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24 octobre 2011 1 24 /10 /octobre /2011 18:42

Le syndrôme Christophe Hondelatte


Les pires ennemis de la culture française sont bien souvent en France. Combien de fois peut-on lire dans tel ou tel revue culturelle que la scène créative anglo-saxonne est plus créative, qu'ils ont inventé tel concept, tel mouvement artistique ou musical, etc... et qu'il n'y a pas ça en France. Là, il y a de quoi déprimer. Sauf que ce sont les médias qui ne font pas leur boulot. Il y a des talents, des personnalités qui ne demandent qu'à émerger, mais encore faut-il qu'elles soit repérées, prisent au sérieux. Il faut un observateur qui s'y connaît pour faire émerger une scène et c'est plutôt l'absence de travail des médias et des critiques si rien ne semble se passer, et pas seulement la faute des artistes. Combien d'artistes talentueux et qui vivotent car ne correspondant pas aux attentes de la société ?

 

Là, j'ai envie de parler du "syndrôme Christophe Hondelatte". Christophe Hondelatte, journaliste avant tout, a "osé" faire un album dans lequel il ne se prenait pas trop au sérieux. Je l'ai vu à l'émission "On n'est pas couché" se faire descendre par les deux journalistes avec en question sous-jacente "pourquoi avoir sorti un tel album [si mauvais] ?".  Comme si Christophe Hondelatte avait commis un crime de lèse-majesté. J'ai d'abord été choqué par la prétention de la journaliste de l'émission, Mme Polony, sorte de grande juge du bien ou du mal en matière musicale... on assiste à une sorte de procès qui s'étend sur 25 minutes, dans lequel Christophe Hondelatte est constamment mis sur la défensive et en accusation par Mme Polony de façon pas très sympa. Vous pouvez regarder ici l'extrait de l'émission.

 

C'est si nul que ça ?

 

Bref, je suis donc allé voir sur internet cette vidéo, mise en ligne gratuitement. Et sans trouver ça extraordinaire, j'ai trouvé ça sympa, ça a un petit côté Guy Marchand décontracté. Bref, pas de quoi atteindre les sommets, mais suffisament sympa pour faire passer un bon petit moment à certains. Mais ce qui était intéressant, c'était de voir les commentaires : quasiment que des personnes qui venaient dénigrer Hondelatte, se moquer de lui, et à côté de ça, tout un chacun devenait expert critique soudainement. De plus, on peut noter la vidéo en j'aime / j'aime pas, et l'on pouvait voir une majorité de j'aime pas. On pourrait donc se dire : arrête de faire de la musique, les anglais font mieux. Mais on touche justement le coeur du problème : à savoir, Christophe Hondelatte (qui a de la pratique en musique) est une personne du journalisme qui a montré sa sensibilité au public, et ce gratuitement puisque le titre est téléchargeable. Personne n'est donc obligé de regarder ou d'acheter son CD. Ce qui se joue ici, c'est la pluralité, c'est aussi le fait qu'un certain type de culture n'a pas le droit d'exister en France, on n'a pas le droit d'être quelqu'un de sérieux dans la vie, et qui se défoule en musique, les domaines sont cloisonnés. Pour moi, on a donc affaire à une "inquisitrice culturelle" mais qui aurait applaudi des deux mains si on lui avait amené l'équivalent produit dans un pays anglo-saxon. Enfin je parle de Natacha Polony, mais des personnes comme elles, j'en ai déjà lues ou vues beaucoup. Je pense qu'au dela du droit à ne pas aimer que je ne remets pas en cause, il y a ce petit quelque chose du critique qui compare systématiquement à un modèle indépassable, et qui se fait le garant de l'ordre culturel établi. Beurk...

 

Vous me direz : je n'avais qu'à ne pas regarder cette émission qui présente beaucoup moins d'intérêt sans Mr Zemmour, qui malgré ses opinions controversées, apportait un vrai plus. Dont acte, on ne m'y reprendra plus.

