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8 juillet 2012 7 08 /07 /juillet /2012 18:19

Illustration de la théorie défendue par Yves Montenay dans La langue française face à la Mondialisation, l'entreprise Michelin travaille en français, au niveau de sa direction, de ses cadres dirigeants, etc... ce qui n'empêche pas le succès, bien au contraire. Je ne défends pas la thèse que le français est supérieur à l'anglais, mais que travailler en anglais n'est pas le gage de la réussite, dit autrement : ce n'est pas parce que les entreprises anglophones réussissent qu'il suffit aux entreprises françaises de parler anglais pour réussir. Il semble bien que ce soit le contraire puisque les francophones sont pénalisés lorsqu'il leur faut parler anglais vu que ce n'est pas leur langue maternelle, et qu'ils ne sont pas au maximum de leur capacité. Mieux vaut travailler son métier que son anglais, sinon c'est donner un avantage compétitif aux personnes de langue maternelle anglaise. Beaucoup de gens commencent à penser comme cela, mais la vapeur ne s'est pas encore suffisament inversée au niveau des grandes entreprises (car pour les petites entreprises, la question de la langue de travail se pose avec moins d'urgence).

 

Rappellons les arguments (entre autres) allant à l'encontre de la généralisation systématique de l'anglais :

- la meilleure langue est celle du client

- l'embauche (ponctuelle ou permanente) d'un traducteur coûte moins cher pour un besoin épisodique que la formation de toute une entreprise à l'anglais

- lorsque l'on se consacre à l'anglais, on ne se consacre pas au coeur de son métier (perte de compétitivité)

- la généralisation de l'anglais en France donne un avantage compétitif aux personnes de langue maternelle anglaise pour travailler en France

- le français (entre autres) est langue officielle de l'ONU et de toutes les institutions internationales à ma connaissance, est parlé sur les 5 continents et l'on peut trouver dans chaque pays du monde des locuteurs francophones (pour peu que l'on se donne la peine de chercher). On peut donc s'appuyer sur des réseaux solides pour à peu près tous les besoins.

 

Voici donc un article sur Michelin qui travaille en français. Si le gouvernement voulait se saisir de cette histoire de défense de la langue française, il serait bien avisé d'étudier le cas Michelin et d'essayer de donner les clés de leur réussite afin que les autres entreprises puissent s'en inspirer.

Détail intéressant : les mots techniques français concernant l'univers du pneu s'imposent en anglais : cela illustre la théorie que j'explique dans ce carnet, à savoir que les mots ne se propagent pas parce qu'une langue est supérieure mais parce que l'on a pris la peine de les inventer. Pour cela, il faut comprendre ce que l'on fait, savoir l'expliquer et donc avoir l'esprit technique. Ce sont les techniciens qui fabriquent les mots dont ils ont besoin, repris ensuite par commodité par toutes les autres personnes qui utilisent les mêmes concepts. Un mot se propage à partir d'une personne ou d'un groupe initial de personnes, et non pas à partir d'un dictionnaire, et rayonne ensuite vers les utilisateurs et personnes en lien avec ce groupe initial.

On a pu ainsi le constater pour l'informatique ou la mercatique (marketing), les créatifs étant anglophones à la base, ils ne se sont pas souciés de créer des mots en chinois ou en français, mais dans leur langue, afin de combler un besoin langagier pour décrire une réalité qu'ils ont découverte.

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Published by Marc Beaufrère - dans Francophonie - mode d'emploi
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