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4 octobre 2010 1 04 /10 /octobre /2010 11:30

 La réponse est un peu dans le pluriel du titre : il n'y aura certainement pas une langue véhiculaire (l'anglais actuellement) mais des langues véhiculaires.

 

Bref rappel

L'apogée d'une langue, ce n'est pas lorsque le nombre de locuteurs est au maximum, mais lorsque la perception de l'utilité d'une langue est au maximum. Des signes montrent le déclin futur d'une langue avant même que celle-ci décline. Le français a été la lingua franca d'une bonne partie du monde longtemps (du XVIIe siècle au XXe siècle, son recul face à l'anglais fût enterriné par deux guerres mondiales qui ont laissé la France exsangue). Mais déjà au XIXe siècle, lorsqu'il paraissait naturel aux élites de toute l'Europe de parler français, l'Anglais pouvait compter sur les Etats-Unis pour assurer une expansion du nombre de ses locuteurs. Les germes du déclin (relatif) du français était semé. Comme le disait l'autre, ce n'est pas que le français ne progresse plus, c'est que l'anglais progresse plus vite que lui. Lorsque l'on parle de déclin du français, en effet, il faut parler de déclin en tant que langue d'usage au niveau des parutions scientifiques, au niveau de son utilisation dans les institutions internationales.


Suite de l'article ici.

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26 juillet 2010 1 26 /07 /juillet /2010 15:44

Quelqu'un qui a parcouru mon blog a soulevé l'importance de la géopolitique et de l'histoire sur le développement du français. J'ai trouvé cette question intéressante car je ne me focalise pas du tout sur cette approche dans mon blog et j'ai pensé que cela pourrait intéresser les lecteurs réguliers de mon blog de connaître mes arguments. Cela m'a permis de mettre en mots certaines idées que je n'avais pas encore abordées précisément, notamment le rapport que les français ont avec leur langue (quelque chose qui doît être défendu par d'autres, approche découlant d'un certain fatalisme, voire même d'une façon de voir superstitieuse, à mon avis, ou tout simplement d'un désintérêt pour ces questions).

Voici donc ma réponse ;

 

Il est indéniable que la géopolitique et l'histoire ont eu une influence sur le développement du français. La colonisation, etles investissements économiques et bien d'autres facteurs influent sur la dynamique du français. Ce n'est pas l'approche que j'ai utilisée dans mon blog ; je ne fais pas de travail de recherche spécifique, je me contente de faire part des choses que j'observe et des réflexions que j'ai eues. Je me laisse guider par mon intérêt et lorsque je remarque que des faits contredisent les idées reçues, je trouve important de le signaler, que l'on arrête la propagation de ces idées fausses (même histoire que les rumeurs...). L'histoire de la francophonie, je le connais un peu, et je pense que beaucoup de gens la connaissent, elle est facilement accessible. Ce n'est pas pour autant que les rapports de force changent. Par contre, les données la concernant actuellement le sont beaucoup moins. Il existe un site d'un professeur de l'université Laval au Québec, le professeur Leclerc que j'ai suivi et qui propose des données ou des enquêtes qui m'ont beaucoup intéressé un temps. J'ai remarqué comment cela est repris par de nombreux sites et de nombreuses références, jusqu'à la wikipedia. Cela m'a surpris ; finalement en l'absence d'autres données, ce n'est pas si étonnant, les gens répètent ce qu'ils ont à disposition. Mon blog est parti de ce constat : que la francophonie et la perception de l'importance d'une langue se fondent, certes sur des événements historiques, mais aussi sur des idées reçues, des chiffres repris en boucle, des perceptions construites selon l'environnement (les publicités en anglais ne peuvent que renforcer notre impression d'omniprésence de l'anglais et par conséquent notre impression de déclin du français). Tout cela crée une image globale du français de la même façon.

Donc, pour moi, chercher des explications dans le passé, c'est bien, mais très insuffisant. Il y a des rapports de force, des situations, etc... à faire évoluer et cela m'agace souvent de voir les gens expliquer le déclin du français par ceci ou cela (la passé, la mentalité des français, la suprématie économique des Etats-unis). C'est une démarche passive qui s'incline devant les rapports de force que l'on veut ignorer. Pour moi, l'image de la francophonie est à reconstruire sur de nouvelles bases. Par exemple, je suis intervenu plusieurs fois sur la wikipedia pour fournir des chiffres précis et contre-dire des arguments subjectifs sur le soi-disant déclin du français un peu partout. En l'absence de données, on peut dire ce que l'on veut, et comme quasiment aucun organisme français ne se charge de donner des statistiques, des données, etc..., on prend celles que les anglophones nous fournissent (plusieurs sites américains comme l'ethnologue dont les chiffres sont repris en boucle partout). Les anglophones ne sont pas à blâmer, ils font leur travail. C'est nous qui ne faisons pas le nôtre. C'est donc à nous de contrecarrer ce pessimisme ambiant, de faire valoir nos droits acquis, etc... Je n'utilise pourtant pas grand chose d'exceptionnel (le rapport de l'OIF disponible sur internet, deux ou trois sites référencés sur mon blog, ainsi que quelques lectures comme le courrier international ou ce qui me tombe sous la main). Cependant, je remarque que quasiment personne en France ne fait cet effort de défendre sa langue autrement que par de grandes idées vides, sans prendre la peine d'avoir des données, des choses solides. Une opinion, c'est bien, mais on peut dire exactement le contraire sans arguments. Dire que le français se porte bien, c'est une chose, mais ce sera très vite oublié voire moqué si cela n'est pas étayé par des chiffres, des données. Pour revenir à la wikipedia, il a suffi que je cite des chiffres du rapport de l'OIF pour que le débat sur le nombre de francophones dans le monde cesse; je suis surpris que personne n'ai pensé à le vérifier auparavant (vous n'avez qu'à voir la page discussion, les gens se battaient à coup de : "cela me paraît beaucoup" et à coup de chiffres gonflés ou d'informations déformées pour les partisans). 

Bref, je pense qu'il y a un immense travail à faire pour défendre la langue française pas dans sa qualité (ça c'est le travail et la volonté de chacun et je ne m'en mêlerait pas) mais ses intérêts et la possibilité de l'utiliser dans certaines enceintes (ONU, UNESCO, Parlement européen). C'est un travail de fourmi, et on ne peut avancer que par petites victoires : fournir des données fiables, obliger à l'utilisation du français par les français dans les organismes internationaux où cela est permis (pourquoi soutenir des candidats français (Trichet, Strauss-Kahn) si c'est pour qu'ils n'utilisent pas notre langue), relayer les bonnes nouvelles, obliger à la traduction de documents en français lorsque cela est possible, obtenir la traduction des messages publicitaires (ils sont destinés aux français, pourquoi utiliser une langue que ne comprennent pas forcément les personnes à qui s'adressent les messages publicitaires, pourquoi ne pas utiliser la langue que tout le monde est censé comprendre).

Savez-vous qu'au Québec, on a obligé certaines enseignes à traduire leur nom en français s'ils ne voulaient pas fermer ? Que l'on a obligé les commerçants à retirer leurs affiches et panneaux en anglais dans les années 70 ? Certaines villes du Québec, donc à majorité francophone, paraissaient anglophones, et ne le sont plus maintenant. Quand il y a une volonté, on y arrive. Pourquoi n'y arriverions nous pas ? Nous sommes dans une position bien plus avantageuse pourtant. La réponse, on la connaît, c'est qu'une grande partie de nos élites ne le souhaitent pas, et que le reste de la population pense que c'est fichu d'avance (que l'on va tous parler anglais) ou que l'on n'y peut rien. C'est donc malheureusement à nous de faire ce travail, d'inverser le courant.