 

Un blocage psychologique : "Rien de bien ne peut venir de chez nous"


Je prends cet exemple, mais c'était surtout pour illustrer une idée, une intuition. A savoir : que l'on a un complexe d'infériorité en France qui fait que ce qui vient de la France ne peut être bien (si on était talentueux, ça se saurait), et on rajoute parfois que tout ce qui vient des pays anglo-saxons sert d'étalon à la musique française. Ce qui tue bien entendu toute possibilité de création musicale, et c'est pourtant bien ce qu'a fait Christophe Hondelatte, qu'on le veuille ou non, il a exploré une voie, une sensibilité que l'on n'a jamais laissé s'exprimer en France. Une musique n'est pas bonne ou mauvaise (arrivé à un certain niveau de professionnalisme, je m'entends, mais ce n'est pas ce qui posait problème ici), c'est une musique, et chacun peut y trouver son compte. Le problème de la création musicale en France est donc pour moi ici, c'est un bloquage qu'ont les français, et entre autres les critiques, qui ne peuvent accepter que quelque chose qui sorte des sentiers battus et venant de France soit bien. D'où pour moi l'impossibilité qu'il se passe quelque chose  au niveau musical en France, car nous sommes vérouillés dans notre esprit. Pour moi, la critique, ce n'est pas hiérarchiser (ni piétiner la sensibilité des artistes), pour moi la critique c'est expliquer, essayer de comprendre, de découvrir ce qui se cache derrière la musique, les goûts, les influences, le déclic, l'impulsion qui nous fait envie d'être chanteur, d'exprimer cei ou cela, etc...

 

Pour que des artistes émergent, il faut qu'ils soient repérés mais si chaque personne qui tente quelque chose est critiquée dans sa personne, rien ne peut émerger et cela viendra donc d'ailleurs, lorsqu'une musique portée par un succès commercial dans un autre pays arrivera en France. On se dira : si tant de personnes ont aimé, c'est que ça ne peut pas être complètement mauvais. Ce que je regrette donc ici, c'est que toutes les sensibilités ne puissent s'exprimer en France. On entre dans des mécanismes psychologiques tels que : aux banlieues on accroche le rap, aux Antilles, le zouk (et collectif métissé), aux intellos, la chanson française à la Brel, etc... Laissons les gens nous surprendre ! Et les seuls artistes qui peuvent être pris au sérieux en France seront donc ceux qui imitent les anglo-saxons ou ceux qui chantent en anglais. Heureusement le succès populaire change parfois la donne et impose de nouvelles tendances musicales inattendues.

 

Allez, hommage à Christophe Hondelatte qui s'en fout pas mal :

 


 

 

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Published by Marc Beaufrère - dans Réflexions sur le français
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18 septembre 2011 7 18 /09 /septembre /2011 12:03

MFM, une radio 100% chanson française avec une devise... en anglais

 

MFM, c'est la radio qui ne diffusent que des chansons d'expression française. Aussi, je suis surpris quand j'écoute leur radio d'entendre "MFM, Ma French Musique". Je ne comprends pas ce paradoxe : faire le pari qu'une radio peut marcher qu'avec des chansons d'expression française et utiliser une devise en anglais. Une devise en français leur ferait-elle perdre des auditeurs ? Si le français, ça fait ringard, vieux ou pas assez populaire, alors pourquoi ce choix ? J'avoue que je reste perplexe. Aussi, pour en avoir le coeur net, je leur ai écrit un message.

