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26 avril 2010 1 26 /04 /avril /2010 19:05

Vous avez sans doute entendu parler dernièrement de l'agitation qui secoue la Belgique à propos de querelles linguistiques. C'est un sujet que j'essaie de suivre de près et je vais donc tenter de vous faire un petit topo de ce que je pense avoir compris, car la situation est toujours plus complexe que ce que l'on en voit.

 

En ce moment, dans l'arrondissement de Bruxelles, (arrondissement de Bruxelles Hal Vilvoorde), les flamands sont en train de se battre pour soit empêcher les francophones de pouvoir s'installer dans des communes flamandes, ou pour que tous les services communaux et commerces soient en néerlandais afin de forcer les francophones à apprendre le néerlandais, bref, ils font tout pour que les francophones ne viennent pas chez eux.

 

Historique

 

Historiquement, la Belgique est un pays de création assez récente, créé en 1830. Il y a toujours eu une minorité francophone, les wallons, mais les pays européens ont tout fait pour que ceux-ci ne rejoignent pas la France, car la France était le pays dominant de l'époque et les autres pays européens craignaient de voir la France s'aggrandir encore.

 

Lors d'un congrès en 1830, la Belgique a été créée un peu comme un état tampon et rassemblait les catholiques tandis que la  Hollande rassemblait les protestants. Sauf que parmi les catholiques, certains parlaient français (en Wallonie), d'autres néerlandais (en Flandre). Au sein d'un même pays coexistaient donc deux "peuples" ou disons deux communautés linguistiques différentes. A l'époque, Bruxelles était une ville en territoire flamand (elle l'est toujours) et les gens y parlaient à majorité néerlandais. Mais une dynamique était à l'oeuvre en faveur du français pour plusieurs raisons je pense.

D'abord le français était la langue des élites, aussi bien wallones que flamandes. Le néerlandais était une langue beaucoup moins prestigieuse, et les élites flamandes l'utilisaient de moins en moins. Ensuite, la région wallone (apparement) était plus prospère que la région flamande. Enfin, le roi des belges était francophone.

 

Ces facteurs contribuaient à faire évoluer la "frontière linguistique". Le flamand a un peu reculé vers le Nord mais c'est surtout à Bruxelles que celui-ci a complètement reculé. Actuellement, on estime grosso modo que seuls 10% des bruxellois ont le néerlandais comme langue maternelle, 80% le français et le reste d'autres langues. Il y a 180 ans, c'était plutôt le contraire.

 

Cette propagation du français a inquiété les flamands lors de la seconde moitié du XXe siècle et cela a abouti à ce que soit établi une frontière linguistique qui se veut intangible. Le pays a été en quelque sorte divisé en sphères linguistiques ; une zone néerlandophone (la Flandre), une zone fracophone (la Wallonie) et une zone bilingue (Bruxelles) située à l'intérieur de la Flandre (d'où les problèmes actuels, voir plus bas). Il existe aussi une petite enclave germanophone à l'est.

 

Le problème de Bruxelles

 

Cela a donc arrêté la propation du français sauf à un endroit : Bruxelles. Le problème actuel (pour les flamands) est ce que les flamands appellent "la tâche d'huile" : les flamands ont peur que l'influence de Bruxelles répande le français autour de Bruxelles, au-dela des frontières linguistiques tracées dans les années 1960. Et c'est un peu ce qu'il se passe à cause de la périurbanisation ; de nombreux bruxellois francophones s'installent ou souhaitent s'installer dans la périphérie de Bruxelles, dans des communes de la zone linguistique flamande et certaines de ces communes sont des zones de facilité, c'est-à-dire que dans leur statut, elles peuvent donner le droit au francophone à certains avantages tel que recevoir des documents administratifs dans leur langue.

 

Certaines communes de la périphérie bruxelloises sont donc devenues à majorité francophone mais on assiste à des scènes irréelles : les francophones ne peuvent pas obtenir de documents en français ou le maire francophone d'une commune de la partie flamande doit s'exprimer en néerlandais à des francophones. Bref, les francophones voudraient pouvoir utiliser la langue qu'ils veulent sauf que les flamands font valoir que d'après les frontières de 1960, la vie doit se faire en néerlandais.

 

Ce qu'il faut bien comprendre, c'est que ce n'est pas seulement une histoire d'hostilité linguistique (on veut vous empêcher d'utiliser le français) mais les conséquences d'une crainte que les néerlandais pressentent : s'ils ne font rien, l'arrondissement autour de Bruxelles va devenir francophone car c'est l'évolution naturelle. Certains partis et personnalités flamands font donc tout pour légiférer et empêcher la vie en français dans ces communes car la légifération est leur dernier recours (ce n'est pas eux qui le disent, c'est une analyse qui n'engage que moi).