Il ne suffirait pourtant pas de grand chose : se rendre compte qu'une langue ça ne se défend pas tout seul. C'est seulement cela. Il ne s'agit pas que le français soit aimé pour qu'il soit appris ; beaucoup de gens pensent que l'anglais est appris parce qu'il est plus cool, plus facile à apprendre, que le français c'est une langue dure à apprendre, que les gens ne l'aiment pas. Mais c'est comme avec les enfants, on ne peut pas attendre que nos enfants nous aiment pour faire valoir nos idées d'adultes. C'est à nous de défendre notre langue, pas aux étrangers de tomber amoureux de notre langue (pourquoi le feraient-ils si nous ne mettons rien en oeuvre pour défendre notre langue, notre patrimoine, etc...) ; et nous n'avons pas à attendre d'être aimés pour faire respecter des droits et des lois. Exemple concret : il ne s'agit pas d'attendre que Strauss-Kahn, Trichet, etc... se mettent à parler français, il faut l'exiger, voire même révoquer leur position s'ils ne s'expriment pas en français lorsqu'ils en ont l'occasion. Ils ne sont pas seulement là-bas parce qu'ils sont géniaux mais aussi en tant que représentants de la France, et en tant que tels, nous devons avoir certaines exigences à leur égard.

Concernant les supposés avantages, inconvénients de l'anglais et du français, ce ne sont pas eux qui justifient la position des langues dans le monde, mais bien plutôt l'inverse : c'est parce que le français a décliné et l'anglais s'est étendu que l'on a trouvé des justifications a posteriori. Au XVIIIe et XIXe siècle, on affirmait l'inverse, que le français était une langue simple à apprendre, parce que c'était "la langue internationale" (sauf sans doute pour l'Asie).

Enfin, une dernière chose que je souhaite mettre sur la table, c'est que mon blog s'adresse prioritairement aux français (en tout cas moins aux québecois qui n'en ont pas besoin pour défendre leur (et notre) langue) car j'estime que c'est d'abord à nous de comprendre que l'on est pas sur un libre-marché des langues. Nous sommes (en tout cas pour moi) des citoyens français et le français est la langue de la République. Dans ce cadre-là, nous n'avons pas à laisser des publicités en anglais, nous n'avons pas à laisser des gens se faire licencier d'un travail dont la qualification de base ne requiert pas de parler anglais parce qu'ils ne parlent pas anglais (j'ai l'exemple d'un employé technicien, licencié parce qu'il ne comprenait pas des notices en anglais, qui a fait annuler son licenciement grâce à l'aide d'un syndicat). A nous de voir que ce que l'on perçoit comme un déclin irréversible n'est que la traduction du refus d'intervenir pour défendre notre langue (cela ne se fait pas tout seul).

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15 juin 2010 2 15 /06 /juin /2010 11:50

On a pu entendre parler de la fatigue linguistique des français dernièrement grâce au médiateur de la République, Jean-Paul Delavoye. Retrouvez un article intéressant à ce propos là :

http://www.vigile.net/La-fatigue-linguistique-de-la

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16 avril 2010 5 16 /04 /avril /2010 14:59

J'ai eu une discussion avec un ami dernièrement sur le français et la francophonie et cet ami me disait que maintenant tous les nouveaux groupes français chantent en anglais, notamment parce qu'ils préfèrent cette langue. Pour moi c'est assez difficile de le contester vu qu'il travaille dans le domaine de la culture et qu'il est calé au niveau musique, tandis que ma connaissance est assez limitée. J'ai quand même essayé de mener une réflexion là-dessus pour m'expliquer ce phénomène si tant est qu'il y ait un phénomène.

 

Bilan personnel

 

J'ai fait le bilan au vu de ces remarques sur les CD que j'ai chez moi et sur ce que j'entend quand je suis au supermarché ou des fois en voiture.

Au final, j'ai des CD d'un certain nombre de groupes qui chantent en anglais : manic street preachers, eric clapton, Keren Ann (certains CD sont en anglais), Moby, les Guns'n'Roses, Mike Oldfield notamment. Ceci dit, je ne regrette pas du tout ces choix, je les aime beaucoup. Ca c'est les groupes assez connus, mais dans ceux que j'ai énormément écouté : Chicane, Delerium, Bob Dylan, David Gray, Afro Celt Sound System.

Au niveau des groupes français : les Têtes Raides, Bénabar, Alain Bashung, Louise Attaque, Yann Tiersen, Debout sur le Zinc.

Sans compter un petit nombre de CD de jazz, Clannad, et deux trois autres CD inclassables.

Au final, c'est un ensemble plutôt éclectique, avec une prédominance de groupes anglais.

Par contre, je me rend compte qu'à présent, j'apprécie plus les groupes ou chanteurs français : dernièrement j'ai acheté un CD de Mathieu Boogaerts, un de Pep's, un de Vincent Delerm (avant je n'aimais pas, mais j'ai envie de découvrir).

Ceci dit, les achats de CD ne recouvrent pas forcément ce que l'on aime le plus. Je n'ai aucun CD avec une chanson italienne, pourtant les chanteurs suivants font parti de ceux qui ont suscité chez moi le plus d'émotion : Umberto Tozzi, Toto Cutugno, Al Bano (Felicitta), Ricchi e Poveri, Paolo Conte notamment. Quelle classe !

Sinon : le Sud de Nino Ferrer, Bohemian Rhapsody de Queen, La Montagne de Jean Ferrat. Que de souvenirs incroyables.

 

Industrie musicale

 

L'industrie musicale produit quand même beaucoup de choses et on en trouve pour tous les goûts.

J'ai une impression, c'est que ceux qui écoutent en connaisseur et qui jouent de la musique le font souvent en anglais. Comme si une compétition se faisait pour faire le meilleur CD et qu'il y avait une norme de comparaison : morceaux de 3'30 min, des textes en anglais, des influences revendiquées de grands groupes, une pochette où l'on voit un groupe avec 3 ou 4 personnes (selon le groupe) qui regardent dans des sens différents, des expérimentations musicales, une attitude et une envie d'impressionner.

C'est un peu comme la chanson française : difficile de qualifier de chanson française quelque chose qui se fait dans une autre langue, et bien là, j'ai l'impression qu'il y a une catégorie musicale indéfinie (souvent un peu rock) avec des textes en anglais. J'ai l'impression que c'est souvent une histoire de "niche", c'est-à-dire qu'il y a un créneau à prendre, celui du groupe le plus mégalo (Oasis à l'époque), celui du groupe au chanteur le plus androgyne (Placebo il y a quelques années), celui du groupe à minette, etc...

Je trouve que cela fait un peu trop professionnel et que cela laisse trop peu de place à la vie : on occupe une niche et on essaie d'être les meilleurs dedans. En un mot, je trouve cela un peu artificiel et sans âme.

 

Chanter en anglais ?

 

Si l'on regarde la programmation des radios, bien souvent, on voit le nombre de groupes anglophones mis en avant : rien que là, je regarde Virgin Radio et je vois : Revolver, U2, Muse, Blur, Robert Francis (que je ne connais pas). Ceci dit, c'est peut-être la programmation mais ce n'est pas pour autant que j'écouterai un seul de ces CD si on me l'offrait (à part Muse). C'est souvent par hasard que j'en achète un ou parce que l'on me fait découvrir un groupe qui me touche. Des groupes anglais qui chantent anglais, il y en a un certain nombre que j'aime bien. Des groupes français qui chantent en anglais, je sais qu'il y en a beaucoup (c'est ce que l'on m'a dit), mais je suis incapable d'en citer, à part les Daft Punk et Air (chansons à texte!). Si l'on a rien à dire en français, je ne vois pas ce que l'on aura à dire en anglais en plus. Cela doit se passer à un autre niveau. Pour moi, tous ces groupes français qui chantent en anglais, c'est en partie parce qu'il existe de grands groupes anglais qui les ont influencé, parfois parce qu'ils aiment bien la sonorité de cette langue, mais aussi je me demande si le fait que le marché anglophone soit plus vaste ne compte pas. Pas seulement pour une histoire d'argent mais aussi pour toucher plus de monde. Ici, ce qui compte, c'est le fait d'être "reconnu", un peu comme une quête d'amour. Je ne remets pas en cause la qualité artistique de ces groupes (que par ailleurs je ne connais pas mais dont on me parle), j'interroge seulement sur les motivations du choix de la langue. Des anglais ou des américains qui adorent le français, il y en a plein, mais je n'en connais pas des masses qui chantent dans notre langue (Les Big soul avaient essayé un titre pour passer dans les quotas mais sinon ?).