 

Le poids de Mr-tout-le-monde

 

L'écriture du message touche pour moi au coeur de ce que j'essaie de faire différement de certaines associations francophones qui se décrédibilisent à mes yeux à parler de collaboration, d'empire; etc... en parlant de cette mode de tout mettre à l'anglais. Cela part, je le pense d'une vraie intuition : le système (médiatique, économique...) est soumis pour l'instant à une structure pyramidale où l'expression anglaise est considéré comme l'apanage des élites. Cela est trahi par ce fameux "tout le monde" dans le sentiment que l'on a que "tout le monde" parle anglais, qu' "on" ne peut pas ignorer l'anglais, qu' "il" faut parler anglais. ...la suite ici

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20 juin 2011 1 20 /06 /juin /2011 16:10

Voici une vidéo intéressante sur le français au Québec. Il s'agit d'un discours qui explique les revendications du Mouvement Québec Français dont on pourrait s'inspirer en France. L'un des freins à la défense de la francophonie en France est le fait que le débat est mal exposé. Lorsque l'on parle de défense de la langue française, beaucoup de gens ont des idées assez confuses et négatives sur le sujet : il s'agit de nous fliquer pour remplacer "week-end" par "fin de semaine" et mail par "mél" ou "courriel", ou alors il s'agit d'oppresser les langues régionales ou d'envahir le monde pour imposer le français. L'un comme l'autre sont presque infaisables et pas forcément souhaitables car cela touche aux libertés individuelles. Libre à moi d'utiliser la langue que je veux avec mes amis, ma famille, de dire "week-end", etc... Tant que les gens verront ce combat de cette façon, ils y seront hostiles, et c'est normal. De plus, c'est mission quasiment impossible, cela nécessiterait une énergie considérable pour convaincre chaque personne de se fliquer, de chercher le mot français qui correspond au mot anglais que l'on utilise. Autant dire que si l'on devait faire ça, c'est la porte ouverte au découragement devant l'immensité de la tâche.

 

Idées reçues sur la défense du français

Ce qu'il faut bien que les gens comprennent, c'est que la défense du français ne passe pas par un combat névrotique contre soi-même mais par un combat collectif qui ne demande aucun changement individuel mais qui peut avoir des répercussions énormes en termes de résultat. Si par exemple personne ne s'élevait contre le fait qu'on peut être licencié en tant qu'ingénieur car on maîtrise mal l'anglais, la connaissance de l'anglais deviendrai presque un pré-requis pour travailler, ce qui serait une discrimation à l'embauche car le français est la langue de la République et travailler en anglais est un métier en soi (métier de l'interprétariat, de la traduction, du travail à l'export). Si on ne fait rien, c'est également des universités qui vont enseigner en anglais, cela ouvre un large débat que je ne peux résumer ici, mais c'est une très mauvaise idée, comme vous pourrez le comprendre si vous lisez le livre de Mr Montenay "La France face à la mondialisation".

Bien souvent, les gens se méfient de la défense du français car ce débat est parfois récupéré par des personnes qui présentent mal le débat, ce qui fait perdurer la situation d'inertie qui favorise le recul institutionnel et entrepreneurial du français.

 

Combat pour le français, un combat politique et économique

Ce combat, c'est d'abord une affaire de droit et de gros sous. Pour illustrer le propos, on peut parler des fameux CEGEPS (anglophones) au Québec financés par l'argent public des francophones pour les anglophones dans une proportion supérieure aux écoles francophones. C'est-à-dire que l'argent du contribuable francophone sert à financer de meilleures écoles pour les anglophones que pour les francophones. Il ne s'agit donc pas ici de faire la guerre aux anglophones mais de permettre aux francophones et allophones du Québec d'apprendre la langue commune (le français), ce qui n'empêche pas d'apprendre l'anglais. Si les anglophones et autres allophones ne s'intègrent pas à la société francophone, il faudra que la société francophone s'adapte à la société anglophone. Ce que les gens ne comprennent pas en général, c'est que si l'anglais s'est autant répandu en Amérique du Nord, ce n'est pas parce qu'il est supérieur mais parce que ceux qui parlaient une autre langue ont été battus et soumis (acadiens, canadiens francophones), exterminés (amérindiens) ou assimilés (immigrés) car obligés de s'intégrer à une société anglophone. Pour la France comme pour le Québec, il s'agit donc de permettre aux nationaux de vivre leur vie dans leur langue et que le français reste l'unique ciment linguistique de la société, ce qui n'exclut pas de parler d'autres langues en plus.

