire, tantôt agressive, mais aussi parfois poétique dans sa volonté de raconter un quotidien pas toujours facile ; un mélange détonnant qui n'a pas laissé indifférent certains membres de la classe politique, d'où certaines affaires. On peut parfois se demander dans quelle mesure il n'y a pas une volonté de provoquer "la figure du père" et de trasngresser les valeurs de la société : autorité, société ordonnée, culture du mérite et valorisation de l'école. Souvent le rap essaie de mettre du discours et du sens dans les endroits et sur les sujets dont on ne parle pas. Ainsi NTM parle du quotidien du quartier, de la drogue, de la violence, I AM joue aux grands frères, certains parlent des rapports avec la police, avec le racisme, avec leurs parents, le monde du travail. C'est sans doute parce que le rap représente un peu ce côte sulfureux que l'on a du mal à y classer MC Solaar, rappeur en bonne et du forme, mais chez qui on cherchera vainement une parole plus agressive qu'une autre. A ce titre, il restera assez inclassable, à la fois abonné des première places des ventes mais considéré comme à part par le monde du rap.

 

... la suite ici

Repost 0
Published by Marc Bf - dans Musique
commenter cet article
20 avril 2011 3 20 /04 /avril /2011 14:01

Parfois, les tenants de la défense du français défendent sa pureté contre l'invasion de mots anglais. Qu'en est-il réelement ? Est-ce à juste titre ? C'est de cela dont j'aimerais discuter aujourd'hui.

 

Les origines du français : le français, un latin qui a évolué

 

Tout d'abord, on peut regarder ce problème d'un point de vue historico-linguistique.  Le français, de par ses origines, est en fait un latin qui a évolué sous le coup d'influences diverses. Si au début, il y avait le latin en France, l'arrivée de la peuplade des francs (notamment) a changé la donne : les francs se sont mélangés avec les populations latino-gauloises (gallo-romaines) et ce qu'on appelle le français doit donc une part de son vocabulaire à l'apport de ces tribus germaniques. Ceci dit, le latin était et demeurait la langue des élites, aussi bien en France, en Italie et en Espagne que dans d'autres pays d'Europe, y compris plus tard (au Moyen-Âge) dans des pays qui correspondent aujourd'hui à l'Allemagne et à l'Europe de l'Est. Il restait donc une forme du latin de l'époque romaine comme figé dans le temps, qui ne subissait aucune évolution. C'est le latin que l'on a pu apprendre nous-même lors de notre scolarité, le latin des auteurs latins.

Parallèlement à cela, la langue parlée par le peuple évoluait petit à petit, par l'apport de nouveau vocabulaire d'autres familles linguistiques : le franc, langue germanique, le gaulois, langue celtique. Mais cela n'est qu'un facteur. Pour les linguistes, une langue se caractérise par son lexique (le vocabulaire), sa prononciation (la phonétique), sa syntaxe, sa grammaire. Ainsi, des gens qui parlaient la même langue en Bretagne ou en Provence ne s'étaient pas approprié le latin de la même façon, certains avaient des particularismes, de même qu'en Irlande, on a gardé ou transposé des expressions du gaélique en anglais. Par exemple : "I'm after eating" qui ne veut pas dire grand chose en anglais britannique et qui est pourtant perçu comme anglais par les irlandais (qui signifie "je viens de manger / j'ai mangé"). Moi-même, vivant en Normandie, je n'ai appris qu'en lisant un livre d'Henriette Walter que "passer la toile (ou l'emballage)" étaient des expressions répandues sur quelques départements mais pas dans toute la France. "Faire un mi", vous connaissez ? ... la suite ici

Repost 0
4 avril 2011 1 04 /04 /avril /2011 09:30

Les linguistes (Jean-Louis Calvet dans La guerre des langues par exemple, dont je reprends certains termes et leur définition en gras dans cet article) relèvent souvent 4 à 6 facteurs d'expansion d'une langue, facteurs que je vais détailler afin de pouvoir étudier comment et si une inversion des tendances est possible.

 

Le facteur géographique

 

L'expansion d'une langue suit l'expansion des hommes. Ainsi, une montagne infranchissable pour l'homme l'est également pour la langue. Une langue se répandra donc le long des cours d'eau à mesure des déplacements et échanges des hommes mais l'absence (ou la difficulté) des échanges entre des habitants séparés par une mer empêchera la propagation d'une langue. Ainsi l'anglais n'a pas "débordé" en Belgique ni le flamand (ou le français) en Grande-Bretagne. Les nouveaux moyens de communication peuvent bien sûr changer la donne... la suite ici

 

Repost 0
21 mars 2011 1 21 /03 /mars /2011 11:51

Et voilà, c'est fait : la Maison de la Francophonie à Paris a été inaugurée par Mr Nicolas Sarkozy vendredi 18 mars.  C'était une promesse de Mr Nicolas Sarkozy à Mr Abdou Diouf en 2007. Leur regroupement sur un site prestigieux rénové est un signal fort et une très bonne nouvelle. On peut le dire, c'est, pour la francophonie, un évènement majeur.