Petite anecdote : lors d'un séjour en Pologne, j'ai été surpris d'entendre des chansons françaises sur une sorte d'NRJ locale ; malheureusement, à part Kate Ryan, je ne connaissais pas ou n'ai pas retenu le nom de ces chanteurs mais j'avoue que j'ai été surpris, autant que quand j'ai entendu "Joe le Taxi" en Irlande lors de mon premier séjour en 1990. On n'imagine pas que des chansons françaises puissent passer à l'étranger tellement on est habitué à ce que les seules chansons étrangères chez nous soient en anglais.

 

Parler dans une autre langue pour trouver une liberté

 

Donc, au-dela de la langue, c'est à mon avis plus le mode de vie associé à cette langue qui doit primer : beaucoup d'énergie pour les américains, une attitude pour les anglais. Le choix de chanter en anglais pour les français affecte (je pense) plus les groupes débutants que les groupes confirmés. Ma théorie, c'est qu'au départ, on veut toucher large et qu'une fois que l'on a capté l'attention, on se recentre vers sa langue pour attirer les gens vers une intimité plus marquée. Ainsi cette anecdote sur Jack Kerouac, de parents francophones québecois mais qui vivait aux Etats-Unis, qui a écrit son "On the Road" et autres romans en anglais et qui sur la fin de sa vie préparait un roman en français. Rien à voir : David Haliday qui chantait en anglais à ses débuts et chante maintenant entièrement en français.

 

Inversement : Tahar Ben Jelloun qui écrit en français ; des personnes lui ont demandé pourquoi il n'écrivait pas en arabe et lui de se dire qu'en fait, ces personnes lui demandaient d'écrire en arabe pour qu'il se taise. Pour lui, écrire en arabe impliquerait de devoir tenir compte de certains tabous propres à son pays et cela étoufferait donc sa parole. Je pense qu'il y a un peu de cela pour les artistes français qui veulent chanter en anglais : certains doivent se sentir plus libres lorsqu'ils le font. Peut-être se sentent-ils plus oppressés par la langue de leurs parents et de leur pays et se sentent-ils plus libres dans une autre langue.

Une anecdote historique pour illustrer mon propos : au XVIIIe siècle, la France était l'alliée de l'Espagne, notamment à cause de la religion catholique qu'ils avaient en commun. Ceci dit, les élites françaises se tournaient davantage vers les Pays-Bas, la Prusse et l'Angleterre qui semblaient offrir une liberté de ton et intellectuelle plus grande. Les intellectuels de l'époque contestaient les choix politiques extérieurs de la France (les guerres) qui allaient à contre-courant des sympathies naturelles. Aujourd'hui, les Etats-Unis représentent un grand pays de liberté qui fascine, ils sont un peu notre ailleurs idéalisé dans certains aspects. Inversement, la France est aussi cet ailleurs pour d'autres comme Milan Kundera (qui écrit maintenant en français, sans doute pour ces raisons de liberté de ton j'imagine) et certains réfugiés politiques.

Aussi je ne m'inquiète pas vraiment de tous ces groupes français qui chantent en anglais. Commencer par là, je crois que cela est évident et naturel pour un certain nombre, mais au bout d'un moment, on a envie de ramener "chez soi" et de partager les trésors que l'on a découvert ailleurs.

 

Y a-t-il des groupes français ?

 

Quand on me demande de citer des groupes français dont on entend parler, c'est vrai que je n'ai pas trop d'idées (surtout que je n'écoute plus vraiment la radio), et un ou deux noms me viennent mais cela s'arrête vite. Quand j'en entend à la radio cependant, je suis toujours surpris lorsque je me rends compte de tous ces groupes et chanteurs que je connais et finalement il y a quand même une assez grande diversité. Totalement dans le désordre, en regardant mes téléchargements des deux dernières années notamment :

Ours, Indochine, Pep's, BB Brunes, Vanessa Paradis, Coeur de Pirate, Tété, William Baldé, Renan Luce, Bénabar, Raphaël, Bazbaz, Superbus, Jean-Louis Aubert, Benjamin Biolay, NZH, Gaëtan Roussel et Louise Attaque, Guillaume Cantillon et Kaolin, Kate Ryan, DJ Oriska, M, Tryo, Sinsemilla, Camelia Jordana, Stromae.

Il y a aussi tous ces grands qui sortent des albums, les vendent mais ne font pas de bruit et qui sont pourtant toujours actifs : Renaud, Alain Souchon, Eddy Mitchell, Mauranne et sans doute d'autres dont je n'entends pas parler.

 

Si cet article vous a intéressé, vous pouvez voir aussi celui-ci

 

Dans un autre article, je développe l'idée qu'une identité musicale métisse / francophone / créole est en train de naître avec quelques clips à découvrir ou à revoir pour ceux qui connaissent déjà.

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31 mars 2010 3 31 /03 /mars /2010 15:30

Qu'est-ce que le Vade-mecum, pourquoi est-il important ?

 

Connaissez-vous le vade-mecum relatif à l'usage du français dans les organisations internationales ? C'est un document tout récent, signé en Septembre 2006 et il est important à plusieurs niveaux :

- tout d'abord, c'est un document qui a été signé par des représentants (ministres, souvent) des pays membres, associés ou observateurs de l'OIF. Il a donc une réalité officielle et s'applique pour ces pays.

- ensuite, il réunit des principes qui fixent une sorte de politique de l'usage du français au niveau des relations internationales. Il donne donc une orientation claire.

 

Or, que dit ce document (que j'ai lu pour vous) : qu'il faut promouvoir l'usage du français dans les organisations internationales.

 

Vient en 2008 la parution d'un document de suivi de ce vade-mecum pour faire le bilan au bout de deux ans.

Chacun sait en effet que l'usage du français régresse dans ces organisations, en tout cas surtout au sein de l'Europe où l'usage du français a chuté, et ce document le confirme :

- concernant les documents sources traduits (c'est-à-dire les documents de travail que l'on remet à la traduction), il est passé de plus de 55 % à environ 20 % entre 1986 et 2006.

- l'utilisation des langues à l'écrit (je ne sais pas exactement quels documents cela concerne) a également chuté de 39 % en 1996 à 14 % en 2007.

 

Le vade-mecum a été un document important en ceci qu'il permet d'avoir quelque chose sur quoi on peut travailler. Les ministres se sont mis d'accord et ce document a été rédigé. On sait donc qui est prêt à oeuvrer pour la promotion du français et quels sont les objectifs que l'on souhaite se fixer.

 

Le bilan a permis de se rendre compte de plusieurs choses : de la dynamique défavorable pour le français mais aussi du fait que beaucoup de fonctionnaires des pays signataires ne connaissent pas l'existence de ce document. Le bilan est également très utile en ce qu'il permet de mesurer l'évolution, chiffres à l'appui, des succès de la promotion du français. On peut donc faire des constats sans travailler dans le vide.

