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  • : Ce site a plusieurs vocations : - faire le point sur la situation du français - donner des informations et des réflexions sur le français - partager des découvertes francophones d'à travers le monde
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12 décembre 2013 4 12 /12 /décembre /2013 11:34

J'avais interpellé la MAIF sur leur choix d'utiliser l'appelation anglophone "MAIF First" pour désigner un contrat d'assurance, me présentant comme adhérent d'une association de défense du français pour qu'il n'y ait pas de malentendu. J'avais pris soin d'expliquer que c'était plus dans un souci de comprendre que dans un souci de stigmatiser, comprendre pour faire ressortir les mécanismes de l'anglicisation.

La MAIF m'a répondu par l'intermédiaire de son délégué départemental et je leur ai demandé l'autorisation de publier la réponse, ce qu'ils viennent d'accepter ! Cela confirme en un sens ce que je pense : l'anglicisation est une machine avec des rouages puissants qui laisse les individus, aussi militants soient-ils, impuissants. Au final, tout le monde est d'accord sur le constat, à peu près, mais personne ne sait comment arrêter la machine... quelle étape après ?

Voici donc ci-dessous leur réponse, puis ma réponse à leur réponse :

 

Cher sociétaire, ...la suite ici

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28 octobre 2013 1 28 /10 /octobre /2013 11:30

Cet article, je l'avais en tête depuis longtemps, et il aura fallu un courriel d'une amie pour m'obliger à le mettre en forme au niveau des idées. En effet, j'ai envoyé un courriel où je faisais part de certaines des musiques (6 ou 7) que j'écoute actuellement et que je voulais partager, mon amie m'a répondu par une sélection des siennes et par le fait que globalement elle aimait bien celles que j'avais envoyées "sauf une ou deux" (indiqué avec un petit smiley juste après).

 

Que faut-il écouter aujourd'hui ? La doxa moderne

 

J'ai donc regardé ce qu'elle m'avait envoyé. Madness de Muse, Asaf Avidan, Syd Matters, un truc de Gossip, un des Red Hot Chili Peppers et je ne sais quoi encore. Tout d'un coup, je me suis senti pris en défaut. Des goûts très sûrs. Ca m'a fait remonter des mauvais souvenirs. Quand on est jeune, on écoute ce qu'on aime parmi ce qui passe à la radio. Et un jour, il y a un ami qui vient te dire que telle ou telle musique que tu aimes, c'est commercial, c'est de la m***. Mince. Qu'est-ce qui fait que c'est nul et que je n'ai rien vu ? Bon, on peut toujours écouter les autres groupes, et il y en a plein ou ne pas en tenir compte et continuer à écouter ses musiques à l'abri de cette personne. Et puis un deuxième ami, un troisième, une personne dans une soirée, une autre... alors là on commence à douter. ...la suite ici

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14 octobre 2013 1 14 /10 /octobre /2013 10:49

La francisation est un sujet qui ne cesse de me laisser perplexe. Lorsque j'interpelle des commerciaux, représentants ou clients dans le cadre de mon travail, tout le monde est d'accord pour dire qu'il y a trop d'anglais mais visiblement personne n'y peut rien, il y aurait comme une force au-dessus de nous. Comment peut-on avoir tout le monde d'accord et que rien ne change ?

 

Ainsi, j'ai interpellé le commercial de Vitamont (jus de fruits bio) sur l'appellation cranberry de son jus. Je lui ai dit : pourquoi ne pas utiliser le mot français "canneberge". Il n'a même pas répondu, jujgeant ma question incongrue. J'ai récidivé, il m'a demandé : "tu as des clients qui te le demandent sous ce nom ?" Je lui ai dit qu'il y en avait quelques uns mais que ce n'était pas la majorité, et avant que j'ai pu continuer, il a mis fin à la conversation, lorsqu'il a compris que l'ensemble des clients ne l'utilisaient pas. Comme je suis têtu, je suis revenu dessus, je lui ai dit que si eux, en tant qu'entreprise, ne le font pas, personne ne le fera (ce ne sont pas les clients qui vont commencer) et je l'ai obligé à me suivre pour lui montrer les canneberges que l'on vendait en vrac avec sur l'étiquette l'appellation "Canneberge / Cranberry", et je lui ai aussi montré des canneberges en sachet (de chez Priméal) vendues sous l'appelation Cranberry et en dessous, en un peu plus petit : Canneberge. Je lui montrais comme quoi on pouvait au moins indiquer les deux. Il a enfin écouté mon argument, même s'il n'en tiendra peut-être pas compte. ...la suite ici