 

Quand à l'expansion du français, si elle doit avoir lieu, elle ne doit pas se faire contre la volonté des gens si elle doit se faire. La vidéo vers laquelle je redirige a le mérite de montrer ce que peut être un débat raisonnable sur la défense du français. Il ne s'agit pas d'un combat individuel pour forcer les gens mais d'un combat collectif pour faire respecter des droits.

 

Je redonne le lien de la vidéo :

http://www.francophonie-avenir.com/Index_Mouvement_Quebec_francais_Constat_sur_l%27urgence_d%27agir.htm

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23 mai 2011 1 23 /05 /mai /2011 15:31

Pour ceux que la linguistique intéresse, la formation de nouveaux mots offre parfois des surprises pour les étymologistes !

 

Un chicken burger s'il vous plaît !

Par exemple, lorsque l'on parle d'un chicken burger, on parle donc d"une "catégorie de burger", un "burger au poulet", et par raccourci on fait bien sûr référence à un hamburger. C'est que les anglophones ont décomposé le mot hamburger comme : ham + burger; un burger au jambon (ham). Il en découle logiquement le chicken burger. L'histoire nous apprend pourtant que le hamburger était un morceau de boeuf (salé, car cela se conservait mieux) parfois servi entre deux tranches de pain aux gens qui faisaient la traversée depuis l'Allemagne sur le Hamburg America Line. Le hamburger doit en fait son nom à la ville de Hambourg (Hamburg en allemand), ce qui n'a pas grand chose à voir avec le jambon... ! On a donc assisté à un phénomène de resémantisation, autrement dit des gens ont redécoupé le mot et donné un sens à ses composants (morphèmes) indépendamment de leur sens originel.

Hamburger => (resémenisation) Ham + Burger => Chicken Burger ...la suite ici

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20 avril 2011 3 20 /04 /avril /2011 14:01

Parfois, les tenants de la défense du français défendent sa pureté contre l'invasion de mots anglais. Qu'en est-il réelement ? Est-ce à juste titre ? C'est de cela dont j'aimerais discuter aujourd'hui.

 

Les origines du français : le français, un latin qui a évolué

 

Tout d'abord, on peut regarder ce problème d'un point de vue historico-linguistique.  Le français, de par ses origines, est en fait un latin qui a évolué sous le coup d'influences diverses. Si au début, il y avait le latin en France, l'arrivée de la peuplade des francs (notamment) a changé la donne : les francs se sont mélangés avec les populations latino-gauloises (gallo-romaines) et ce qu'on appelle le français doit donc une part de son vocabulaire à l'apport de ces tribus germaniques. Ceci dit, le latin était et demeurait la langue des élites, aussi bien en France, en Italie et en Espagne que dans d'autres pays d'Europe, y compris plus tard (au Moyen-Âge) dans des pays qui correspondent aujourd'hui à l'Allemagne et à l'Europe de l'Est. Il restait donc une forme du latin de l'époque romaine comme figé dans le temps, qui ne subissait aucune évolution. C'est le latin que l'on a pu apprendre nous-même lors de notre scolarité, le latin des auteurs latins.