D'autres veulent faire sauter la Belgique avant que le français ne se répande davantage autour de Bruxelles ainsi ils pensent pouvoir davantage protéger leur langue. Il est clair que si cette analyse est exacte, les francophones, dans un rapport de force, n'ont rien à craindre du statut quo car le rapport de force, sans intervention politique, évolue en leur faveur autour de Bruxelles. C'est la crainte des néerlandophones de voir que beaucoup de néerlandophones apprennent le français mais que peu de francophones apprennent le néerlandais (d'autant plus que tous les francophones qui viennet en Belgique ne sont pas belges, il y a des français : il suffit de voir que Lille est à la frontière avec la Flandre). Bref, on voit bien qu'il y a une dynamique naturelle déséquilibrée en faveur du français et c'est justement à cause de leur conscience de cette situation que des néerlandais veulent agir au plus vite : sécession de la Flandre ou bien légifération draconienne pour empêcher l'usage du français au maximum.

 

Conclusion

 

C'est évidemment une situation très complexe et sensible et qui peut sembler quelque part injuste pour les néerlandophones. Evidemment, en tant que français, je suis toujours content de voir que le français est adopté par plus de gens, c'est toujours "flatteur" quelque part, et vu de l'extérieur, on aurait envie de dire : mais laissez les gens parler la langue qu'ils veulent. Le problème pour les néerlandophones, c'est que cette logique a jusqu'à maintenant toujours favorisé le français. Il revient donc à tous ces gens de trouver une sortie de crise : divorce à l'amiable (dans quelles conditions ?), compromis linguistique, nouvelle frontière linguistique (je n'y crois pas, les néerlandophones ne voudront pas acter la présence des francophones autour de Bruxelles) ou autre. Souhaitons-leur sincèrement bon courage.

 

Pour continuer à s'informer :

http://www.francesoir.fr/en/node/46421 (article du 5 mai 2010) (exploration sur place de la situation)

http://www.lefigaro.fr/international/2009/01/21/01003-20090121ARTFIG00479-la-france-doit-elle-annexer-la-wallonie-.php (article du 27 janvier 2009) (sur un possible rattachement à la France)

 

Vous pouvez également retrouver mon article plus récent sur le même sujet en cliquant ici.

Pour avoir un éclairage historique, je vous renvoie vers cet article : http://www.aquadesign.be/actu/article-11889.php

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16 avril 2010 5 16 /04 /avril /2010 14:59

J'ai eu une discussion avec un ami dernièrement sur le français et la francophonie et cet ami me disait que maintenant tous les nouveaux groupes français chantent en anglais, notamment parce qu'ils préfèrent cette langue. Pour moi c'est assez difficile de le contester vu qu'il travaille dans le domaine de la culture et qu'il est calé au niveau musique, tandis que ma connaissance est assez limitée. J'ai quand même essayé de mener une réflexion là-dessus pour m'expliquer ce phénomène si tant est qu'il y ait un phénomène.

 

Bilan personnel

 

J'ai fait le bilan au vu de ces remarques sur les CD que j'ai chez moi et sur ce que j'entend quand je suis au supermarché ou des fois en voiture.

Au final, j'ai des CD d'un certain nombre de groupes qui chantent en anglais : manic street preachers, eric clapton, Keren Ann (certains CD sont en anglais), Moby, les Guns'n'Roses, Mike Oldfield notamment. Ceci dit, je ne regrette pas du tout ces choix, je les aime beaucoup. Ca c'est les groupes assez connus, mais dans ceux que j'ai énormément écouté : Chicane, Delerium, Bob Dylan, David Gray, Afro Celt Sound System.

Au niveau des groupes français : les Têtes Raides, Bénabar, Alain Bashung, Louise Attaque, Yann Tiersen, Debout sur le Zinc.

Sans compter un petit nombre de CD de jazz, Clannad, et deux trois autres CD inclassables.

Au final, c'est un ensemble plutôt éclectique, avec une prédominance de groupes anglais.

Par contre, je me rend compte qu'à présent, j'apprécie plus les groupes ou chanteurs français : dernièrement j'ai acheté un CD de Mathieu Boogaerts, un de Pep's, un de Vincent Delerm (avant je n'aimais pas, mais j'ai envie de découvrir).