 

Créer des synergies

 

Auparavant, les services liés à la francophonie étaient éparpillés sur plusieurs sites, chacun travaillait dans son coin, et gaspillaient un temps phénoménal à se mettre en synergie (rencontres, colloques) avec des personnes qu'ils cotoyaient peu souvent. Faire progresser une cause, c'est autant du travail que des contacts. Là, ces personnes qui ne se connaissaient que par téléphone, qui avaient eu peine à faire connaissance lors d'un colloque (autant de frein à la progression d'une cause à laquelle ils croient), seront amenées à se cotoyer au quotidien. Imaginez quelques 450 personnes travaillant pour la francophonie regroupée dans le même endroit, c'est un bond en avant considérable. Toutes ces personnes partageant la même passion seront amenées à se connaître et à se croiser pour leur travail et on pourra peut-être dire sous forme de boutade dans 30 ans que l'endroit qui aura le plus contribué à faitre progresser la francophonie sera ce lieu de rencontre qu'est la machine à café de la Maison de la Francophonie.

... la suite ici

Repost 0
14 mars 2011 1 14 /03 /mars /2011 10:13

 

Dernièrement, j'ai pu lire plusieurs articles sur la volonté de certains anglophones de propager leur langue, mais j'ai été interloqué par les arguments que certaines personnes utilisent et qui sont les témoins d'un tel ethnocentrisme. Quand je vois des gens affirmer que le fait ne ne pas parler anglais enferme des pays dans la pauvreté, je me dis dans quel monde on est ? Les Américains sont le peuple élu, comme chacun sait et on aurait tort de priver les gens de leur supériorité. Je caricature ? Si seulement !

Voici quelques extraits commentés :

 

Une pétition pour avoir le "droit" de parler anglais

 

d'abord, un extrait d'un tract pour une pétition à signer :

 

"Nous sommes en train de militer pour le droit des pays Africains et Nord Africains de parler Anglais ! Notre cause a pour objectif d’aider les pays Africains et Nord Africains à se développer et à sortir de l’isolement."

 

Deux choses ici : parler anglais est devenu un droit dont ils sont privés, ce qui suppose que certains complotent pour les empêcher de parler anglais dans le but de les empêcher d'accéder au développement et de sortir de l'isolement. Si j'ai pu me dire que je prêtais de mauvaises intentions aux auteurs de cet article, j'ai pu avoir confirmation plus loin que "certains," ce sont les Français :

 

"Par ailleurs, parler une autre langue que l’Anglais est en train de maintenir ces pays sous le monopole d’un seul pays Occidental."

 

Notez : un seul pays occidental. La Belgique ? Quid du Canada et Québec, de la Belgique, de la Suisse ?

En ce qui me concerne, je n'ai pas l'impression que l'arrivée de gens porteurs de la langue anglaise a toujours fait évoluer les choses dans le bon sens comme on a pu le voir en Afghanistan, Irak, Rwanda, RDC...

 

Deuxièmement, l'anglais est présentée comme la porte de sortie vers le développement et permet de sortir de l'isolement.

 

L'isolement, c'est intéressant, il manque la suite : isolement de qui ? Les deux tiers de l'Afrique sont francophones (pas seulement sur la carte) et le français est parlé sur les 5 continents, c'est une des langues de toutes les organisations internationales, en quoi le français isole ? Il faut bien sûr compléter la phrase : le français les isole de ceux qui ne le comprennent pas (les anglophones). La vérité, c'est qu'au Royaume-Uni et aux Etats-Unis, on renonce à l'enseignement des langues  (et en premier lieu le français); par définition, c'est plutôt eux qui s'isolent du monde; c'est vrai qu'ils peuvent d'autant plus se le permettre que dans de nombreux pays, on cherche à parler anglais, ils ont donc de moins en moins besoin de faire l'effort d'apprendre une langue étrangère.

 

Mis en surgras dans l'article :

 

"Au niveau d’un pays l’anglais est vital pour le développement, l’économie et les relations internationales."

 

Bon, le vent de révolte qui souffle actuellement dans les pays arabes est parti d'un pays francophone et arabophone, comme quoi il n'y a pas besoin de parler anglais pour aspirer au développement, le développement vient plutôt de l'intérieur plutôt que de l'extérieur. Comme quoi certains ont du mal à comprendre, même après l'épisode de l'Irak que tout le monde n'aspire pas à être Américain, que la démocratie ne vient pas de l'extérieur, et que l'on peut vouloir suivre sa propre voie. D'ailleurs, si l'on trouve parmi les pays francophones des pays très pauvres en Afrique, on trouve aussi des pays parmi les plus prospères d'Afrique : Maroc, Tunisie, Gabon, Cameroun. A ce niveau d'argumentaire, on pourrait dire que le Zimbabwe avec sa chasse aux fermiers blancs, la mort par la faim de nombre de ses habitants, et l'apartheid en Afrique du Sud ne sont pas des modèles de pays pacifiques.

 

"Deuxièmement, l’utilisation de la langue anglaise donne à tous les peuples du monde la possibilité de se connaitre et de communiquer promouvant ainsi l’ouverture d’esprit, les échanges culturels et la paix dans le monde." ... que dire ?