Parallèlement à cela, la langue parlée par le peuple évoluait petit à petit, par l'apport de nouveau vocabulaire d'autres familles linguistiques : le franc, langue germanique, le gaulois, langue celtique. Mais cela n'est qu'un facteur. Pour les linguistes, une langue se caractérise par son lexique (le vocabulaire), sa prononciation (la phonétique), sa syntaxe, sa grammaire. Ainsi, des gens qui parlaient la même langue en Bretagne ou en Provence ne s'étaient pas approprié le latin de la même façon, certains avaient des particularismes, de même qu'en Irlande, on a gardé ou transposé des expressions du gaélique en anglais. Par exemple : "I'm after eating" qui ne veut pas dire grand chose en anglais britannique et qui est pourtant perçu comme anglais par les irlandais (qui signifie "je viens de manger / j'ai mangé"). Moi-même, vivant en Normandie, je n'ai appris qu'en lisant un livre d'Henriette Walter que "passer la toile (ou l'emballage)" étaient des expressions répandues sur quelques départements mais pas dans toute la France. "Faire un mi", vous connaissez ? ... la suite ici

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4 avril 2011 1 04 /04 /avril /2011 09:30

Les linguistes (Jean-Louis Calvet dans La guerre des langues par exemple, dont je reprends certains termes et leur définition en gras dans cet article) relèvent souvent 4 à 6 facteurs d'expansion d'une langue, facteurs que je vais détailler afin de pouvoir étudier comment et si une inversion des tendances est possible.

 

Le facteur géographique

 

L'expansion d'une langue suit l'expansion des hommes. Ainsi, une montagne infranchissable pour l'homme l'est également pour la langue. Une langue se répandra donc le long des cours d'eau à mesure des déplacements et échanges des hommes mais l'absence (ou la difficulté) des échanges entre des habitants séparés par une mer empêchera la propagation d'une langue. Ainsi l'anglais n'a pas "débordé" en Belgique ni le flamand (ou le français) en Grande-Bretagne. Les nouveaux moyens de communication peuvent bien sûr changer la donne... la suite ici

 

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14 mars 2011 1 14 /03 /mars /2011 10:13

 

Dernièrement, j'ai pu lire plusieurs articles sur la volonté de certains anglophones de propager leur langue, mais j'ai été interloqué par les arguments que certaines personnes utilisent et qui sont les témoins d'un tel ethnocentrisme. Quand je vois des gens affirmer que le fait ne ne pas parler anglais enferme des pays dans la pauvreté, je me dis dans quel monde on est ? Les Américains sont le peuple élu, comme chacun sait et on aurait tort de priver les gens de leur supériorité. Je caricature ? Si seulement !

Voici quelques extraits commentés :

 

Une pétition pour avoir le "droit" de parler anglais

 

d'abord, un extrait d'un tract pour une pétition à signer :

 

"Nous sommes en train de militer pour le droit des pays Africains et Nord Africains de parler Anglais ! Notre cause a pour objectif d’aider les pays Africains et Nord Africains à se développer et à sortir de l’isolement."

 

Deux choses ici : parler anglais est devenu un droit dont ils sont privés, ce qui suppose que certains complotent pour les empêcher de parler anglais dans le but de les empêcher d'accéder au développement et de sortir de l'isolement. Si j'ai pu me dire que je prêtais de mauvaises intentions aux auteurs de cet article, j'ai pu avoir confirmation plus loin que "certains," ce sont les Français :

 

"Par ailleurs, parler une autre langue que l’Anglais est en train de maintenir ces pays sous le monopole d’un seul pays Occidental."

 

Notez : un seul pays occidental. La Belgique ? Quid du Canada et Québec, de la Belgique, de la Suisse ?

En ce qui me concerne, je n'ai pas l'impression que l'arrivée de gens porteurs de la langue anglaise a toujours fait évoluer les choses dans le bon sens comme on a pu le voir en Afghanistan, Irak, Rwanda, RDC...

 

Deuxièmement, l'anglais est présentée comme la porte de sortie vers le développement et permet de sortir de l'isolement.

