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Pour en finir avec la repentance coloniale – Daniel Lefeuvre

 


Pourquoi parler de ce livre ici ? Il est indéniable que la francophonie est liée à l'histoire de la colonisation. Doit-on avoir honte de cette colonisation ? Oui ? Non ? Pour quelles raisons ? Certaines fois, des auteurs falsifient ou exposent de façon déformée les faits et l'histoire pour des intentions qu'ils estiment bonnes. Cependant les faits sont têtus ! Daniel Lefeuvre s'évertue donc à rectifier les contre-vérités historiques admises par le plus grand nombre. Voici donc le commentaire que j'ai soumis à Amazon pour cibler le problème que pose la colonisation (et celui qu'il ne pose pas).

Ce livre revient sur les fausses idées que l’on se fait sur le colonialisme, notamment en Algérie : que l’on a pillé l’Algérie, que la colonisation a tué de nombreuses personnes, que l’on s’est enrichi aux dépens des colonies, que les immigrés de l’empire ont reconstruit la France d’après-guerre. Il est surprenant de découvrir certains chiffres et faits.

            Ce livre répond à une question : est-ce que la colonisation a forcément apporté un appauvrissement et des conditions horribles aux pays colonisés (surtout en Algérie) ? Et bien pas forcément, il semble que de nombreuses colonies ont coûté plus d’argent qu’elles n’en ont rapporté. Mais au fond, ce qui est intéressant, c’est de voir que certains auteurs sont prêts à falsifier l’histoire ou à ne voir que le côté négatif pour justifier leurs thèses. Daniel Lefeuvre s’évertue donc à répondre à des historiens à l’aide de chiffres. Celui qui m’a le plus interpellé, c’est le nombre de morts qu’a occasionné la colonisation en Algérie. Ce chiffre s’élève à plusieurs centaines de milliers ou millions comme on pourrait le penser a priori et c’est ce que dit un historien mal informé (Olivier Grand Courmaison je crois). Ce qu’il oublie de voir, c’est qu’il a fait passer des morts par famine dans ce chiffre. Oui mais on pourrait penser que ces morts par famine sont morts à cause de l’exploitation de la colonie qui n’a laissé aucune nourriture aux algériens. Il n’en est rien. Comment le sait-on ? A la même époque, le Maroc et la Tunisie qui n’étaient pas encore des protectorats français, voyaient leur population baisser énormément plus, proportionnellement, à cause de la famine (due à de mauvaises récoltes). Au contraire, la population algérienne a reçu du blé de France pour pallier à cette famine qui a occasionné moins de morts qu’elle l’aurait pu. Nul besoin donc de voir des intentions de nuire partout.

           
La problématique de la colonisation
Ce qui semble gêner les tenants de la repentance coloniale, c’est le fait que la colonisation a pu apporter des bienfaits et que les populations colonisées s’en sont peut-être mieux sorties car mieux administrées qu’elles auraient pu l’être. Accepter cela, ce serait accepter la colonisation. Or (ce n’est pas dans le livre, c’est moi qui le rajoute), la colonisation ne se résume pas aux bienfaits matériels et physiques et le fait qu’il y en ait eu montre que l’on ne peut faire l’économie de la morale. Si l’on n’a pas pillé mais au contraire enrichi les colonies, si on arrive à le prouver et que l’on n’a pas de critères moraux pour évaluer la colonisation, cela obligerait les tenants de la repentance à accepter la colonisation comme un bienfait, ce qu’ils ne peuvent se résoudre à faire. Ils s’évertuent donc à falsifier la réalité pour prouver que la colonisation a abusé des gens. Or il est difficile d’évaluer l’impact matériel et « civilisationnel » (soins, éducation, infrastructures) sur les populations colonisées car on ne sait pas ce qu’il aurait été autrement. Il s’agit donc de reconnaître que la colonisation est mauvaise dans la mesure où des personnes imposent un destin à un peuple, dans la mesure où il y a l’imposition d’une volonté par la force. Ce n’est qu’en cela (mais c’est déjà énorme) que la colonisation a pu être condamnable. Inutile donc de s’égarer à falsifier l’histoire et nous pouvons remercier Mr Lefeuvre pour son travail d’historien ingrat (devoir rectifier autant de falsifications patiemment) mais utile pour faire la part des choses. Merci !

Conclusion
La colonisation est une sorte de tyrannie qui se veut bienveillante. Inutile de prouver qu'elle a échoué dans son objectif pour la condamner car au fond si cet objectif est atteint, cela justifie-t-il la colonisation pour autant ? C'est pourtant parfois le cas : parfois les populations ont eu un bien-être accru (quel qu'en soit la nature). C'est qu'il ne faut pas faire l'économie de la morale : la tyrannie n'est pas condamnable dans son objectif mais dans le fait qu'elle se fait au détriment de la volonté de ceux qu'elle souhaite aider (malgré eux!). C'est là sa grande faute, une faute morale, et c'est donc une réparation morale qui doit venir, une reconnaissance des torts déjà, comme l'a fait Jacques Chirac dans un de ses discours (je ne me rappelle plus lequel). Ensuite un chemin dans l'histoire à égalité, dans le respect de la dignité de l'autre, dans une réconciliation voulue et souhaitée des deux côtés. Pour ce faire, les travaux d'historiens comme celui-ci sont nécessaires pour poser le débat sur des bases solides et non pas aveuglé par la passion et une culpabilité contre-productive.

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