Ceci dit, les achats de CD ne recouvrent pas forcément ce que l'on aime le plus. Je n'ai aucun CD avec une chanson italienne, pourtant les chanteurs suivants font parti de ceux qui ont suscité chez moi le plus d'émotion : Umberto Tozzi, Toto Cutugno, Al Bano (Felicitta), Ricchi e Poveri, Paolo Conte notamment. Quelle classe !

Sinon : le Sud de Nino Ferrer, Bohemian Rhapsody de Queen, La Montagne de Jean Ferrat. Que de souvenirs incroyables.

 

Industrie musicale

 

L'industrie musicale produit quand même beaucoup de choses et on en trouve pour tous les goûts.

J'ai une impression, c'est que ceux qui écoutent en connaisseur et qui jouent de la musique le font souvent en anglais. Comme si une compétition se faisait pour faire le meilleur CD et qu'il y avait une norme de comparaison : morceaux de 3'30 min, des textes en anglais, des influences revendiquées de grands groupes, une pochette où l'on voit un groupe avec 3 ou 4 personnes (selon le groupe) qui regardent dans des sens différents, des expérimentations musicales, une attitude et une envie d'impressionner.

C'est un peu comme la chanson française : difficile de qualifier de chanson française quelque chose qui se fait dans une autre langue, et bien là, j'ai l'impression qu'il y a une catégorie musicale indéfinie (souvent un peu rock) avec des textes en anglais. J'ai l'impression que c'est souvent une histoire de "niche", c'est-à-dire qu'il y a un créneau à prendre, celui du groupe le plus mégalo (Oasis à l'époque), celui du groupe au chanteur le plus androgyne (Placebo il y a quelques années), celui du groupe à minette, etc...

Je trouve que cela fait un peu trop professionnel et que cela laisse trop peu de place à la vie : on occupe une niche et on essaie d'être les meilleurs dedans. En un mot, je trouve cela un peu artificiel et sans âme.

 

Chanter en anglais ?

 

Si l'on regarde la programmation des radios, bien souvent, on voit le nombre de groupes anglophones mis en avant : rien que là, je regarde Virgin Radio et je vois : Revolver, U2, Muse, Blur, Robert Francis (que je ne connais pas). Ceci dit, c'est peut-être la programmation mais ce n'est pas pour autant que j'écouterai un seul de ces CD si on me l'offrait (à part Muse). C'est souvent par hasard que j'en achète un ou parce que l'on me fait découvrir un groupe qui me touche. Des groupes anglais qui chantent anglais, il y en a un certain nombre que j'aime bien. Des groupes français qui chantent en anglais, je sais qu'il y en a beaucoup (c'est ce que l'on m'a dit), mais je suis incapable d'en citer, à part les Daft Punk et Air (chansons à texte!). Si l'on a rien à dire en français, je ne vois pas ce que l'on aura à dire en anglais en plus. Cela doit se passer à un autre niveau. Pour moi, tous ces groupes français qui chantent en anglais, c'est en partie parce qu'il existe de grands groupes anglais qui les ont influencé, parfois parce qu'ils aiment bien la sonorité de cette langue, mais aussi je me demande si le fait que le marché anglophone soit plus vaste ne compte pas. Pas seulement pour une histoire d'argent mais aussi pour toucher plus de monde. Ici, ce qui compte, c'est le fait d'être "reconnu", un peu comme une quête d'amour. Je ne remets pas en cause la qualité artistique de ces groupes (que par ailleurs je ne connais pas mais dont on me parle), j'interroge seulement sur les motivations du choix de la langue. Des anglais ou des américains qui adorent le français, il y en a plein, mais je n'en connais pas des masses qui chantent dans notre langue (Les Big soul avaient essayé un titre pour passer dans les quotas mais sinon ?).

Petite anecdote : lors d'un séjour en Pologne, j'ai été surpris d'entendre des chansons françaises sur une sorte d'NRJ locale ; malheureusement, à part Kate Ryan, je ne connaissais pas ou n'ai pas retenu le nom de ces chanteurs mais j'avoue que j'ai été surpris, autant que quand j'ai entendu "Joe le Taxi" en Irlande lors de mon premier séjour en 1990. On n'imagine pas que des chansons françaises puissent passer à l'étranger tellement on est habitué à ce que les seules chansons étrangères chez nous soient en anglais.