 

On a quelques bonnes surprises également de pays qui travaillent entièrement en français dans les organisations internationales : France, bien sûr, mais aussi Bénin, Togo, Burkina Faso, Monaco, Sénégal, Niger, Congo, République Démocratique du Congo, Côte d'Ivoire, Gabon, Guinée, Mali. Tous ces pays ont comme langue officielle le français.

 

Mais d'autres pays qui ont une autre langue officielle à côté du français s'expriment aussi uniquement en français dans les organisations internationales :

Burundi, Centrafrique, Haïti, Luxembourg, Suisse Tchad et Cameroun.

 

Il existe aussi d'autres pays qui utilisent le français à côté d'autres langues ou qui l'utilisent ponctuellement.

 

Ce qui est intéressant avec cette évaluation, c'est que cela concerne un usage bien visible du français, celui des grandes organisations. Cela a donc une importance symbolique forte.

 

D'autres pays qui ont signé ce vade-mecum ont utilisé d'autres langues, souvent l'anglais, mais parfois l'arabe ou l'espagnol. Cela veut dire qu'il y a encore des marges de progression de l'usage du français, parfois entravées par le manque de formation dans notre langue des fonctionnaires. Il existe à ce sujet un fond de soutien pour l'apprentissage du français pour les fonctionnaires qui travaillent à l'Europe ou à l'ONU.

 

Le français et l'anglais en Europe

 

Une question peut nous interpeller : mais pourquoi le français occupe-t-il une place si peu importante par rapport à l'anglais en Europe ?

Au fond, ce constat doît être inversé car le français occupe une place quasi légitime : celle de la langue de la France, de la Belgique et de la Suisse. Parfois, surtout à l'écrit (car les langues nationales prédominent sinon souvent) de la Roumanie, de la Slovquie, de la Grèce, de la Macédoine et de la Serbie et un peu de l'Italie lorsque celle-ci ne s'exprime pas en italien (ni en anglais)). C'est plutôt le succès de l'anglais qui est révélateur : celui d'une absence de volonté linguistique de représentation. Car quels pays parlent anglais : ce sont surtout les pays scandinaves et ceux d'Europe de l'Est (Autriche, Allemagne parfois (!!), république Tchèque). Comment cela se fait-il que l'anglais soit parlé par les fonctionnaires de langue allemande alors que l'allemand est la première langue d'Europe et aussi l'une des langues de travail de l'Europe (contrairement à l'Italien, alors que j'y serais pourtant favorable) ?

Le succès de l'anglais est donc plutôt le fait d'une langue qui s'impose par défaut en Europe de l'Est, par choix dans les pays scandinaves, et qui recouvre une absence de volonté linguistique.

 

Et les autres langues ?

 

Si l'on n'entend pas parler de l'Espagne alors que sa langue aurait pourtant une certaine légitimité à être représentée de par le nombre de locuteurs de l'Espagnol, la situation bouge un peu en Italie et en Allemagne ; du moins assiste-t-on à une prise de conscience.

Je me rappelle d'un journaliste anglais qui posait une question à un représentant politique allemand en anglais, et lui de répondre en allemand. Le journaliste anglais lui demande pourquoi il ne répond pas en anglais alors qu'il parle cette langue ; réponse de l'intéressé : on est en Allemagne, je ne vois pas pourquoi je devrais parler anglais. (ce serait plutôt au journaliste d'apprendre l'allemand, non?)

Bon, c'est anecdotique (même si c'est révélateur) mais plus sérieusement, on peut noter que l'Italie a fait une demande pour pouvoir déposer des brevets en Italien car elle est parmi les plus grands déposants de brevets du monde. Silvio Berlusconi s'est aussi interrogé sur l'utilité des 'langues de travail' de l'uinion européenne, estimant que cela établissait une hiérarchie des langues.

Concernant l'Allemagne (qui chante en anglais à l'eurovision, n'ont-ils aucune dignité, surtout vu le dernier eurovision, j'ai eu honte pour eux avec leur clip à esthétique à moitié sado-maso avec des paroles niaises, mais bon, ce n'est pas tout à fait le sujet), je ne sais plus où j'ai lu que Merkel ou le gouvernement s'interrogeait sur le tout-anglais. Il serait peut-être temps qu'ils reprennent confiance en eux car si les allemands ne défendent pas leur langue, on voit mal comment des pays plus petits oseront défendre la leur.

 

Bilan général

 

Au fond, on s'alarme parfois de la place du français dans le monde et on s'étonne de la prédominance de l'anglais. Il n'y a pas lieu à être surpris du premier. Le français est certes en régression au sein de l'ONU et de l'Europe (pour l'instant) mais il y est toujours présent de façon significative, même s'il existe des marges de progression.

L'anglais est la langue par défaut. Ceux qui ne sont pas membres de la francophonie et qui ne sont pas des pays anglophones choisiront presque systématiquement l'anglais. Cependant, la francophonie continue à exercer une certaine attraction et des pays d'Europe de l'Est et du Caucase montrent un certain intérêt. Les marges de progression sont donc surtout dans l'approfondissement de le francophonie, c'est-à-dire dans la promotion d'un usage plus grand du français par ses membres.

A mon avis, la situation de l'anglais reste telle quelle lorsqu'il n'y a que le choix entre le français et l'anglais. Il existe des petites marges de progression du français mais surtout des grosses marges de régression de l'anglais dans la mesure où certains pays qui ont adopté l'anglais au sein des institutions souhaiteront davantage utiliser leur langue nationale (espagnol pour les pays d'Amérique du Sud), cantonais (Chine), portugais (Brésil, Mozambique, Angola, Portugal), arabe...

Il ne faut donc pas s'inquiéter de l'usage de l'anglais mais plutôt se concentrer sur le bon usage de notre langue,  s'assurer que l'on forme des traducteurs vers notre langue, que ceux-ci sont systématiquement disponibles, et que l'on traduit ou exige la traduction des documents de travail dans ces organisations.

 

Rajout du 14 juin 2012 : un livre revient sur le vade mecum, disponible en pdf : http://www.francophonie.org/Un-guide-pratique-pour-renforcer-l.html

 

Sources :

 

http://www.francophonie.org/IMG/pdf/Vade-mecum_Fcs_vie_intnale_2006.pdf

http://www.francophonie.org/IMG/pdf/Suivi-Vademecum_2008-3.pdf

 

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14 mars 2010 7 14 /03 /mars /2010 14:20

Constat

Actuellement, la défense de la langue française est une tâche ardue. Il faut du courage. On a l'impression de tout le temps entendre "l'anglais, l'anglais, l'anglais" et que le français est une langue en voie d'extinction.
Pourtant, on nous avance peu de faits et d'arguments pour faire reculer le français et pour faire avancer l'anglais au niveau des institutions. On nous dit : tout le monde parle anglais, il faut arrêter de parler français et du coup on va finir par arrêter de parler français parce que l'on croit que tout le monde parle anglais et parce que finalement on n'a pas vraiment envie de défendre sa langue.

Pourtant cette situation n'est pas une fatalité et la situation du français est bien malmenée par rapport à ce qu'elle devrait être. Certes, le français n'a pas vocation à être parlé par tout le monde dans un monde multipolaire. Il y a l'anglais pour l'Amérique du Nord, l'espagnol (et le brésilien) pour l'Amérique Centrale et du Sud, le japonais et le chinois pour l'Asie, et peut-être aussi l'ourdou et l'arabe, en plus de l'héritage de l'anglais.