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6 octobre 2013 7 06 /10 /octobre /2013 15:21

Un syndicat de Carrefour avec mes collègues de l'AFRAV ont lancé une pétition pour que Carrefour cesse de donner des dénominations anglaises à tout. Leur nom déjà, c'est Carrefour Planet (sans e et sans accent), Carrefour Market, Carrefour City. Leurs produits ensuite, je reprends ceux indiqués sur la pétition :

 

First line, Blue Sky, Top Bike, Green Cut, Bootstore, Ooshop, Home, Ink Set, Powder Flash,

Carrefour Discount, Tex Fashion Express, Tex Baby, Energy Drink, N°1 Apple Nectar’s,

Pomelos Drink, Ananas Juice,N°1 Home Clean, Carrefour Light, Carrefour on line, etc.

 

Pourquoi faut-il tout nommer en anglais ? Quelle est la raison profonde qui les amène à cela ? Que faudrait-il faire pour les convaincre, quels arguments faudrait-il apporter ? Si vous avez des réponses, je suis preneur. J'avais fait remarquer dans un article précédent que j'avais pu amener un bon nombre de clients à utiliser canneberge au lieu de cranberry dans mon magasin en écrivant sur l'étiquette canneberge et en m'astreignant à utiliser ce mot. Au passage, je remarque que je me forçais à utiliser ce mot au départ mais que maintenant, le mot cranberry me paraît vraiment étranger et je n'ai plus à me forcer. C'est d'autant plus facile que les clients se mettent à l'utiliser également.

 

En attendant, il y a cette pétition à signer :

 

http://www.petitions24.net/non_a_langlicisation_de_carrefour_de_la_france_et_de_leurope

 

J'imagine que l'on pourrait trouver des noms français, ou à défaut latin ou esperanto. L'écriture plus relâchée ne me gêne pas non plus : "le p'tit zef" (une boisson alcoolisée) par exemple.

 

La marque France

 

Il faudrait presque inventer une nouvelle marque France, valorisante, qui donnerait envie aux gens, aux publicitaires, de s'en approcher, de l'utiliser. On voit parfois des noms de restaurant en écriture liée :

 

L'auberge des trois croix

 

Chez Jeanne

 

Je pense qu'il y aurait quelque chose à exploiter de ce côté. Mais on reste dans le "positionnement" qualitatif avec une notion de savoir-faire sous-jacente.

 

A force, les noms anglais, je trouve que ça dégage le contraire du côté terroir / qualité. Ca fait industriel, produit de masse à bas coût, d'importation chinoise, ça fait "rognage sur la qualité et les coûts sociaux pour vous offrir le produit le moins cher possible". L'anglais, c'est la langue d'interaction avec les pays à bas coût salarial.

 

Il y aurait un travail à faire sur la marque France peut-être, mais encore faudrait-il que les produits soient français. Pour tous les produits d'importation, l'univers terroir / qualité / savoir-faire ne cadre pas...

 

Sinon, on pourrait envisager une écriture, un univers français compatible avec ces notions de bas coût. C'est vrai que l'on a du mal, dans notre imaginaire, à associer les produits français à la mauvaise qualité, surtout pour la nourriture. Il vaut mieux parler de nuggets de poulet que de croquettes de poulet, ça cache la misère...

 

Sur ces bonnes paroles, n'oubliez pas d'aller signer la pétition, on en est à 228 signatures et ça ne bouge pas beaucoup, alors toutes les nouvelles signatures, ce seront sans doute les gens passés sur ce blogue qui en seront à l'initiative.

 

228 signatures, c'est peu, mais il faudrait comparer d'une pétition sur l'autre, voir si l'on prend de l'importance, et faire grossir le noyau "d'indignés linguistiques" (Abdou Diouf) que nous sommes. C'est ça qui doit être notre objectif, car il faut bien qu'un combat commence.

 

 

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9 août 2013 5 09 /08 /août /2013 10:54

Si l'on devait faire une prochaine réforme de l'orthographe, je pense qu'il faudrait que cela soit fait par petits pas pour tendre vers une simplification de façon sûre. Quand il y a une grosse réforme, elle est souvent rejetée même si elle est très cohérente comme c'est le cas lorsque l'on veut faire une refondation.

