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  • : Le site qui fait le point sur la situation de la francophonie
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  • : Ce site a plusieurs vocations : - faire le point sur la situation du français - donner des informations et des réflexions sur le français - partager des découvertes francophones d'à travers le monde
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14 octobre 2013 1 14 /10 /octobre /2013 10:49

La francisation est un sujet qui ne cesse de me laisser perplexe. Lorsque j'interpelle des commerciaux, représentants ou clients dans le cadre de mon travail, tout le monde est d'accord pour dire qu'il y a trop d'anglais mais visiblement personne n'y peut rien, il y aurait comme une force au-dessus de nous. Comment peut-on avoir tout le monde d'accord et que rien ne change ?

 

Ainsi, j'ai interpellé le commercial de Vitamont (jus de fruits bio) sur l'appellation cranberry de son jus. Je lui ai dit : pourquoi ne pas utiliser le mot français "canneberge". Il n'a même pas répondu, jujgeant ma question incongrue. J'ai récidivé, il m'a demandé : "tu as des clients qui te le demandent sous ce nom ?" Je lui ai dit qu'il y en avait quelques uns mais que ce n'était pas la majorité, et avant que j'ai pu continuer, il a mis fin à la conversation, lorsqu'il a compris que l'ensemble des clients ne l'utilisaient pas. Comme je suis têtu, je suis revenu dessus, je lui ai dit que si eux, en tant qu'entreprise, ne le font pas, personne ne le fera (ce ne sont pas les clients qui vont commencer) et je l'ai obligé à me suivre pour lui montrer les canneberges que l'on vendait en vrac avec sur l'étiquette l'appellation "Canneberge / Cranberry", et je lui ai aussi montré des canneberges en sachet (de chez Priméal) vendues sous l'appelation Cranberry et en dessous, en un peu plus petit : Canneberge. Je lui montrais comme quoi on pouvait au moins indiquer les deux. Il a enfin écouté mon argument, même s'il n'en tiendra peut-être pas compte. ...la suite ici

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Published by Marc Beaufrère - dans Réflexions sur le français
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commentaires

Michel 05/12/2013 20:00


En tant qu'ancien responsable dans le monde de la bio, je signale à Marc que LIMA est une entreprise dont le siège est à Aalter près de Gand dans la zone néerlandophone.


Voici comment LIMA présente ses adresses de contact sur le site français :


Head quarter:
LIMA NV    
Groendreef 101
9880 Aalter – Belgium    

Commercial contact
FranceBP 53
47600 Nérac-France


Lima a plusieurs versions de son site : français, anglais, espagnol, flamand, allemand et néerlandais.


J'avais moi aussi évoqué ce problème avec un représentant de Lima : il m'avait répondu que la politique de Lima était d'utiliser une langue neutre, vu les tensions linguistiques. En particulier
vis à vis des employés d'entreprises de transports flamingants assez virulents.


Donc, à mon avis, circonstances atténuantes pour Lima.

Rêveur 17/10/2013 02:57


Je pense qu'il faudrait créer un loi 101 à la française, je suis sure que vous êtes déjà familiarisés avec cette loi qui sauvas la français au Québec et qui est entrain de sauver le français
international en créant une version française de tout nouveau mot anglais.


Mais cette loi vas plus loin, la loi 101 force tout affichage non-artistique extérieurs à être rédigé en français,  les affichages intérieurs ont le droit d'être écrit dans une autre langue
mais la traduction en français est obligatoire et doit être 3 fois plus grosse que les autres langues.


Les nouvelles compagnies ou entreprises doivent adopter un nom francophones, seul les grandes multinational peuvent dérogé a cette loi car leur noms de marque sont protégés par la convention de
Paris comme étant un nom propre, mais malgré cela même les multinational change leurs nom en français car quand la loi ne peux rien faire alors les Québecois boycott , par exemple KFC (Kentuky
Fried Chiken) à décidé de changer leur nom en PFK (Poulet Frit du Kentuky) pour le Québec, staples  deviens Bureau en Gros au Québec,  les happy meals de mcdonalds sont des joyeux
festins, est les Drive-in sont des service au volant. 


Dans tout les domaines la loi impose le français, les crash test sont des essai d'impact, les smart phones sont des téléphones intelligent, les médias sont forcés par la loi 101 d'employer les
termes francophones, chaque mois l'office québécois de la langue française transmet un bulletins des nouveaux mot français aux médias.