 

L'isolement, c'est intéressant, il manque la suite : isolement de qui ? Les deux tiers de l'Afrique sont francophones (pas seulement sur la carte) et le français est parlé sur les 5 continents, c'est une des langues de toutes les organisations internationales, en quoi le français isole ? Il faut bien sûr compléter la phrase : le français les isole de ceux qui ne le comprennent pas (les anglophones). La vérité, c'est qu'au Royaume-Uni et aux Etats-Unis, on renonce à l'enseignement des langues  (et en premier lieu le français); par définition, c'est plutôt eux qui s'isolent du monde; c'est vrai qu'ils peuvent d'autant plus se le permettre que dans de nombreux pays, on cherche à parler anglais, ils ont donc de moins en moins besoin de faire l'effort d'apprendre une langue étrangère.

 

Mis en surgras dans l'article :

 

"Au niveau d’un pays l’anglais est vital pour le développement, l’économie et les relations internationales."

 

Bon, le vent de révolte qui souffle actuellement dans les pays arabes est parti d'un pays francophone et arabophone, comme quoi il n'y a pas besoin de parler anglais pour aspirer au développement, le développement vient plutôt de l'intérieur plutôt que de l'extérieur. Comme quoi certains ont du mal à comprendre, même après l'épisode de l'Irak que tout le monde n'aspire pas à être Américain, que la démocratie ne vient pas de l'extérieur, et que l'on peut vouloir suivre sa propre voie. D'ailleurs, si l'on trouve parmi les pays francophones des pays très pauvres en Afrique, on trouve aussi des pays parmi les plus prospères d'Afrique : Maroc, Tunisie, Gabon, Cameroun. A ce niveau d'argumentaire, on pourrait dire que le Zimbabwe avec sa chasse aux fermiers blancs, la mort par la faim de nombre de ses habitants, et l'apartheid en Afrique du Sud ne sont pas des modèles de pays pacifiques.

 

"Deuxièmement, l’utilisation de la langue anglaise donne à tous les peuples du monde la possibilité de se connaitre et de communiquer promouvant ainsi l’ouverture d’esprit, les échanges culturels et la paix dans le monde." ... que dire ?

 

On peut aussi voir une petite vidéo avec des affirmations telles que :

 

"Africa needs English" ou "English needs Africa" ?

 

"Africa needs English" l'Afrique a besoin de l'anglais...quand c'est plutôt le contraire qu'il faudrait lire : "English needs Africa", les entreprises américaines ont besoin des diamants de la RDC quitte à soutenir des mouvements armés...

 

Sur la vidéo, un commentaire, j'ai pu y lire :

"french language = war, poverty, military coups, Arrogance malaria, rape and crime and Isolation and ignorance....."

"Langue française = guerre, pauvreté, coups militaires, arrogance, malaria, viol, crimes, isolation et ignorance...

(source : cliquer ici )

 

Le français langue de la guerre ? Et l'anglais, c'est bien évidemment la langue de la paix... (Je n'ai pas pu m'empêcher de laisser des commentaires sur la vidéo.)

 

http://www.francophonie-avenir.com/Index_Imperatif-francais_Neocolonialisme_anglosaxon_par_l_%27_English_for_development_in_Africa.htm

Cliquez ici pour la traduction française de l'article en question.

 

Il ne faut pas se voiler la face, derrière ce discours, ce qui embête ces anglophones, c'est qu'il reste des pays qui échappent encore un peu à leur sphère d'influence.  Alors ils accusent les gens qui parlent français d'être manipulés ou d'être sous l'influence du néocolonialisme pour pouvoir y promouvoir l'anglais et donner l'impression que cela vient du peuple. Quand on voit l'Algérie, jamais la France ne s'est plus mêlé des affaires linguistiques depuis l'indépendance et ils ont eu toute liberté d'interdire l'usage du français sans qu'il y n'ait aucune conséquence (intervention militaire, coup d'état soutenu de l'étranger...). Quelle meilleure preuve de respect, quand bien même on s'est fait  accusé de tous les maux de l'Algérie ? Des gens ont semé le doute et la division en Algérie comme quoi tous les problèmes venaient de la France.  On a toujours laissé dire sans protester, est-ce que ce n'est pas ça la vraie démocratie ? Au Maroc et en Tunisie,  on a su concilier français et arabe de façon pacifique et alors même qu'ils n'ont pas de ressources comme le pétrole, ces pays s'en sortent aujourd'hui très bien au niveau développement.