Un décalage entre la réalité et sa traduction politique et institutionnelle

Mais cela change pour plusieurs raisons, et la traduction politique de ce qui est en train de se passer n'a pas été faite, ou pour faire plus simple : on n'est pas très au courant de ce qui a changé (et donc on n'en a pas encore tiré de conséquences).
En effet, le français s'impose comme langue véhiculaire des 2/3 de l'Afrique et du Maghreb, et les élites et fonctionnaires des pays d'Afrique anglophone et lusophone se mettent bien souvent à apprendre le français. La raison de cela et que les pays francophones couvrent un espace ininterrompu très vaste : de la RDC jusqu'au Maroc, de la Guinée jusqu'au Tchad (une vingtaine de pays!). On ne peut pas en dire autant en Europe ou ailleurs dans le monde !!!
Ajoutons à cela que le chinois est voué à jouer un rôle très important en Asie et à terme, je pense, à remplacer en partie l'anglais. En effet, l'anglais était la langue véhiculaire pour parler aux autres pays des élites d'Asie car la langue de l'Inde (pays immensément peuplé), du Japon qui avait été défait par les Américains, et plus loin, de l'Australie, ainsi que d'autres petits pays était l'anglais. Seulement, à terme, les langues nationales prennent de plus en plus de place. D'autant plus que les langues asiatiques (sauf pour l'Inde, langues Indo-européenne en majorité) ont plus de similitudes entre elles qu'avec l'anglais. On peut donc imaginer dans une échéance de 30 ans que l'anglais jouera toujours un rôle, mais moindre, s'effaçant en partie au profit du chinois et peut-être du japonais. Souvenons-nous du russe qui a quasiment totalement disparu du "concert des langues", à part à vocation interne, pour des raisons d'implosion économique et politique.
Actuellement le français et l'anglais sont les deux langues de l'ONU et de nombreuses autres institutions internationales. A terme, il faudra sûrement y ajouter le chinois et peut-être l'ourdou (Inde), ce qui dessinerait un monde plus multipolaire et fidèle à la réalité démographique mondiale.
En naviguant sur la toile, j'ai lu un ou deux commentaires (ce sont les premiers mais d'autres viendront) disant que le français n'a plus les moyens d'avoir cette place internationale, que cela ne reflète plus la réalité. Ces commentaires sont vrais dans la mesure où ils s'appuient sur un constat d'il y a 20 à 30 ans. C'est sans doute le temps qu'il faut pour que les données de la réalité fasse leur petit bonhomme de chemin et soient prises en compte. Sauf que ce n'est pas le moment de lâcher l'affaire car un retournement s'amorce.

Bilan au niveau international de la situation du français

En effet, la situation géopolitique et les chiffres de l'apprentissage du français ont beaucoup changé.
En Asie, le français est assez absent à part dans les élites de l'ex-Indochine (tradition historique) mais aussi en Corée du Sud (je ne sais pas trop pourquoi mais c'est vrai, voir le dernier rapport de l'OIF) et dans le Caucase (Arménie, Azebaïdjan, mais aussi Ouzbékistan (pareil, je me demande pourquoi)).
En Amérique du Sud, elle stagne ou perd de la place sur le "marché des langues" en faveur : de l'anglais (mais ça c'est déjà depuis 20 ans, donc rien de neuf) et des langues "du coin" : espagnol pour les Brésiliens, portugais pour les autres et parfois langues pré-coloniales (quechua).
Par contre, elle s'impose en tant que langue maternelle ou véhiculaire en Afrique, et sur un immense ensemble, ensemble plus grand que l'UE et c'est là que l'on n'a pas encore mesuré cet impact. Je le sais d'autant plus que je suis obligé d'aller mettre à jour et corriger un gros nombre de données sur la wikipedia. Pourquoi : il n'y avait pas de données vraiment fiable avant les derniers rapports "la francophonie dans le monde", donc on est longtemps resté sur des approximations, et comme pas grand monde les a lu en plus, on reste sur les connaissances que l'on avait et moi je suis obligé de me farcir tout le boulot de "faire savoir le savoir". A ce titre (je ne suis pas rémunéré!), ce serait bien que des gens d'institutions comme l'OIF fassent savoir sur la wiki notamment ce qu'ils ont comme chiffres (il suffirait de payer un mec pendant un ou deux mois pour s'occuper d'une bonne partie du web) plutôt que de laisser passer, parce que le débat se base sur les connaissances que l'on a, et malheureusement pour l'instant, on a celles que l'on veut bien nous servir dans les médias, souvenez-vous : "tout le monde parle anglais, c'est comme ça, on est tous foutu, autant déjà parler anglais dans nos chaumières, comme ça, ils auront même pas besoin de se donner la peine de nous l'imposer."

Afrique et Maghreb

Bref, les implications de ce qui se passe pour la langue française en Afrique sub-saharienne et Maghreb sont énormes, car il va sans doute se passer ce qui s'est passé pour l'Espagnol et l'Amérique du Sud, c'est-à-dire que l'espagnol est plus parlé hors d'Espagne aujourd'hui. D'ores et déjà, le français est plus parlé en Afrique (en nombre de locuteurs) qu'en France depuis 2002 ou 2003 (selon des estimations (fournies par les gouvernements des pays en question quand même), certes, mais disons que c'est en train de se passer en ce moment). Une nuance de taille, cependant, c'est que le français n'est pas forcément une langue maternelle là-bas (langue parlée à la maison), c'est parfois une langue véhiculaire.

La chance de la France est de partager cette langue et d'être quasiment dans la continuité de cet espace. C'est donc un immense espace francophone qui se dessine ici, espace très hétérogène pour l'instant, et très peuplé. Il est donc certain que le français aura vocation à jouer un rôle au plan continental, un peu comme l'espagnol ou le chinois, mais pas forcément international, ou disons un rôle moindre.
Pour cela, il faut tirer les conséquences de ce qui existe.
Déjà, on a un outil qui nous donne des chiffres fiables.
Maintenant, il faut les faire savoir => les médias (qu'est-ce que vous faîtes ?), sur wikipedia (si vous avez envie de me filer un coup de main, je suis pour !), pour que cela remonte jusqu'aux gens qui décident (ils ont besoin de données pour décider mais ils ne vont pas forcément les chercher...). Enfin, déjà, Mr Sarkozy a fait un embryon d'un début de politique en faveur du français en nommant Mr Raffarin son représentant spécial sur les questions de francophonie. Et il fait des petits trucs (regardez sur yahoo, vous verrez).

Et l'Union Européenne ?

Tout ça pour en venir à une aberration : l'anglais devient la langue de travail de l'Europe alors que les britanniques sont à peine dedans, ils n'ont même pas adopté l'Euro, ce n'est donc pas la langue de grand monde en fait, à part des pays du Nord qui n'osent pas imposer leur langue donc se réunissent autour de l'anglais (ils ont déjà leur télé la moitié du temps en anglais et leurs langues sont relativement proches).
Quant au français, la majorité des pays de l'UE sont membres, associés ou observateurs de la francophonie (15 sur 27 pays). Il suffirait juste que les représentants de ces pays-là se mettent à parler français un peu pour que le français soit la langue de l'Europe mais comme chacun a peur d'être le premier à le faire (un peu comme pendant l'eurovision, tout le monde chante en anglais un truc insipide et nous on se ramène avec la banane, même pas honte, en chantant en français, aidés parfois de nos amis belges (salut les belges)).
Bon, je suis un peu méchant, mais c'est volontaire, ça fait trop longtemps que ça dure ! En effet, un grand nombre de fonctionnaires européens se sont mis au français ces 5 dernières années.
Mais voyez : pourquoi nos élites devraient défendre l'anglais à la place de ceux qui le parlent ? Et oui, ce sont avant tout nos élites qui défendent l'anglais ! (ironiquement, un peu comme les élites flamandes du XIXe siècle défendait le français et l'imposait à leur peuple, alors que les wallons (francophones) n'y étaient pas pour grand chose.)
Que chacun fasse son boulot ! Si nous on ne parle pas notre langue, qui va le faire ? Il devrait y avoir une pénalité pour les français qui s'expriment en anglais dans les réunions européeennes alors qu'il y a un traducteur, parce que c'est un très mauvais signal qui est envoyé.
Interrogé par Raffarin sur son usage de la langue anglaise au sein de la commission, Barroso, qui parle parfaitement le français, comme vous et moi, a dit que "cela crée des remous". Raffarin lui a dit en substance : "attendez, quand vous parlez anglais, cela crée d'autres remous, il n'y a pas des bons et des mauvais remous".
C'est vrai quoi, on ne voit pas pourquoi cela devrait créer des remous. Que ceux que ça dérangent disent clairement en quoi cela les dérange que l'on parle français au sein de l'Europe alors que c'est la deuxième langue la plus parlée parmi les pays membres (70 millions de personnes ; je signale que la première c'est l'allemand, et pas l'anglais, mais eux, ils s'en fichent de leur langue apparement ; enfin c'est leur problème).

