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26 avril 2010 1 26 /04 /avril /2010 19:05

Vous avez sans doute entendu parler dernièrement de l'agitation qui secoue la Belgique à propos de querelles linguistiques. C'est un sujet que j'essaie de suivre de près et je vais donc tenter de vous faire un petit topo de ce que je pense avoir compris, car la situation est toujours plus complexe que ce que l'on en voit.

 

En ce moment, dans l'arrondissement de Bruxelles, (arrondissement de Bruxelles Hal Vilvoorde), les flamands sont en train de se battre pour soit empêcher les francophones de pouvoir s'installer dans des communes flamandes, ou pour que tous les services communaux et commerces soient en néerlandais afin de forcer les francophones à apprendre le néerlandais, bref, ils font tout pour que les francophones ne viennent pas chez eux.

 

Historique

 

Historiquement, la Belgique est un pays de création assez récente, créé en 1830. Il y a toujours eu une minorité francophone, les wallons, mais les pays européens ont tout fait pour que ceux-ci ne rejoignent pas la France, car la France était le pays dominant de l'époque et les autres pays européens craignaient de voir la France s'aggrandir encore.

 

Lors d'un congrès en 1830, la Belgique a été créée un peu comme un état tampon et rassemblait les catholiques tandis que la  Hollande rassemblait les protestants. Sauf que parmi les catholiques, certains parlaient français (en Wallonie), d'autres néerlandais (en Flandre). Au sein d'un même pays coexistaient donc deux "peuples" ou disons deux communautés linguistiques différentes. A l'époque, Bruxelles était une ville en territoire flamand (elle l'est toujours) et les gens y parlaient à majorité néerlandais. Mais une dynamique était à l'oeuvre en faveur du français pour plusieurs raisons je pense.

D'abord le français était la langue des élites, aussi bien wallones que flamandes. Le néerlandais était une langue beaucoup moins prestigieuse, et les élites flamandes l'utilisaient de moins en moins. Ensuite, la région wallone (apparement) était plus prospère que la région flamande. Enfin, le roi des belges était francophone.

 

Ces facteurs contribuaient à faire évoluer la "frontière linguistique". Le flamand a un peu reculé vers le Nord mais c'est surtout à Bruxelles que celui-ci a complètement reculé. Actuellement, on estime grosso modo que seuls 10% des bruxellois ont le néerlandais comme langue maternelle, 80% le français et le reste d'autres langues. Il y a 180 ans, c'était plutôt le contraire.

 

Cette propagation du français a inquiété les flamands lors de la seconde moitié du XXe siècle et cela a abouti à ce que soit établi une frontière linguistique qui se veut intangible. Le pays a été en quelque sorte divisé en sphères linguistiques ; une zone néerlandophone (la Flandre), une zone fracophone (la Wallonie) et une zone bilingue (Bruxelles) située à l'intérieur de la Flandre (d'où les problèmes actuels, voir plus bas). Il existe aussi une petite enclave germanophone à l'est.

 

Le problème de Bruxelles

 

Cela a donc arrêté la propation du français sauf à un endroit : Bruxelles. Le problème actuel (pour les flamands) est ce que les flamands appellent "la tâche d'huile" : les flamands ont peur que l'influence de Bruxelles répande le français autour de Bruxelles, au-dela des frontières linguistiques tracées dans les années 1960. Et c'est un peu ce qu'il se passe à cause de la périurbanisation ; de nombreux bruxellois francophones s'installent ou souhaitent s'installer dans la périphérie de Bruxelles, dans des communes de la zone linguistique flamande et certaines de ces communes sont des zones de facilité, c'est-à-dire que dans leur statut, elles peuvent donner le droit au francophone à certains avantages tel que recevoir des documents administratifs dans leur langue.

 

Certaines communes de la périphérie bruxelloises sont donc devenues à majorité francophone mais on assiste à des scènes irréelles : les francophones ne peuvent pas obtenir de documents en français ou le maire francophone d'une commune de la partie flamande doit s'exprimer en néerlandais à des francophones. Bref, les francophones voudraient pouvoir utiliser la langue qu'ils veulent sauf que les flamands font valoir que d'après les frontières de 1960, la vie doit se faire en néerlandais.