 

Tandis qu'au Rwanda et en RDC où l'élite avait le tort de parler français, des mouvements rebelles ont été armés et soutenus pour changer le cours des choses. Alors où est le néocolonialisme ?

 

Nos élites actuelles ne défendent pas le français

 

Le problème, c'est que les dirigeants français de l'UMP (et souvent du PS) ne veulent pas voir les rapports de force et courent après les plus forts. Ainsi, Luc Chatel veut imposer l'anglais dès 3 ans (sinon on sera handicapé dans la vie), et Pierre Tapie, directeur d'une grande école, veut faire sauter la loi Toubon pour permettre aux universités françaises d'enseigner en anglais.

 

Source : cliquer ici .

 

C'est à se demander qui défend notre langue si nos élites politiques ne le font pas ? Je serais curieux d'avoir l'avis de Chevènement, de Mélanchon, de Bayrou (ancien prof de lettres)  voire même de Marine Le Pen.

 

Pourquoi faire autant d'efforts que les autres ? (et autres anecdotes)

 

1) Dans la série "le ridicule ne tue pas" : j'ai eu connaissance de cette demande très sérieuse des Britanniques d'être dispensés de devoir parler des langues étrangères pour travailler pour l'Europe. Pourquoi ? Car comme les Britanniques sont peu nombreux à maîtriser des langues étrangères, ils ne peuvent rentrer dans l'administration européenne, dans laquelle il faut connaître deux autres langues que la sienne (au moins une bien). Cette demande a été refusée par l'UE.

 

Source : cliquer ici

 

2) Enfin, mais là je n'arrive pas à retrouver la source, j'ai pu voir dans un Courrier International (je crois) que des Américains se plaignaient que les pays du Maghreb ne parlent pas anglais car (je reformule de mémoire, mais c'était quelque chose de cet acabit) "c'est la langue de Twitter et des relations internationales, et que ça les aurait aidé dans leur lutte pour la liberté". Ce qui me surprend le plus, c'est que cet argument ait été repris sans commentaire dans le journal...

 

3) Et puis comme toujours dans ces articles, international ne veut pas dire "entre les nations" mais "anglais", ça en devient pénible tant d'ethnocentrisme. C'est l'histoire des Grecs et du reste du monde qui est "barbare" car ils ne parlent pas leur langue.

 

Un jour, il faudra se rendre à l'évidence : nous sommes dans une lutte d'influence. Fermer les yeux sur un conflit ne l'efface pas. Je ne dis pas ça pour être belliqueux, mais pour que l'on ne soit pas naïf et que l'on démasque et dénonce ouvertement derrière les discours la vraie intention de domination.

Bonne journée quand même !

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11 décembre 2010 6 11 /12 /décembre /2010 11:35

A propos de l'anglais, j'ai l'impression que l'on mélange souvent cause et conséquence : l'anglais est la langue la plus facile sinon, pourquoi tout le monde le parle ? Pourtant, au XVIIIe et début XIXe, c'est ce que l'on disait du français, que c'était la langue la plus facile à apprendre (ce n'est pas (que) les Français qui disaient cela) et que c'était pour cela que tout le monde le parlait (dans les cours et les milieux aisés ; en Russie, Prusse, Angleterre). Aux Etats-Unis, au XIXe et au début du XXe siècle, une fille de bonne éducation devait savoir jouer du piano et parler le français.
Le français est toujours une des langues de la diplomatie : c'est l'une des deux langues de travail de l'ONU, une des trois langues de travail de l'Europe (mais en forte régression depuis 10 ans, depuis l'entrée des pays scandinaves dans l'UE, c'est vrai), et une des langues d'à peu près toutes les institutions internationales.
Si l'anglais est devenu si important, ce n'est pas parce que c'est une langue facile : elle est facile à écrire, mais beaucoup plus complexe lorsqu'il s'agit de se faire comprendre par des anglophones, à cause de l'accentuation, chose qu'un Français a du mal à maîtriser car le français, tout comme l'allemand, n'est pas une langue à accent tonique.
L'anglais est devenu important pour deux raisons : suite de l'article ici...