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9 mars 2010 2 09 /03 /mars /2010 16:39

Ci-dessous, j'essaie de résumer l'enjeu du combat pour la langue française sous forme de question / réponse

Le combat pour la langue française, un combat contre les mots anglais ?


Oui et non.

Non car...
Les mots week-end, parking, cool sont dans la langue française, ça y est, on ne va pas s'amuser à les changer, seul contre tous et à dire "fin de semaine", "parc de stationnement" et je ne sais quoi d'autre. Ils sont là, ça a correspondu à un moment où l'on a pris des mots de la langue anglaise dont on avait besoin, de même qu'on a pris des mots italiens pour parler de musique (soprano, piano...), hollandais pour parler de navigation (babord, tribord) et que le français est un mélange de mots d'origine greque, latine, franc, avec des apports de plein de langues. Il n'y a aucun problème et je ne vois pas pourquoi je devrais me battre seul contre tous à utiliser ou fabriquer des mots français alors que le poids de l'habitude est là et que c'est très bien comme ça.

Oui parce que... suite de l'article ici

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10 janvier 2010 7 10 /01 /janvier /2010 14:32

Comment agir pour la francophonie et le français ?

C'est une question que je me pose souvent. Agir pour le français, c'est quoi en fait, au quotidien ? Pour moi, agir pour le français, c'est faciliter la vie quotidienne des personnes s'exprimant en français, c'est leur donner les outils et le confort pour que la vie en français soit agréable et possible. Dans la vie quotidienne, en tant que français, je ne me pose pas forcément la question de ce que je peux faire (ou de ce que je fais sans le savoir), mais lorsque j'allume ma télé ou mon ordinateur, je rentre en contact avec des cultures et des langues qui peuvent être très différentes.
Développer le français, c'est en fait (et notamment) développer l'accessibilité du monde en français. Ensuite il faut que la personne ait le désir de le faire, mais si elle est ici, c'est certainement qu'elle en a l'envie donc je ne m'attarderais pas trop là-dessus. Disons que pour développer le nombre de locuteurs français, il faut offrir les outils (linguistiques notamment) nécessaires pour que cela soit possible dans un premier temps et il faut qu'il y ait des personnes qui en ait envie ou besoin. Il est certain que l'accessibilité au monde en français ne peut qu'être un plus.

Le constat :
le français est actuellement la langue le plus en développement au monde (source : http://www.assemblee-nationale.fr/12/rap-info/i3693.asp) même si elle part d'assez bas en nombre de locuteurs par rapport à d'autres langues comme l'anglais, l'espagnol, le chinois, le ourdou.
Ceci dit, le français jouit d'une implantation sur les 5 continents, et hérite d'une présence dans de nombreuses institutions (ONU, Unesco, jeux olympiques...) qui rendent l'usage du français possible à tous les niveaux. Le français souffre dans son image de la compétition avec une langue qui partage de nombreux points communes, l'anglais, mais dont l'usage a progressé au cours du XXe siècle (notamment avec les deux guerres mondiales qui ont affaibli la France et donc la place de sa langue dans le monde à la faveur de l'anglais dont le pays le plus représentatif, les Etats-Unis (et non le Royaume-Uni) était sorti avantagé des deux guerres et en position de force. Cela dit, symboliquement et économiquement, la place des pays anglophones se réajuste depuis les attentats du 11 Septembre et la crise économique mondiale, ainsi qu'avec l'émergence des pays du BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine).



Le français bénéficie aussi d'une solide implantation en Afrique qui fait que sa présence doit actuellement y être plus importante qu'en Europe (mais moins concentrée, le français coexiste avec d'autres langues). Le français est à mon avis voué à jouer un rôle important dans l'activité économique et culturelle des 2/3 nord de l'Afrique, d'après toutes les données que je récolte ici ou là (goût pour le français pour de nombreux algériens, développement important du nombre de locuteurs francophones en Afrique sub-saharienne et intégration de nombreuses populations à une matrice économique et culturelle francophone). D'ailleurs, le français est sans doute en voie d'appropriation et de "créolisation" dans de nombreux pays (Côte d'Ivoire, Gabon, Togo, Burkina Faso...), un peu comme le latin est devenu le français, peut-être, ou comme le Haut Allemand est devenu l'anglais en Angleterre.

"Entre 1994 et 2002, le nombre d’apprenants du et en français dans le monde augmente de 15 409 252 personnes, soit 20 % de plus qu’en 1994, mais cette tendance subit un tassement entre 2000 et 2002. Passant de 75 340 561 apprenants en 1994 à 90 749 813 en 2002, on peut parler d’une augmentation globale significative. L’analyse par région permet d’enregistrer que l’augmentation la plus importante du nombre d’apprenants concerne l’Afrique et le Moyen Orient (60,37 %) et que la baisse affecte l’Europe tandis que l’évolution n’est pas spectaculaire ailleurs.

Les taux de scolarisation ayant crû de manière beaucoup plus rapide que le nombre d’apprenants de et en français, l’évolution du nombre de ces apprenants par rapport au nombre d’enfants scolarisés est défavorable, sauf en Afrique subsaharienne et dans l’océan Indien où elle est tout juste positive. »

"Dans son premier rapport en 1985, le Haut Conseil de la Francophonie estimait à 106 millions environ le nombre de francophones dans le monde."

http://www.ladocumentationfrancaise.fr/dossiers/francophonie/francophones-monde.shtml

Pays et régions du monde les plus francophones

« Les pays où l'on trouve le plus de francophones et francophones partiels pour l'Afrique du Nord, sont le Maroc en nombre et la Tunisie en pourcentage de la population totale ; pour l'Afrique subsaharienne, la République démocratique du Congo en nombre et le Gabon en pourcentage ; pour l'Europe centrale et orientale, la Roumanie en nombre et en pourcentage. Au Moyen-Orient, le Liban devance largement l'Égypte en pourcentage ; dans l'océan Indien, Madagascar passe devant les Comores en nombre mais pas en pourcentage ; en Extrême-Orient, avec des valeurs très faibles, si le Viêt Nam est premier en nombre, le Cambodge l'est en pourcentage ; en Europe de l'Ouest, les pourcentages atteignent, bien sûr, quasiment les 100 % en France et en Communauté française de Belgique, et s'en rapprochent au Luxembourg. Le Québec, quant à lui, recense plus de 6 millions de francophones, soit 83,1 % de sa population. Pour l'ensemble du Canada, le nombre de locuteurs est en progression et se situe à plus de 9,2 millions. »



En cela le français reste une langue d'avenir pour les échanges économiques et culturels pour les pays du bassin méditerranéen et les pays d'Afrique sub-saharienne, tendance qui est amenée à se renforcer dans les décennies à venir. En cela, un espace francophone continu et très étendu est amené à voir le jour, de Lille (ou même de Berg!) à Kinshasa.
Voyons maintenant quels sont les obstacles au développement de la langue française et de sa présence dans le monde et ce que l'on peut faire individuellement.
 