 

Parler dans une autre langue pour trouver une liberté

 

Donc, au-dela de la langue, c'est à mon avis plus le mode de vie associé à cette langue qui doit primer : beaucoup d'énergie pour les américains, une attitude pour les anglais. Le choix de chanter en anglais pour les français affecte (je pense) plus les groupes débutants que les groupes confirmés. Ma théorie, c'est qu'au départ, on veut toucher large et qu'une fois que l'on a capté l'attention, on se recentre vers sa langue pour attirer les gens vers une intimité plus marquée. Ainsi cette anecdote sur Jack Kerouac, de parents francophones québecois mais qui vivait aux Etats-Unis, qui a écrit son "On the Road" et autres romans en anglais et qui sur la fin de sa vie préparait un roman en français. Rien à voir : David Haliday qui chantait en anglais à ses débuts et chante maintenant entièrement en français.

 

Inversement : Tahar Ben Jelloun qui écrit en français ; des personnes lui ont demandé pourquoi il n'écrivait pas en arabe et lui de se dire qu'en fait, ces personnes lui demandaient d'écrire en arabe pour qu'il se taise. Pour lui, écrire en arabe impliquerait de devoir tenir compte de certains tabous propres à son pays et cela étoufferait donc sa parole. Je pense qu'il y a un peu de cela pour les artistes français qui veulent chanter en anglais : certains doivent se sentir plus libres lorsqu'ils le font. Peut-être se sentent-ils plus oppressés par la langue de leurs parents et de leur pays et se sentent-ils plus libres dans une autre langue.

Une anecdote historique pour illustrer mon propos : au XVIIIe siècle, la France était l'alliée de l'Espagne, notamment à cause de la religion catholique qu'ils avaient en commun. Ceci dit, les élites françaises se tournaient davantage vers les Pays-Bas, la Prusse et l'Angleterre qui semblaient offrir une liberté de ton et intellectuelle plus grande. Les intellectuels de l'époque contestaient les choix politiques extérieurs de la France (les guerres) qui allaient à contre-courant des sympathies naturelles. Aujourd'hui, les Etats-Unis représentent un grand pays de liberté qui fascine, ils sont un peu notre ailleurs idéalisé dans certains aspects. Inversement, la France est aussi cet ailleurs pour d'autres comme Milan Kundera (qui écrit maintenant en français, sans doute pour ces raisons de liberté de ton j'imagine) et certains réfugiés politiques.

Aussi je ne m'inquiète pas vraiment de tous ces groupes français qui chantent en anglais. Commencer par là, je crois que cela est évident et naturel pour un certain nombre, mais au bout d'un moment, on a envie de ramener "chez soi" et de partager les trésors que l'on a découvert ailleurs.

 

Y a-t-il des groupes français ?

 

Quand on me demande de citer des groupes français dont on entend parler, c'est vrai que je n'ai pas trop d'idées (surtout que je n'écoute plus vraiment la radio), et un ou deux noms me viennent mais cela s'arrête vite. Quand j'en entend à la radio cependant, je suis toujours surpris lorsque je me rends compte de tous ces groupes et chanteurs que je connais et finalement il y a quand même une assez grande diversité. Totalement dans le désordre, en regardant mes téléchargements des deux dernières années notamment :

Ours, Indochine, Pep's, BB Brunes, Vanessa Paradis, Coeur de Pirate, Tété, William Baldé, Renan Luce, Bénabar, Raphaël, Bazbaz, Superbus, Jean-Louis Aubert, Benjamin Biolay, NZH, Gaëtan Roussel et Louise Attaque, Guillaume Cantillon et Kaolin, Kate Ryan, DJ Oriska, M, Tryo, Sinsemilla, Camelia Jordana, Stromae.

Il y a aussi tous ces grands qui sortent des albums, les vendent mais ne font pas de bruit et qui sont pourtant toujours actifs : Renaud, Alain Souchon, Eddy Mitchell, Mauranne et sans doute d'autres dont je n'entends pas parler.

 

Si cet article vous a intéressé, vous pouvez voir aussi celui-ci

 

Dans un autre article, je développe l'idée qu'une identité musicale métisse / francophone / créole est en train de naître avec quelques clips à découvrir ou à revoir pour ceux qui connaissent déjà.

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3 avril 2010 6 03 /04 /avril /2010 18:54

Vous avez entendu l'histoire de l'américain qui habite le Kentucky et décide de ne parler à son fils qu'en français alors qu'il n'a aucune origine francophone ?