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21 octobre 2010 4 21 /10 /octobre /2010 15:27

Vous me direz : qu'est-ce qu'un article sur les harkis vient faire dans un blogue sur le français et la francophonie ? Comme me le faisait remarquer à juste titre un correspondant, des causes historiques expliquent notre situation présente, aussi bien collectivement qu'individuellement et cela s'applique à la situation du français.

Le problème que posent les harkis est celui-ci : comment peut-on être attaché à un pays qui a renié et rejeté ceux qui prennent parti pour lui ? L'attitude de nos élites (politiques entre autre) a été à ce titre une sorte de masochisme : on soutient et cours après ceux qui ne défendent pas nos intérêts et on rejete ceux qui nous aiment. On ne peut être surpris de ne pas être aimés si nous-mêmes n'osons pas défendre nos intérêts et avons honte de ce que nous sommes.

 

Introduction : les harkis, un exemple symptomatique du malaise français face à l'histoire

L'exemple de l'histoire des harkis est à ce titre instructif.

Les harkis, pour ceux qui ne le savent pas, ce sont ces gens qui ont pris parti pour les intérêts de la France lors de la guerre de l'indépendance algérienne. Comme chacun sait, cette guerre a débouché sur l'indépendance de l'Algérie. N'importe quel pays aurait remercié dignement des gens qui ont pris parti pour eux, et défendu leur intégrité, ce n'est pas le cas de la France. Les harkis ont été parqués, n'ont pas reçu d'indemnités financières ou morales et étaient mal considérés en plus de cela... Suite de l'article ici

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17 octobre 2010 7 17 /10 /octobre /2010 16:58

On me dit souvent lors de conversations (mais pas sur mon site) qu'il faut être réaliste, que tout le monde parle anglais et que mon combat est colonialiste / nostalgique ou tout autre qualificatif négatif. Considérations générales qui ne veulent pas dire grand chose. Ce fameux tout le monde qui sert d'argument ultime. C'est pour moi l'occasion de revenir sur quelques idées reçues pour nous déconditionner, ou nous décoloniser comme me dirait un correspondant.

 

Introduction

C'est étonnant de voir les résistances qui surgissent dès lors qu'il s'agit de défendre le français. Tout de suite, de nombreuses personnes pensent colonisation (donc cela fait fasciste / colonialiste de vouloir imposer le français), triomphe de l'anglais (donc il faut s'y mettre).

Défendre le français... La tâche peut sembler tellement immense qu'elle en est effrayante. Mais ce combat, ce n'est pas juste utiliser le mot courriel et s'énerver de voir un pays comme le Rwanda qui généralise l'usage de l'anglais. C'est peut-être bien mais cela n'est pas forcément très efficace, voire même utile, même si cela peut nous réconforter de se retrouver dans le même combat. Pour avancer dans un combat, il faut savoir dans quel cadre on agit, quels sont nos objectifs, etc... Déjà il faut bien admettre que l'on avance dans un cadre légal : il ne s'agit donc pas de décider à la place des autres (souhaiter l'imposition du français dans un pays souverain comme le Rwanda) mais d'agir là où l'on a le droit d'agir. Cela restreint donc le combat : en France pour ceux qui y vivent et dans les institutions où l'on peut utiliser le français.

 

Déconditionnement

D'abord il faut se déconditionner : suite de l'article ici

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