Il faudrait donc garder le cap d'une grande réforme mais en la décomposant et en commençant par ce qui mettrait tout le monde facilement d'accord. Dans Plumons l'Oiseau, Hervé Bazin décrit le français comme un rejeton du latin dans lequel on a mis du grec pour l'écriture et souvent lorsque l'on inventait des mots scientifiques. J'y ai aussi appris qu'avant le XIIe siècle, le français s'écrivait de façon simplifiée, que femme s'écrivait f-a-m-e et  que "un b pour abé, un c pour acuser, un p pour apeler suffisaient. Téatre n'avait pas d'h, pas plus que filosofie". Toute cette écriture simplifiée a changé sous l'effet de plusieurs facteurs : ...la suite ici

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1 juillet 2013 1 01 /07 /juillet /2013 10:31

Les ponts culturels

 

D'après le site du Ministère des Affaires Etrangères, 1 611 054 Français sont établis à l'étranger. Vivre à l'étranger amène à s'intégrer à la nouvelle société, à apprendre sa langue de par ses voisins, son travail, son environnement. Ces Français qui vivent à l'étranger sont comme des ponts entre deux cultures car en plus des nouvelles personnes qu'ils rencontrent, ils entretiennent des liens avec leurs amis et famille qu'ils laissent en France.

Ainsi, les immigrés portugais, espagnols et italiens hier, marocain, algérien, et portugais (encore !) aujourd'hui amènent un peu de leur culture chez nous et partagent un peu de la nôtre chez eux. Il faut imaginer que, vu le nombre total de Portugais au Portugal (environ 10,5 millions) et en France (1,24 millions pour les immigrés et leurs enfants), la plupart des Portugais ont un cousin en France, ce qui a forcément une influence sur la diffusion du français au Portugal (voir à ce propos la BD de Pedrosa : Portugal, dans laquelle quelques personnes que rencontre le héros au Portugal parlent courament le français car ayant vécu en France). Idem pour l'Algérie ou le Maroc. C'est le phénomène de relai culturel ou relai linguistique.

L'effet de ces ponts culturels est d'autant plus renforcé lorsque la langue du pays d'accueil est aussi une langue d'apprentissage dans le pays de départ. ...la suite ici

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3 juin 2013 1 03 /06 /juin /2013 18:58

Qui connaît la différence entre une cranberry et une canneberge ? Réponse : le nom ! La cranberry est le nom anglais de la canneberge, ou disons que les Québecois l'appelle canneberge car en France... hé bien, que dis-t-on ? C'est ce que j'ai essayé de voir, histoire de faire une petite enquête. C'est parti !

 

Contexte de l'enquête

 

Travaillant dans le bio, je vends des canneberges. Seulement, certains clients demandent des cranberries et certains se méfiaient au début quand c'était marqué "canneberge" et que je leur expliquais que cranberry est le mot anglais ; d'autres me croyaient sans problème.

Toujours est-il que j'ai fait un petit tour des catalogues et j'ai regardé quelle appellation était utilisée pour les canneberges vendues en baies séchées, en jus ou en complément alimentaire, et j'ai essayé de recouper ça avec l'implantation géographique de la société. J'ai fait également un petit tour sur la toile pour compléter.

 

J'ai constaté ceci :


- le mot canneberge est utilisé seul par Rapunzel (société allemande), par Pural (société française basée en Alsace, mais spécialisée surtout dans l'import de produits allemands) (les images en ligne ne sont pas à jour (utilisation du terme cranberry), mais en magasin on trouve le mot canneberge), par Comptoir des Saveurs (dans le 60, Oise), par Nat&Form (?), par Jus Bio & Cie (35; Ille et Vilaine), Nutra Fruit (Québec). En regardant sur la toile, j'ai vu que les Québecois la vende sous l'appelation canneberge avec parfois le rappel du mot cranberry comme équivalent.

 

- le mot cranberry est utilisé par Priméal (Ardèche), par Prosain (Pyrénées Orientales),  par Vitamont (47, lot-et-garonne), par Elite Naturel (?) (avec l'appellation Airelles rouges) par Superdiet (59, Nord) et Phytonature (Belgique)


- Canneberge et Cranberry sont utilisés chez BioVit'am (?), par Solgar (région parisienne, 77) et Le Sillon (Franco-Hollandais), vitaflor bio.