Et bien ce n'est pas une histoire inventée, c'est celle bien réelle de Mr James Natsis qui m'a envoyé ce lien vers un article décrivant son histoire atypique. Vous pouvez découvrir cette histoire sur le lien suivant :

 

http://www.france-amerique.com/articles/2009/03/19/un-pere-americain-et-son-fils-unis-par-le-francais.html

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Published by Marc Bf
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2 avril 2010 5 02 /04 /avril /2010 17:45

Le figaro publie un article sur la future création d'une version en français de la célèbre chaîne du Moyen-Orient ; je me devais de relayer cette information.

 

A découvrir sur :

http://blog.lefigaro.fr/malbrunot/2010/03/bientot-al-jazeera-en-francais.html

http://www.lexpressiondz.com/chron/2010-03-28/3/3161.html

 

D'autres informations en date du 3 Juin : 

http://blog.lefigaro.fr/malbrunot/2010/06/une-radio-en-francais-au-qatar.html

 

Pour signer une pétition réclamant Al Djazeera en français :

http://www.lapetition.be/en-ligne/al-jazeera-en-francais-3694.html

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2 avril 2010 5 02 /04 /avril /2010 16:36

 

Différence entre l'Écosse et le Pays de Galles

 

Au Pays de Galles, une certaine minorité, environ 20% de la population, parle une langue qui existait avant l'arrivée de l'anglais : le gallois. C'est une grande source d'étonnement et d'admiration pour qui connaît l'histoire des langues. En effet, le Pays de Galles a été soumis militairement et définitivement par les anglo-normands en 1282. L'union avec la Grande-Bretagne se fit officiellement en 1536, ce qui veut dire que plus de 700 ans d'occupation du Pays de Galles ne sont pas encore venus à bout de cette langue et de sa culture. A titre de comparaison, en Écosse, c'est le roi Jacques VI (James VI) qui devient Jacques Ier d'Angleterre. Il y avait bien eu des guerres et des essais d'invasion au Moyen-Age, mais qui de durèrent pas. L'Écosse n'a donc pas été envahie mais s'est unie à l'Angleterre par le traité d'Union de 1706. Pourtant en 2001, un recensement établissait à environ 1% (60 000) le nombre de locuteurs du gaélique écossais. Ce déclin linguistique ne s'est cependant pas effectué seulement sur les 300 dernières années mais avait commencé bien avant, dès le moyen-âge.

On peut se demander ce qui fait qu'une langue en contact avec une autre recule ou résiste. A la lecture de différents articles sur la wikipedia, j'ai plusieurs hypothèses pour expliquer cela.

 

Suite de l'article en cliquant ici.

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31 mars 2010 3 31 /03 /mars /2010 15:30

Qu'est-ce que le Vade-mecum, pourquoi est-il important ?

 

Connaissez-vous le vade-mecum relatif à l'usage du français dans les organisations internationales ? C'est un document tout récent, signé en Septembre 2006 et il est important à plusieurs niveaux :

- tout d'abord, c'est un document qui a été signé par des représentants (ministres, souvent) des pays membres, associés ou observateurs de l'OIF. Il a donc une réalité officielle et s'applique pour ces pays.

- ensuite, il réunit des principes qui fixent une sorte de politique de l'usage du français au niveau des relations internationales. Il donne donc une orientation claire.

 

Or, que dit ce document (que j'ai lu pour vous) : qu'il faut promouvoir l'usage du français dans les organisations internationales.

 

Vient en 2008 la parution d'un document de suivi de ce vade-mecum pour faire le bilan au bout de deux ans.

Chacun sait en effet que l'usage du français régresse dans ces organisations, en tout cas surtout au sein de l'Europe où l'usage du français a chuté, et ce document le confirme :

- concernant les documents sources traduits (c'est-à-dire les documents de travail que l'on remet à la traduction), il est passé de plus de 55 % à environ 20 % entre 1986 et 2006.

- l'utilisation des langues à l'écrit (je ne sais pas exactement quels documents cela concerne) a également chuté de 39 % en 1996 à 14 % en 2007.

 

Le vade-mecum a été un document important en ceci qu'il permet d'avoir quelque chose sur quoi on peut travailler. Les ministres se sont mis d'accord et ce document a été rédigé. On sait donc qui est prêt à oeuvrer pour la promotion du français et quels sont les objectifs que l'on souhaite se fixer.

 

Le bilan a permis de se rendre compte de plusieurs choses : de la dynamique défavorable pour le français mais aussi du fait que beaucoup de fonctionnaires des pays signataires ne connaissent pas l'existence de ce document. Le bilan est également très utile en ce qu'il permet de mesurer l'évolution, chiffres à l'appui, des succès de la promotion du français. On peut donc faire des constats sans travailler dans le vide.