Cette loi est une franche réussite et a des répercutions incroyable, je vis a Las Vegas et les trois quart des produis vendus ici sont en français et anglais ! Made in USA - Fabriqué aux EUA !
car si un vendeur veux vendre sont produit au Québec il se doit d'avoir sont produit en français, écrit plus gros ou égal a d'autres langues, se qui transforme la mondialisation en vecteurs de
diffusion du français, et inverse le processus d'anglcisation en processus de francisation, cette province de 8 millions d'habitant à réussit à imposer sont français à 350 millions de voisins
alors imaginez ce qu'un pays de 67 millions personnes pourrais faire  ! 

Marc Beaufrère 17/10/2013 10:48



Merci pour vos deux commentaires.


Tout d'abord, je me rends compte que j'ai oublié une partie de mon argumentation. Je parlais de méthode dans le titre, et je n'ai fait que effleurer le sujet. Là où je voulais en venir, c'est
qu'il faudrait donner la parole à ceux qui utilisent des anglicismes en France (je parle des entreprises, pas des particuliers) afin qu'eux-mêmes proposent un plan de remédiation et que celui-ci
soit suivi par toute leur filière, afin d'éviter que certaines entreprises emploient un mot français et d'autres ne jouent pas le jeu.


La méthode, c'est donc l'écoute, la convocation de ceux par qui les anglicismes arrivent, et d'après ce que j'ai pu observer à mon niveau, tout le monde est d'accord sur l'anglicisation mais
personne ne sait ou n'ose faire autrement. Si l'on réunit tout le monde, cela permet de trouver des solutions car il n'y a rien de pire au niveau efficacité que les solutions que l'on impose aux
autres sans leur participation. Une des solutions que je développais dans l'article me semble une piste, mais ce que vous écrivez, Rêveur, pour le Québec, est complémentaire. Donc ma solution,
c'est de généraliser l'écriture du mot français avec, lorsque le mot français n'est pas encore connu (parce qu'il vient d'être entérinné par une commission par exemple) entre parenthèses le mot
anglais, afin de faciliter le passage de l'anglais au nouveau mot français. On pourrait envisager de mettre le mot anglais en italique pour montrer que ce n'est pas tout à fait aussi accepté que
l'appelation française. Pour revenir à mon exemple de canneberge (exemple d'appelation sur un produit destiné à la vente) : Canneberge (cranberry). Cette présentation indique ou
sous-entend :


1) que Canneberge (le mot français) est l'appelation acceptée (elle est placée en premier) et sous-entend que c'est le mot qui fait référence (placée en premier, écriture standard).


2) que Cranberry est une variante de Canneberge, mais une variante moins reconnue (, placée en deuxième, écriture italique)


Beaucoup de gens ne savent pas que tel mot est d'origine anglaise et c'est parce que le mot est utilisé ou écrit dans tel magazine, sur tel produit, qu'ils l'utilisent pour se faire comprendre,
indépendamment de la langue d'origine.


Lorsque l'appelation française est moins courante au départ, certaines personnes continueront d'utiliser l'ancienne version anglaise, mais les nouvelles personnes qui n'ont jamais vu le mot (les
jeunes, les gens qui découvrent le produit, le concept) utiliseront le nouveau mot (français). A mon magasin, cela fait deux fois que j'ai des stagiaires qui utilisent le mot mercatique, mot
utilisé dans les manuels commerciaux à jour. La mercatique, c'est la "science" ou technique qui consiste à repérer les besoins et les envies des consommateurs afin d'adapter l'offre des produits
à cela. Cela vous dit quelque chose ? C'est ce que les "anciens" (dont moi) appellent le marketing. J'utiliserai sans doute toujours le mot marketing car c'est celui qui me vient
naturellement à l'esprit et que je l'utilise rarement, mais je suis quasiment sûr que pour les jeunes générations et pour les professeurs de mercatique, c'est ce terme qui va s'imposer petit à
petit, quitte à ce que les deux soient utilisés dans un premier temps sans connaître l'équivalence de l'un et de l'autre. Ainsi, marketing finit presque par avoir une connotation négative
(manipulation pour vendre) tandis que mercatique évoque davantage une science. A suivre...