 

Au final, je suis agréablement surpris car en magasin, je n'avais vu que Jus Bio et Cie, Rapunzel et Pural qui utilisaient le mot Canneberge. Au final, l'utilisation du mot canneberge est relativement répandue pour les produits vendus en France, et semble être dominante au Québec. S'il y en a plus qui utilisent le mot canneberge seulement, vu les implantations des marques et les volumes vendus, c'est en vérité légèrement plus équilibré en faveur de l'utilisation du mot cranberry. Enfin, quelques uns ont choisi de mettre les deux appellations. Il n'y a donc pas vraiment de corrélation entre l'origine géographique de la société et l'appellation canneberge ou cranberry sauf pour le Québec. J'avais noté pour d'autres produits que les entreprises étrangères qui voulaient vendre des produits en France, y compris des britanniques utilisaient souvent le mot français recommandé tandis que les sociétés françaises utilisaient souvent les anglicismes. Ce n'est ici pas la règle générale, mais sinon, je pense que cela s'explique par la méconnaissance des sociétés étrangères de l'appellation la plus commune ou par la volonté d'être en conformité. Les Français n'ont pas à faire leur preuve quant à leur "francité" et utilisent volontiers des anglicismes, soit par méconnaissance de l'équivalent français (ils n'ont pas repéré que c'était un anglicisme qui avait un équivalent français), soit par volonté de faire "ineternachional" (= Etats-Uniens).

 

Ce qu'il faut faire


Il est bon de rappeler que l'appelation qui doit prévaloir en France est le terme "Canneberge" et que "Cranberry" est un anglicisme. Notons cependant que le mot cranberry a été connu du public français en premier lieu. Pour ne pas perturber le client, mais tout en suivant les recommandations, il est conseillé de mettre le terme français d'abord pour souligner que c'est le terme qui doit être utilisé, avec éventuellement l'appellation anglaise entre parenthèses pour permettre aux clients qui ne connaissent que le terme anglais de s'y retrouver, comme suit : Canneberge (Cranberry), avec le terme anglais de même taille ou en plus petit.

L'avantage de cette typologie est que cela amène un cercle vertueux : les commerciaux et autres entreprises qui regardent systématiquement la concurrence voient le terme français et finissent par le considérer comme en usage, et l'utilisent à leur tour dans leurs sociétés.

 

Une petite anecdote


Au magasin bio, nous vendons des canneberges en vrac. Sur l'ardoise, j'ai noté "Canneberge" et j'ai programmé sur l'ordinateur l'appellation "Canneberge / Cranberry" pour que cela sorte sur le ticket de caisse. Au début, les clients me demandaient des Cranberries et je leur montrais les Canneberge en leur expliquant que cranberry était le mot anglais. Au bout de quelques mois, à peu près tous les clients me demandent des canneberges. Comme quoi, il suffit de peu d'efforts pour changer les choses. Ceci dit, il aurait été plus judicieux (si j'avais eu la place sur l'ardoise) de mettre les deux appellations afin d'être sûr que les clients ne partent pas sans ; ce serait vraiment un problème dans un plus grand magasin genre hypermarché.


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23 mai 2013 4 23 /05 /mai /2013 09:44

Faute de temps, je n'ai fait que relayer quelques réactions sur l'article 2 du projet de loi Fioraso, concernant l'extension des possibilités d'enseigner en anglais à l'université. Il semble que le débat gagne en ampleur et qu'enfin certains dirigeants politiques et syndicaux s'emparent du débat. Cela a au moins le mérite de mettre le débat sur la langue française et sa promotion (plutôt défense dans ce cas précis) sur la table. Le combat est pourtant loin d'être gagné, car le niveau des connaissances des enjeux est très faible et ce projet risque de passer grâce à de vagues idées à partir desquelles on passe en raccourci à des conclusions hâtives (il faut parler anglais pour réussir ; il ne faut pas se fermer, mais s'ouvrir, ne parler que français, c'est se fermer, il faut donc ouvrir des universités en France au cursus entièrement anglais). Les arguments qui sont médiatisés sont assez faibles d'un côté et de l'autre, il faut donc faire connaître les vraies enjeux et affûter nos arguments. Si les intentions sont louables, les modalités sont très discutables, voici pourquoi.

 

Que dit le projet de loi Fioraso ?