 

Ce qu'il faut bien comprendre, c'est que ce n'est pas seulement une histoire d'hostilité linguistique (on veut vous empêcher d'utiliser le français) mais les conséquences d'une crainte que les néerlandais pressentent : s'ils ne font rien, l'arrondissement autour de Bruxelles va devenir francophone car c'est l'évolution naturelle. Certains partis et personnalités flamands font donc tout pour légiférer et empêcher la vie en français dans ces communes car la légifération est leur dernier recours (ce n'est pas eux qui le disent, c'est une analyse qui n'engage que moi).

D'autres veulent faire sauter la Belgique avant que le français ne se répande davantage autour de Bruxelles ainsi ils pensent pouvoir davantage protéger leur langue. Il est clair que si cette analyse est exacte, les francophones, dans un rapport de force, n'ont rien à craindre du statut quo car le rapport de force, sans intervention politique, évolue en leur faveur autour de Bruxelles. C'est la crainte des néerlandophones de voir que beaucoup de néerlandophones apprennent le français mais que peu de francophones apprennent le néerlandais (d'autant plus que tous les francophones qui viennet en Belgique ne sont pas belges, il y a des français : il suffit de voir que Lille est à la frontière avec la Flandre). Bref, on voit bien qu'il y a une dynamique naturelle déséquilibrée en faveur du français et c'est justement à cause de leur conscience de cette situation que des néerlandais veulent agir au plus vite : sécession de la Flandre ou bien légifération draconienne pour empêcher l'usage du français au maximum.

 

Conclusion

 

C'est évidemment une situation très complexe et sensible et qui peut sembler quelque part injuste pour les néerlandophones. Evidemment, en tant que français, je suis toujours content de voir que le français est adopté par plus de gens, c'est toujours "flatteur" quelque part, et vu de l'extérieur, on aurait envie de dire : mais laissez les gens parler la langue qu'ils veulent. Le problème pour les néerlandophones, c'est que cette logique a jusqu'à maintenant toujours favorisé le français. Il revient donc à tous ces gens de trouver une sortie de crise : divorce à l'amiable (dans quelles conditions ?), compromis linguistique, nouvelle frontière linguistique (je n'y crois pas, les néerlandophones ne voudront pas acter la présence des francophones autour de Bruxelles) ou autre. Souhaitons-leur sincèrement bon courage.

 

Pour continuer à s'informer :

http://www.francesoir.fr/en/node/46421 (article du 5 mai 2010) (exploration sur place de la situation)

http://www.lefigaro.fr/international/2009/01/21/01003-20090121ARTFIG00479-la-france-doit-elle-annexer-la-wallonie-.php (article du 27 janvier 2009) (sur un possible rattachement à la France)

 

Vous pouvez également retrouver mon article plus récent sur le même sujet en cliquant ici.

Pour avoir un éclairage historique, je vous renvoie vers cet article : http://www.aquadesign.be/actu/article-11889.php

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commentaires

Une fois 16/07/2012 12:25


Je pense que vous dites: "23 millins de locuteurs dans le monde", vous voulez parler du néerlandais.


Le flamand quand à lui ne peut-être parlé par 23 millins de personne, vu que la population en Belgique est plus ou moins égale à la moitié de ce nombre et que sur cette moitié tous ne parlent pas
le flamand. 


Bien sur que le flamand est une belle langue, je rappel que je suis à moitié flamand et bilingue de fait, mais il n'empêche que beaucoup d'élève rechigne à l'apprendre à l'école alors qu'il
préfère apprendre l'espagnol ou l'anglais. 


Leurs deuxième argument est que le flamand ne leurs est pas utile, en étant adulte ils seront bien content de l'avoir appris, mais enfant ou ados, c'est rare que ce soit leurs sujet de
prédilection. 


Les seuls francophonnes que je connais dans mon entourage qui sont heureux de l'apprendre sont ceux qui sont immergés dans une école flamandes car ils ont des amis et une vie sociale qui tourne
autour de cette langue et donc se rendent compte tout de suite de son utilité.


Pourquoi les jeunes flamands réchignent moins à apprendre le français alors que les jeunes francophonnes ont plus de mal?


Historiquement le français était la langue noble, donc à l'époque quelqu'un d'instruit parlait cette langue, alors que le flamand était consideré comme la langue des paysans. Je ne défend pas
l'idée mais c'était comme ça. Il y a eu Henri Conscience et ses consors pour défendre l'idée que le flamand aussi était une langue de littérature et de subtilité, mais avant ça, les flamands
bourgeois eux même consideraient cette langue comme "sâle".