 

On a quelques bonnes surprises également de pays qui travaillent entièrement en français dans les organisations internationales : France, bien sûr, mais aussi Bénin, Togo, Burkina Faso, Monaco, Sénégal, Niger, Congo, République Démocratique du Congo, Côte d'Ivoire, Gabon, Guinée, Mali. Tous ces pays ont comme langue officielle le français.

 

Mais d'autres pays qui ont une autre langue officielle à côté du français s'expriment aussi uniquement en français dans les organisations internationales :

Burundi, Centrafrique, Haïti, Luxembourg, Suisse Tchad et Cameroun.

 

Il existe aussi d'autres pays qui utilisent le français à côté d'autres langues ou qui l'utilisent ponctuellement.

 

Ce qui est intéressant avec cette évaluation, c'est que cela concerne un usage bien visible du français, celui des grandes organisations. Cela a donc une importance symbolique forte.

 

D'autres pays qui ont signé ce vade-mecum ont utilisé d'autres langues, souvent l'anglais, mais parfois l'arabe ou l'espagnol. Cela veut dire qu'il y a encore des marges de progression de l'usage du français, parfois entravées par le manque de formation dans notre langue des fonctionnaires. Il existe à ce sujet un fond de soutien pour l'apprentissage du français pour les fonctionnaires qui travaillent à l'Europe ou à l'ONU.

 

Le français et l'anglais en Europe

 

Une question peut nous interpeller : mais pourquoi le français occupe-t-il une place si peu importante par rapport à l'anglais en Europe ?

Au fond, ce constat doît être inversé car le français occupe une place quasi légitime : celle de la langue de la France, de la Belgique et de la Suisse. Parfois, surtout à l'écrit (car les langues nationales prédominent sinon souvent) de la Roumanie, de la Slovquie, de la Grèce, de la Macédoine et de la Serbie et un peu de l'Italie lorsque celle-ci ne s'exprime pas en italien (ni en anglais)). C'est plutôt le succès de l'anglais qui est révélateur : celui d'une absence de volonté linguistique de représentation. Car quels pays parlent anglais : ce sont surtout les pays scandinaves et ceux d'Europe de l'Est (Autriche, Allemagne parfois (!!), république Tchèque). Comment cela se fait-il que l'anglais soit parlé par les fonctionnaires de langue allemande alors que l'allemand est la première langue d'Europe et aussi l'une des langues de travail de l'Europe (contrairement à l'Italien, alors que j'y serais pourtant favorable) ?

Le succès de l'anglais est donc plutôt le fait d'une langue qui s'impose par défaut en Europe de l'Est, par choix dans les pays scandinaves, et qui recouvre une absence de volonté linguistique.

 

Et les autres langues ?

 

Si l'on n'entend pas parler de l'Espagne alors que sa langue aurait pourtant une certaine légitimité à être représentée de par le nombre de locuteurs de l'Espagnol, la situation bouge un peu en Italie et en Allemagne ; du moins assiste-t-on à une prise de conscience.

Je me rappelle d'un journaliste anglais qui posait une question à un représentant politique allemand en anglais, et lui de répondre en allemand. Le journaliste anglais lui demande pourquoi il ne répond pas en anglais alors qu'il parle cette langue ; réponse de l'intéressé : on est en Allemagne, je ne vois pas pourquoi je devrais parler anglais. (ce serait plutôt au journaliste d'apprendre l'allemand, non?)

Bon, c'est anecdotique (même si c'est révélateur) mais plus sérieusement, on peut noter que l'Italie a fait une demande pour pouvoir déposer des brevets en Italien car elle est parmi les plus grands déposants de brevets du monde. Silvio Berlusconi s'est aussi interrogé sur l'utilité des 'langues de travail' de l'uinion européenne, estimant que cela établissait une hiérarchie des langues.

Concernant l'Allemagne (qui chante en anglais à l'eurovision, n'ont-ils aucune dignité, surtout vu le dernier eurovision, j'ai eu honte pour eux avec leur clip à esthétique à moitié sado-maso avec des paroles niaises, mais bon, ce n'est pas tout à fait le sujet), je ne sais plus où j'ai lu que Merkel ou le gouvernement s'interrogeait sur le tout-anglais. Il serait peut-être temps qu'ils reprennent confiance en eux car si les allemands ne défendent pas leur langue, on voit mal comment des pays plus petits oseront défendre la leur.