 

Pour bien comprendre les enjeux, je vais devoir contextualiser un peu. Le projet de loi Fioraso complète et amende le texte décrivant les "Missions de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche" ; ce texte est le cadre de notre politique de l'enseignement supérieur et de la recherche. Mme Fioraso souhaite donc "mettre à jour" ce texte pour s'adapter aux réalités modernes. ...la suite ici

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13 décembre 2012 4 13 /12 /décembre /2012 12:35

Une étude vient de sortir, le couperet est tombé : le niveau de maîtrise de la lecture ne cesse de baisser en France. Cette nouvelle est étrangement absente des sites en ligne du Point et du Figaro. Problème de méthode selon Le Monde, il faut tirer profit des expériences dans les pays qui ont réussi et "au-delà des moyens, indispensables, cela suppose des méthodes, efficaces". Libération donne la parole à Vincent Peillon qui vante "le bien-fondé de sa Refondation de l'école, avec sa priorité donnée au Primaire et la réforme de la notation "pour redonner confiance aux élèves"".

Question de méthode, inhibition des élèves... ces analyses font craindre le pire : doit-on changer de méthode à chaque gouvernement ? Doit-on fermer les yeux sur les erreurs des élèves sous prétexte de ne pas les inhiber ? Ces réflexions ne sont-elles pas le résultat d'un prêt-à-penser psychologique qui nie la valeur du travail ?

La solution nous apparaît pourtant limpidement, pour peu que l'on mette certaines données sur la table. Regardons du côté des horaires d'enseignement du français et leur évolution.

 

En primaire :

 

 

Niveau / Années

1923

1938

1945

1956

1969

1977

1985

1995

2002

CP

17h30

15h30

15h

15h

10h

9h

10h

9h

11h

CE1

14h30

13h30

13h45

11h30

10h

9h

9h

8h* / 9h

9h/10h

CE2

14h30

13h30

13h45

11h30

10h

9h

8h

7h30* / 9h

6h* /7h30

CM1

12h00

11h

10h45

9h

10h

9h

8h

7h30* / 9h

6h* /7h30

CM2

12h00

11h

10h45

9h

10h

9h

8h

7h30* / 9h

6h* /7h30

 

* si enseignement de langue vivante

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19 novembre 2012 1 19 /11 /novembre /2012 11:00

Si l'on met des personnes de langues différentes à vivre ensemble, il y aura une forte propension à l'homogénéisation de la langue en commun, c'est ce que l'histoire nous enseigne. La question que l'on peut se poser, c'est de savoir quels facteurs provoquent le mouvement vers une langue plutôt qu'une autre ? La réponse n'est pas forcément binaire puisqu'il a existé tout au long de l'histoire des phénomènes de créolisation.

 

Assimilation et créolisation : exemples avant la Renaissance

 

En France, les Gaulois ont appris le latin, lui même influencé par le grec de par l'occupation romaine. Les Francs qui ont ensuite pris la relève des Romains se sont assimilés eux-mêmes à cet ensemble et la langue de l'ensemble des personnes tend à s'homogénéiser au bout d'une période. C'est ainsi que dans ce cas, les Francs ont laissé leur langue germanique de côté même s'ils ont apporté du vocabulaire dans ce qui est devenu le français, dont le nom vient de la peuplade des Francs mais qui est en réalité plutôt un rejeton du latin avec un soupçon de lexique germanique.

 

Autre exemple : quand les Vikings sont arrivés pour piller la France et ses monastères au IXe siècle, notamment le long de la Seine jusqu'à Paris, le roi de France Charles le Simple leur a accordé le comté de Rouen (Haute-Normandie actuelle) en 911, en échange de quoi leur souverain, Rollon, devenait un vassal du roi, ses vikings (devenus Normands) défendaient la Seine (l'entrée de Paris) et la Normandie contre les pillages et ils se convertissaient au christianisme. Les Normands se sont donc installés. 155 ans plus tard, Guillaume Le Conquérant réclame le trône d'Angleterre et l'obtient (victoire de Hasting) ; quelle langue parlent ces conquérants descendants de Rollon et de ses hommes ? Une langue scandinave ? Non, le "normand" si l'on peut dire, variété dialectale du français. C'est que les envahisseurs se sont fait assimilés, du fait de leur infériorité numérique pour une part et du fait de leur mélange avec la population autochtone.

 

Suite de l'article ici.

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