Pour Géo : effectivement, je pense que la montée du vote "extrême-droite" en France et en Europe plus généralement, comme vous le faîtes remarquer, est un marqueur des inquiétudes liées aux
changements puissants à l'oeuvre dans nos sociétés : mondialisation qui met en concurrence des peuples à un bout et l'autre de la planète, émergence et visibilité de l'islam en Europe, phénomène
nouveau (quelques dizaines d'années), crise écologique, crise économique, crise d'un système, influence à sens unique de l'anglais et du modèle économique que l'on y rattache. Une interprétation
claire de tous ces phénomènes (qui permet de penser les solutions) peine à émerger, d'où des "dommages collatéraux".


D'accord également avec ce que vous dîtes sur l'anglais. J'aime beaucoup l'anglais, d'ailleurs je le parle couramment, mais je l'aime en tant que langue étrangère complexe avec son histoire, sa
littérature, ses films, ses cultures, et non pas en tant que franglais ou en tant que langue de la mondialisation aveugle. Je pense que cela doit être grisant pour les anglophones de voir leur
langue avoir autant d'importance, mais c'est un piège. A l'heure de la domination du français, les Français étaient quasiment les seuls à écarter la réflexion sur l'usage de l'esperanto au sein
des institutions internationales. Non pas que l'esperanto soit forcément la solution, mais cela indiquait que les Français étaient trop sûrs de leur importance et de leur avantage pour utiliser
cet avantage dans un but équitable. Les anglophones ont à mon avis fait la même erreur, ils ont misé sur leur avantage pour en tirer profit plutôt que pour bâtir un système plus équitable. Au
final, ils récoltent le ressentiment de la planète entière, une crise économique sans solution apparente (mise à l'arrêt (shutdown) et blocages politiques), et beaucoup d'entre eux ne prennent
même plus la peine d'apprendre des langues étrangères, perdant un avantage compétitif sur ceux qui parlent les langues de leurs partenaires commerciaux. Cela va dans le sens de ce que vous dîtes,
Géo.


Merci aussi pour votre témoignage instructif, Rêveur, sur Las Vegas. N'hésitez pas à nous faire part de vos autres observations.


 



GEO 16/10/2013 19:37


Il n'y a en effet pas de fatalisme. L'anglais est souvent avancé comme la langue de la modernité. Mais il devient évident que l'appauvrissement des idées et des slogans publicitaires dessinent
des situations burlesques proche du vulgaire. Je ne sais pas si les jeunes sont vraiment respectif à ce vomi d'anglais qui n'est plus vraiment de l'anglais. Beaucoup le voient aussi comme
vulgaire, ou même ne s'interessent pas aux slogans ou encore rejettent cette situation. C'est un effet de mode qui finira à un moment ou un autre par fléchir. D'autres langues comme l'Espagnol
pointe le nez en tant que langues des jeunes. 


Mais, nous arrivons à une situation de saturation et donc à un début de rejet. Je note votre analyse sur le Front National. Sans faire de politique et en étendant l'analyse sur toute l'europe,
les partis extrême montent et non seulement à cause de la crise mais aussi à cause de la crainte et la peur des pertes culturelles. L'anglais n'est pas le responsable de la mondialisation ce
n'est qu'une langue qui est d'ailleurs très belle, mais risque d'en devenir la victime car finalement les gens exigeront le retour de leur langue. L'anglais de la mondialisation est une langue
orpheline et qui s'appauvrit car ceux qui l'utilisent ne sont pas des locuteurs maternels et lordsqu'ils l'emploient à des fins commerciales, ils n'ont pas la capacité d'utiliser sa beauté ni sa
précision ni sa poésie, elle devient un outil fashion sans plus et ça c'est domageable.


Il faut faire en sorte de conserver nos langues d'en assurer la promotion. Certaines enseignes commerciales jouent le jeu. Je ne crois pas que tous les jeunes soient adeptes aux anglisismes ni
même  des fervents du franglais. Il y a toujours des imbéciles, mais à l'heure de trouver un emploi, une personne qui ne manie pas bien le Français est une personne morte. Je pense qu'il
faudrait faire une annalogie aux temps ou la France luttait contre les italianismes qui envahissaient la langue française. L'anglais est aujourd'hui mondial mais je ne crois pas que les Latinos,
les chinois ont envie de voir mourrir leur langues. Apprendre l'anglais c'est bien mais d'ici une génération les jeunes auront appris en plus de leur langue maternelle d'autres langues. Je suis
intimement convaincu que le tout en anglais fait parti du passé et que d'autres langues viendront apporter l'équilibre que tout le monde souhaite. Et je le redis l'anglais peut être victime de
son succés comme l'a été le Français. Nous français avons l'exemple de l'évolution et des limites d'une langue mondiale comme le  Français.