 

Bilan général

 

Au fond, on s'alarme parfois de la place du français dans le monde et on s'étonne de la prédominance de l'anglais. Il n'y a pas lieu à être surpris du premier. Le français est certes en régression au sein de l'ONU et de l'Europe (pour l'instant) mais il y est toujours présent de façon significative, même s'il existe des marges de progression.

L'anglais est la langue par défaut. Ceux qui ne sont pas membres de la francophonie et qui ne sont pas des pays anglophones choisiront presque systématiquement l'anglais. Cependant, la francophonie continue à exercer une certaine attraction et des pays d'Europe de l'Est et du Caucase montrent un certain intérêt. Les marges de progression sont donc surtout dans l'approfondissement de le francophonie, c'est-à-dire dans la promotion d'un usage plus grand du français par ses membres.

A mon avis, la situation de l'anglais reste telle quelle lorsqu'il n'y a que le choix entre le français et l'anglais. Il existe des petites marges de progression du français mais surtout des grosses marges de régression de l'anglais dans la mesure où certains pays qui ont adopté l'anglais au sein des institutions souhaiteront davantage utiliser leur langue nationale (espagnol pour les pays d'Amérique du Sud), cantonais (Chine), portugais (Brésil, Mozambique, Angola, Portugal), arabe...

Il ne faut donc pas s'inquiéter de l'usage de l'anglais mais plutôt se concentrer sur le bon usage de notre langue,  s'assurer que l'on forme des traducteurs vers notre langue, que ceux-ci sont systématiquement disponibles, et que l'on traduit ou exige la traduction des documents de travail dans ces organisations.

 

Rajout du 14 juin 2012 : un livre revient sur le vade mecum, disponible en pdf : http://www.francophonie.org/Un-guide-pratique-pour-renforcer-l.html

 

Sources :

 

http://www.francophonie.org/IMG/pdf/Vade-mecum_Fcs_vie_intnale_2006.pdf

http://www.francophonie.org/IMG/pdf/Suivi-Vademecum_2008-3.pdf

 

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28 mars 2010 7 28 /03 /mars /2010 16:00

Voici ci-dessous le discours de Mr Nicolas Sarkozy au Palais de l'Elysée le Samedi 20 Mars 2010 :

http://www.francophonie.org/IMG/pdf/10-03-20JourneeinternationaledelaFrancophonie.pdf


Ce discours n'a pas été assez relayé à mon goût, aussi je me permets de faire quelques remarques synthétiques (puisqu'aucun journaliste ne le fera !), de façon non exhausitve :

- le discours de Nicolas Sarkozy est un discours qui peint une francophonie décomplexée. Ceci est permis par le fait qu'il n'oppose pas anglophonie et francophonie, que la force de l'un n'est pas la force de l'autre et qu'un état des lieux chiffré permet de se rendre compte que le français n'a pas à rougir de sa force.

- Nicolas Sarkozy, que je soupçonne d'avoir lu mon blog (je plaisante, bien sûr, mais quand même !), souligne ce que je me tue à dire : nous, en France, sommes les derniers au courant de notre force, et c'est peut-être pourquoi nous ne la défendons pas :


"Nous vivons, au fond -en préparant cette réunion, je me faisais cette remarque- nous vivons un étrange paradoxe. Aujourd’hui, un pays membre de l’ONU sur 3 est membre ou observateur de l’OIF. Il y a 200 millions de Francophones qui s’expriment dans notre langue sur tous les continents, et contrairement à ce que j’entends dire, ce nombre ne cesse de s’accroître. Il y a 900.000 professeurs de français qui enseignent chaque année notre langue commune, dans le monde à plus de 50 millions d’élèves. Et si la faiblesse de la Francophonie, c’était qu’elle est la seule à ignorer sa force ? Une espèce de complexe tout à fait hors de situation, hors des réalités, qui fait qu’on est toujours prêts à s’excuser, alors que c’est un succès."