 

On peut aussi voir une petite vidéo avec des affirmations telles que :

 

"Africa needs English" ou "English needs Africa" ?

 

"Africa needs English" l'Afrique a besoin de l'anglais...quand c'est plutôt le contraire qu'il faudrait lire : "English needs Africa", les entreprises américaines ont besoin des diamants de la RDC quitte à soutenir des mouvements armés...

 

Sur la vidéo, un commentaire, j'ai pu y lire :

"french language = war, poverty, military coups, Arrogance malaria, rape and crime and Isolation and ignorance....."

"Langue française = guerre, pauvreté, coups militaires, arrogance, malaria, viol, crimes, isolation et ignorance...

(source : cliquer ici )

 

Le français langue de la guerre ? Et l'anglais, c'est bien évidemment la langue de la paix... (Je n'ai pas pu m'empêcher de laisser des commentaires sur la vidéo.)

 

http://www.francophonie-avenir.com/Index_Imperatif-francais_Neocolonialisme_anglosaxon_par_l_%27_English_for_development_in_Africa.htm

Cliquez ici pour la traduction française de l'article en question.

 

Il ne faut pas se voiler la face, derrière ce discours, ce qui embête ces anglophones, c'est qu'il reste des pays qui échappent encore un peu à leur sphère d'influence.  Alors ils accusent les gens qui parlent français d'être manipulés ou d'être sous l'influence du néocolonialisme pour pouvoir y promouvoir l'anglais et donner l'impression que cela vient du peuple. Quand on voit l'Algérie, jamais la France ne s'est plus mêlé des affaires linguistiques depuis l'indépendance et ils ont eu toute liberté d'interdire l'usage du français sans qu'il y n'ait aucune conséquence (intervention militaire, coup d'état soutenu de l'étranger...). Quelle meilleure preuve de respect, quand bien même on s'est fait  accusé de tous les maux de l'Algérie ? Des gens ont semé le doute et la division en Algérie comme quoi tous les problèmes venaient de la France.  On a toujours laissé dire sans protester, est-ce que ce n'est pas ça la vraie démocratie ? Au Maroc et en Tunisie,  on a su concilier français et arabe de façon pacifique et alors même qu'ils n'ont pas de ressources comme le pétrole, ces pays s'en sortent aujourd'hui très bien au niveau développement.

 

Tandis qu'au Rwanda et en RDC où l'élite avait le tort de parler français, des mouvements rebelles ont été armés et soutenus pour changer le cours des choses. Alors où est le néocolonialisme ?

 

Nos élites actuelles ne défendent pas le français

 

Le problème, c'est que les dirigeants français de l'UMP (et souvent du PS) ne veulent pas voir les rapports de force et courent après les plus forts. Ainsi, Luc Chatel veut imposer l'anglais dès 3 ans (sinon on sera handicapé dans la vie), et Pierre Tapie, directeur d'une grande école, veut faire sauter la loi Toubon pour permettre aux universités françaises d'enseigner en anglais.

 

Source : cliquer ici .

 

C'est à se demander qui défend notre langue si nos élites politiques ne le font pas ? Je serais curieux d'avoir l'avis de Chevènement, de Mélanchon, de Bayrou (ancien prof de lettres)  voire même de Marine Le Pen.

 

Pourquoi faire autant d'efforts que les autres ? (et autres anecdotes)

 

1) Dans la série "le ridicule ne tue pas" : j'ai eu connaissance de cette demande très sérieuse des Britanniques d'être dispensés de devoir parler des langues étrangères pour travailler pour l'Europe. Pourquoi ? Car comme les Britanniques sont peu nombreux à maîtriser des langues étrangères, ils ne peuvent rentrer dans l'administration européenne, dans laquelle il faut connaître deux autres langues que la sienne (au moins une bien). Cette demande a été refusée par l'UE.

 

Source : cliquer ici

 

2) Enfin, mais là je n'arrive pas à retrouver la source, j'ai pu voir dans un Courrier International (je crois) que des Américains se plaignaient que les pays du Maghreb ne parlent pas anglais car (je reformule de mémoire, mais c'était quelque chose de cet acabit) "c'est la langue de Twitter et des relations internationales, et que ça les aurait aidé dans leur lutte pour la liberté". Ce qui me surprend le plus, c'est que cet argument ait été repris sans commentaire dans le journal...

 

3) Et puis comme toujours dans ces articles, international ne veut pas dire "entre les nations" mais "anglais", ça en devient pénible tant d'ethnocentrisme. C'est l'histoire des Grecs et du reste du monde qui est "barbare" car ils ne parlent pas leur langue.

 

Un jour, il faudra se rendre à l'évidence : nous sommes dans une lutte d'influence. Fermer les yeux sur un conflit ne l'efface pas. Je ne dis pas ça pour être belliqueux, mais pour que l'on ne soit pas naïf et que l'on démasque et dénonce ouvertement derrière les discours la vraie intention de domination.

Bonne journée quand même !

Repost 0