Un exemple concret : la place du français dans la science ; la traduction

Les informations dans une langue étrangère ne sont pas forcément accessible à quelqu'un parlant français et si on ne peut trouver ces informations que dans cette langue, c'est un réel handicap. Le travail de traduction prend donc toute son importance afin que notre langue et l'étendue de son utilité ne stagne pas face à d'autres langues. Publier des rapports scientifiques en anglais semble être le sésame de la réussite et de la renommée. Certains se disent qu'il ne sert plus à rien de publier en français car "tout le monde" parle anglais. Ce qui est dommage c'est que l'on renonce à s'adresser à la communauté scientifique qui ne parle pas anglais dans ce cas-là. Le problème ira en s'aggravant à moins d'une volonté politique et économique forte qui consisterait à prendre en charge au niveau de l'état (ou des états francophones le souhaitant) la traduction des oeuvres scientifiques françaises vers l'anglais et à rendre accessible les oeuvres anglaises en français afin que les scientifiques français ne soient pas handicapés par la non connaissance d'une autre langue (que se passera-t-il quand l'innovation scientifique se fera dans une autre langue tel le chinois ou l'ourdou ? Devra-t-on former tous les scientifiques dans cette langue ?). Les entreprises privées ne peuvent se permettre de supporter le coût de la traduction de toutes les oeuvres vers le français et de même les scientifiques français ne peuvent investir leur temps dans la traduction de leurs travaux, ce n'est pas leur travail. Cela ne laisse donc pas le choix (à moins de compter naïvement sur des bonnes âmes pour traduire gracieusement tous les articles scientifiques du monde), il s'agit que l'état facilite et prenne en charge financièrement la traduction, ce qui devrait être un impératif et une priorité nationale pour la survie, la visibilité et l'accessibilité de la recherche en France. Apparement il existe un fond qui permet des traductions d'ouvrage scientifique, le fonds Pascal ; il s'agit donc de le faire connaître et de lui donner les moyens afin que l'on ne puisse plus dire : "Mais tout se fait en anglais".

"La place de la langue française au sein de la Communauté scientifique

La France accueille chaque année des manifestations scientifiques de renommée internationale. Se pose en permanence la question de savoir en quelle(s) langue(s) les concepts peuvent s'élaborer, les échanges s'effectuer, et les résultats de la recherche scientifique être communiqués au plus large public. Afin que les sciences continuent de se penser et de s'exprimer dans une pluralité de langues dont le français, le ministère de la Culture et de la Communication a mis en place un fonds de soutien à l'interprétation pour les manifestations scientifiques majeures qui se tiennent sur notre territoire. Ce fonds, dit « Fonds Pascal » (programme d'aide aux sciences et aux langues), doit contribuer à renforcer l'attractivité de notre pays. Il consiste en un dispositif d'incitation et d'accompagnement destiné à permettre aux chercheurs de communiquer en langue française le résultat de leurs travaux. "


http://www.assemblee-nationale.fr/12/rap-info/i3693.asp

Autres exemples :

De même, de nombreux savoir-faire ne sont pas forcément décrits en français ou s'ils le sont, ne sont pas forcément accessibles. Dans ce cadre-là, promouvoir la francophonie et le français, cela peut consister à écrire un livre de cuisine ivoirienne, à mettre en ligne gratuitement une façon de faire la vidange de sa voiture expliquée en français, etc...
Pour moi, cela se fait surtout sur internet car c'est l'un des rares endroits où je suis susceptible de pouvoir apporter quelque chose à des personnes vivant partiellement en français.

Cela peut donc revêtir plusieurs aspects, notamment :

- la traduction d'oeuvre vers le français (ce que font les maisons d'édition) pour rendre accessible le patrimoine intellectuel et culturel du monde dans notre langue
- la traduction de données vers le français (pour rendre accessible et donc appréhendable le monde et les informations sur celui-ci)

Actions concrètes (wikipedia...):

Dans mon cas, mon action pour la francophonie est notamment illustrée dans ce blog (ou journel ?). Je tente de rassembler des données, des avis, de faire connaître la diversité du monde francophone en particulier (il y a déjà beaucoup à faire). Je contribue également à wikipedia, en traduisant quelques articles de l'anglais (langue que je maîtrise) vers le français et en mettant en ligne des informations qui ne le sont pas encore.
Certains également traduisent les séries américaines (bon c'est pas légal mais merci quand même, j'en profite bien :)... il y a des milliers de façon de rendre la vie en français plus facile et agréable, ce qui n'empêche pas l'ouverture d'esprit. Dans mon petit cas particulier, je remercie tous ceux qui ont traduit des romans scandinaves parce que sinon je n'aurais pas eu l'occasion de découvrir ces auteurs.
Il y a également d'autres moyens plus directs et voyants, c'est de traquer les infractions à la loi Toubon et de les notifier. (J'ai un calendrier de Randstad : "nice to know you" sous-titré un peu plus petit en français. Si j'avais un peu de temps, je pourrais m'amuser à les embêter en leur notifiant que ce n'est pas légal (il me semble : texte de la loi : http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=LEGITEXT000005616341&dateTexte=vig).)

Le français est une des langues les plus présentes sur le net (le nombre d'articles sur la wikipedia le place en 3e loi derrière l'anglais et un peu derrière l'allemand) - il est intéressant de constater que cette présence est liée à une certaine culture du pays et non pas seulement au succès économique ou à la présence démographique lorsque l'on voit la présence de la langue polonaise devant celle de l'espagnol et de l'Italien -
Le français a la chance d'être la langue d'apprentissage privilégiée dans les pays de langue maternelle anglaise : Angleterre, Irlande (loin devant l'allemand ou l'espagnol), Etats-Unis (depuis peu précédée par l'Espagnol). Elle l'est également dans d'autres pays : Espagne, Italie, Portugal, Roumanie. Son apprentissage est partout en progression ou au pire en stagnation (sauf en Europe) et d'après les rapports du ministère, on assiste à une forte demande.

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2 janvier 2010 6 02 /01 /janvier /2010 20:05

La perception des choses est importante, et la conscience que l'on a de l'importance du français et de l'anglais est trop décalée de la réalité pour que la situation change. Par cet article un poil subjectif , j'essaie de corriger quelques idées reçues tout en m'amusant, pour faire avancer une prise de conscience.
Bonne lecture...

 

L'anglais comme un virus très contagieux ?

 
Haro sur le tout-anglais...!! Taïo! Je viens de repasser sur le site (très intéressant par ailleurs) de l'université de Laval sur les langues (http://www.tlfq.ulaval.ca/axl/francophonie/francophonieacc.htm) et j'ai noté quelque chose qui me chiffonne mais que l'on retrouve également souvent ailleurs.
Il y a cet espèce d'idée qui est aussi présente chez beaucoup en France que l'anglais est toujours là, conquérant, en pleine expansion. Je voulais regarder la situation de la Nouvelle Zélande puis de la Nouvelle Calédonie sur le site dont je parle. L'auteur se sent obligé de mettre un mot sur la présence de l'anglais, indéniable, car l'Australie et beaucoup de petites ïles anglophones se trouvent plus près de la Nouvelle Calédonie que la métropole. Cela donne l'impression que les langues se répandent surtout de façon visuelle, avec des pays colorés sur une carte, tous en rose pour l'anglais, avec un petit bout de bleu au milieu de tout ça pour le français. Déformation de géographe qui contemple trop de cartes, sans doute! Si l'on s'attache aux personnes dans leur quotidien, ces personnes qui parlent français et apprennent l'anglais de la même façon que nous, à l'école, avec les mêmes profs d'anglais (ils sortent de l'IUFM... lol), on ne voit pas bien en quoi l'auteur doit faire une mention spéciale pour l'anglais dans son article sur les langues de Nouvelle-Calédonie. De la même façon, l'anglais se répand en Inde, par rejet de l'Hindi par ceux qui ne le parlent pas. De la façon dont c'est présenté, on a l'impression que l'anglais se propage comme un virus de grippe H1N1. Effectivement d'ailleurs : on a l'impression qu'il est partout mais finalement on n'en parle plus qu'autre chose. Souvent aussi, on peut trouver des petites remarques en Afrique sur le recul du français, sur sa situation précaire, de même au Québec ou au Canada.
La vie quotidienne évolue moins vite que les idées et on n'apprend pas les langues aussi vite qu'on le déclare sur un formulaire. L'impression de prédominance de l'anglais est à mon avis renforcée par la présence assez forte de sa culture : séries télévisées, musique. Pour la littérature, c'est moins flagrant car on trouve facilement des romans venant d'un peu partout, même de petits pays comme l'Estonie par exemple (par contre, vous pouvez chercher une série télévisée estonienne en France...). Il est certain que réaliser une série télévisée revient à beaucoup plus cher que de publier un livre. Les américains ont déjà amorti leurs studios hollywoodiens, j'imagine, ils ont accumulé un savoir faire indéniable. On peut voir également des publicités, les "made in" sur les boîtes de conserve, etc... ce qui sous-entend que vendre à l'international implique d'utiliser une langue que tout le monde comprendrait, l'anglais.