 

... la suite ici

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26 mars 2010 5 26 /03 /mars /2010 10:28

Le français est tombé au plus bas dans les représentations internationales (européennes, mondiales), il a subit un mouvement silencieux mais inexorable de mise en silence. C'est un peu comme ces parents qui n'osent plus parler leur langue à leurs enfants par "honte" face à une langue "supérieure". C'est plutôt le contraire, dans le contexte du français, qui est une honte : ne pas oser parler sa propre langue, le français, tellement on a intériorisé "qu'il" fallait parler anglais. Au nom de quoi, au nom de qui ? Ce n'est pas à nous de répondre dans la mesure où le droit est de notre côté : utilisons le français là où il est langue officielle. Interpellons les personnes qui nous incitent à nous exprimer en anglais quand nous pouvons nous exprimer en français.

jp
A ce propos, saviez-vous que Mr Jean-Pierre Raffarin joue maintenant un rôle dans la promotion du français ? Il est le représentant personnel du président auprès du conseil permanent de la francophonie. Fonction un peu vague de par son nom, son rôle est en fait celui de représentant / défenseur de la francophonie. Enfin !! Il était temps qu'une personne soit chargée d'interpeller les personnalités face à leur usage des langues.
De parfaits francophones à des fonctions prestigieuses parlent en anglais "pour faire comme tout le monde", pour suivre un mouvement enclenché depuis... on ne sait plus quand : Mrs Jean-Claude Trichet, José-Manuel Barroso, Dominique Strauss-Kahn... Il y aurait une sorte de pression à parler anglais (par qui ?).  Pourtant rien ne les y oblige puisque le français est une langue de travail de l'ONU, de l'Europe, du FMI, etc... Bref, en parlant français, on peut travailler dans toutes les organisations internationales. Mais un droit ne s'use que si on ne s'en sert pas et Jean-Pierre Raffarin a été là pour le rappeler et pour interpeller ces personnes qui choisissent l'anglais au détriment du français qu'ils maîtrisent parfaitement. A quoi cela sert-il de négocier et d'obtenir d'avoir des francophones à ces postes s'ils n'utilisent pas le français ?
Ci-dessous, vous pouvez retrouver une petite admonestation que JP Raffarin a fait à Mr José Manuel Barroso sur les célèbres "remous". Souhaitons-lui bonne chance et bonne continuation dans son patient et long travail.

http://www.francophonie-avenir.com/Index_AK_Raffarin,_francophone_intransigeant.htm

http://www.francophonie-avenir.com/Index_Coli_Raffarin_plaide_pour_davantage_de_francais_dans_l'UE.htm

Ici, vous pouvez trouver un entretien qu'a accordé Jean-Pierre Raffarin à Jeune Afrique concernant son rôle.

Ici, vous trouverez la tribune qu'a écrit Jean-Pierre Raffarin dans le Figaro à son retour du sommet de la Francophonie de Montreux, avec quelques initiatives intéressantes.

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26 mars 2010 5 26 /03 /mars /2010 09:57

Le créateur de ce festival, Jean-Louis Foulquier, avait été étonné, lors d'un séjour au Canada du succès des "francofêtes", festival réunissant des chanteurs d'expression française. Séduit par le concept, il s'est dit que cela pourrait marcher en France ! Pari réussi !
Le festival se déroule sur un peu moins d'une semaine début Juillet, propose plus d'une centaine de concerts et réunit chaque année plusieurs dizaines de milliers de personnes autour de têtes d'affiches et de groupes moins connus.
En 2010, Jacques Dutronc et Alain Souchon seront là pour représenter une génération qui a fait ses preuves, mais on trouvera également Gaëtan Roussel (Louise Attaque), Coeur de Pirate, la chanteuse venue tout droit du Québec, M, Emilie Simon, Saez, les BB Brunes, Dominique A et d'autres groupes que je connais un peu moins. Bref, une belle programmation à découvrir !

franco
Les francofolies

JL
Jean-Louis Foulquier, le créateur des francofolies (2e à partir de la gauche)

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26 mars 2010 5 26 /03 /mars /2010 09:48

La région du Perche (aux confins de l'Orne, à l'Est, en allant vers Dreux ou Chartres) a une importance toute particulière pour les canadiens francophones puisque cette région a fourni l'essentiel des premiers émigrants du Canada. Un bourg en particulier a été d'une très grande importance à cause d'un certain Robert Giffard, médecin apothicaire  né près de Tourouvre (de nos jours situé dans le département de l'Orne), et des frères Juchereau, riches négociants de la région du Perche. C'est sous leur impulsion que de nombreuses personnes de la région de Tourouvre et d'autres communes du Perche sont partis s'établir dans le Nouveau Monde et certains historiens avancent le fait que la plupart des francophones du Canada ont parmie leurs ancêtres ces premiers immigrants.

«Si l’apport du Perche au peuplement du Canada — environ 5% des migrants français — peut paraître modeste, il faut souligner que l’émigration percheronne, la plus ancienne, se caractérise par une remarquable prolificité…»
écrit Françoise Montagne. ... la suite ici

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