Ce qui m'agace d'autant plus avec ces remarques, c'est que pour le coup on aurait presque l'impression de trahir sa langue et son pays en lisant des livres anglais ou en écoutant de la musique en anglais. Arrêtons la mauvaise consicence. Prennons ce qu'il y a de bon là où c'est, ce n'est pas parce que l'on se ferme sur le monde anglo-saxon que l'on renforce le poids de notre langue. L'impression d'omniprésence de l'anglais n'est pas tant dûe au nombre de locuteurs qui le parlent qu'à son omniprésence dans notre vie quotidienne.

 

L'anglais indispensable dans la vie professionnelle ?


Pour continuer sur l'impression de prédominance de l'anglais : encore une autre idée répandue, c'est que l'on ne peut pas réussir sans connaître l'anglais. Or, qui l'utilise dans sa vie de tous les jours ou dans son travail ? J'avais parlé avec un chef dans la logistique qui ne n'avait pas de contact avec des anglais, qui n'utilisait jamais l'anglais et me disait qu'il aurait dû l'apprendre, que "c'est indispensable" avec un discours un peu comme : "à l'heure actuelle, on ne peut plus réussir sans l'anglais". Apparement, il en aurait eu besoin pour une promotion vers un autre site de logistique. Si celui-ci traite avec l'Angleterre, cela paraît normal, mais sinon l'anglais n'est pas plus utile que l'allemand ou l'italien si l'on doit traiter avec les pays respectifs. 

Quand on me dit : il faut apprendre l'anglais, je réponds : "pour quoi faire ?" Alors on peut me répondre pour le travail, pour s'ouvrir, parce que tout le monde le parle, pour ceci ou cela, mais concrètement, dans la vie de tous les jours ? Sinon, l'arguement est aussi valable pour d'autres langues comme l'allemand, l'italien, le hindi ou le chinois. Cela se saurait. La langue la plus parlée : le mandarin. Ce n'est pas pour ça que tout le monde doit l'apprendre en France. Seuls ceux qui ont besoin de commercer avec la Chine en ont besoin. Le travail ? Plein de postes non-pourvus parce qu'il n'y a pas assez de personnes qualifiées qui parlent l'allemand, ou des langues de l'Est qui ont moins la côte : polonais, roumain, russe par exemple. Tout le monde parle anglais ? Où ça ? Ici ? Si je vais vivre en Angleterre, je vais apprendre l'anglais. Sinon, l'intérêt est limité. Si ce n'était qu'une histoire de prédominance culturelle, le japonais et sa culture auraient aussi leur mot à dire. Quand je vois le rayon manga à côté des BD, il n'y en a pas autant mais quand même ! Sans compter tous les dessins animés de notre enfance, les japo-niaiseries comme on les appelait. Et les pokemon et autres machins à la dragon ball Z ? Seulement, les japonais ont perdu la seconde guerre mondiale et sont des "nains politiques", selon l'expression consacrée, et leur langue est très éloignée de la nôtre, ce qui ne facilite pas l'expansion de son apprentissage en Europe.

Reste la lecture de revues scientifiques anglaises, qui est pour moi un argument recevable si l'on est scientifique (même si c'est la conséquence de rapports de force, voir l'article cité plus bas) ou pour certains ingénieurs qui veulent avoir accès à de la doc en anglais (ou en allemand, italien...), mais ça ne justifie peut-être pas que tout un pays doive apprendre l'anglais quand même. L'importance de l'anglais est grande dans sa fonction institutionnelle : présent à l'ONU, aux JO et dans de nombreuses autres institutions (mais le français aussi d'ailleurs). Il est également la langue officielle (mais pas forcément des populations) de nombreux pays. Mais moi, je crois surtout que c'est la perception de celui qui est le plus fort, qui a les plus grosses Corones, qui influence la politique linguistique et la perception de l'omniprésence de l'anglais. Mon père, (d'autres personnes aussi) qui n'est pas le dernier des idiots, a dit plusieurs fois que si ça continue, si la Chine continue à se développer, "il" faudra apprendre le chinois. Tout le monde ? Mais j'ai ma question toute prête : "pour quoi faire?".
Ce n'est pas l'Angleterre qui fait que l'anglais semble omniprésent. Si les Etats-Unis n'existaient pas, l'anglais ne serait même pas présent dans les institutions européennes. Il n'y aurait que l'allemand et le français ou peut-être que le français (ce qui était le cas de fait au début de la CEE mais la situation a changé progressivement surtout dans les années 90). Le Royaume-Uni n'est plus un pays si important, moins que l'Allemagne et que la France. Par contre, celui qui a les plus grosses (excusez le langage : celui qui a le plus gros pouvoir militaro-économique), on le sait, il est encore de l'autre côté de l'Atlantique. Et comme il faut toujours caresser les puissants dans le sens du poil quand on n'a pas d'idées... Je fais un pronostic : bon, peut-être qu'au niveau institutionnel on est mal barré pour progresser parce qu'on a pas des politiques qui ont une grande conscience de l'importance d'une langue, mais par contre, je peux prédire que la place de l'anglais va cesser de s'étendre car le réajustement économique des Etats-Unis avec l'émergence d'autres puissances (Brésil et Chine notamment) qui vont vouloir démontrer leur puissance, fait que cette perception de l'omniprésence de l'anglais va s'estomper. Peut-être qu'on se remettra à parler français en Europe, et non pas anglais quand on se rendra compte que le seul pays anglophone qui est vraiment dans l'Europe est l'Irlande. (le Royaume-Uni ne veut pas de l'Euro tant qu'ils ne peuvent  en tirer avantage immédiatement) (petite note a posteriori : souvent dans les pays d'Europe du Nord, et on le voit avec la crise d'Avril / Mai 2010, on se pose la question de sortir de l'Euro à partir du moment où cela implique la solidarité car ces pays ne souhaitent pas forcément aider / donner de l'argent à des pays qui n'ont pas la même rigueur économique qu'eux. Ainsi pour l'Allemagne et la Hollande, on a pu voir la question se poser).

Je vous renvoie également vers cet article qui fait suite à une polémique autour de textes de Frédéric Martel, article intéressant qui nous apprend ou nous rappelle que la prédominance de l'anglais n'est pas le fruit d'une évolution inexorable mais de négociations politiques, de guerres économiques, etc...

http://www.francophonie-avenir.com/Index_CD_Frederic_Martel,_un_colonise_mental.htm

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