Est-ce que les francophonnes sont moins aptes à apprendre une langue que les flamands? 


Bien sur que non, ils sont moins motivés à apprendre le flamand, jusqu'à ce qu'il le soit... Vivre à Bruxelles et travailler à Bruxelles vous demande de plus en plus d'être billingue, même
trillingue (Anglais). 


Ensuite la légende selon laquelle le flamand parle mieux le français que le francophonne ne parlent le flamand me fait hérisser les poils de bras!


En flandre, beuacoups de flamands ne parlent pas un mot de français, en Wallonie beaucoups de commerces tenu par des flamands, ne sont pas billingues. 


Pres de Malmedy il existe des villages avec beaucoups de résidences secondaires appartenant à des flamands et les annonces de ventes ou de locations sont uniquemment en néerlandais! 


Beaucoups d'activités tel que randonnées en vtt, canyoning, ect... sont tenu par des flamands qui ne pourrait pas faire ces activités en flandre car la morphologie de la région ne le permet
pas! 


Les flamands et les francophonnes qui ne trouvent pas leurs ententes sur certains sujets, sont pris par leurs revendications et leurs défauts.


Oui la Flandre et le flamand ont besoin de reconnaissance, de moins en moins mais ils en ont besoin encore, spécialement quand ilq viennent dans un hopital Bruxellois et que personne ne parle le
flamand! 


Mais stop aux amalgames, en Wallonie, comme je l'ai cité plus haut, certains camping ou autres activités touristiques ne sont absolument pas billingues!!! 


Et le flamand n'est pas qu'un gros facho qui aime la Flandre plus ses propres enfants! 


Mais à force de se battre pour sa reconnaissance et pour les valeurs de sa culture, à quel moment sait-on quand on franchis la limite entre nationalisme et nationalisme extrème? 


Bart Dewever est une erreur de votes flamande et le séparatisme n'est pas la solution des flamands à leurs problèmes, car quand le pays sera bien divisé, que feront les flamands installé en
Wallonie? 


Il faut savoir aussi que le dévelppement flamand ne sera pas éternel... 


En Wallonie, par contre il reste beaucoup de secteurs à développer. La wallonie s'est appauvrie mais n'est pas une région pauvre! Les flamands auraient tout bénéfices à pouvoir investir en
Wallonie. 


Bref, tout ça pour dire que je sais que le flamand est une belle langue, je ne faisais que citer beaucoups de francophonnes qui rechignent à l'apprendre à l'école.


Si vous me demandez quelle est la différence entre le flamand et le néerlandais, je vous répondrais par une question: quel est la différence entre l'italien et le vénitien, le napolitain ou le
sicilien?

Torsade de Pointes 16/07/2012 00:31


Cet article est excellent et constitue une tentative plus qu’honorable
d’expliquer la situation. La compréhension pour le point de vue flamand, dont il est fait preuve à la fin de l’article, honore son auteur.


 


En revanche, l’affirmation selon laquelle « le flamand est probablement la langue la plus affreuse d'europe du nord et surtout la moins parlée... » n’est pas seulement
ignoble, mais aussi fausse (le néerlandais compte 23 millions de locuteurs et a bien sûr ses beautés, comme toutes les langues), et disqualifie totalement le dénommé Une fois ainsi que
tous ses commentaires.

Une fois 21/06/2012 13:30


Avec plaisir.


 


Désolé pour les fautes, mais j'écris tout ça en vitesse et je ne me relis pas avant de poster. 


En tout cas c'est un sujet qui me passionne car dans ma vie professionnelle je suis obligé d'étudier cette situation un petit peu absurde donc, si on me lance sur ce sujet je ne m'arette
plus. 


 


Bravo et merci pour ton blog que j'ai parcouru, je n'ai pas encore eu le temps de tout lire, mais il est tres interessant en tout cas et j'apprends beaucoup de choses sur les francophonnes du
monde. 


Bien à toi et à bientot

Une fois 17/06/2012 10:04


Salut,


 


Loin de moi l'idée prétentieuse d'expliquer le conflit belge aux français. Ton article résume bien le conflit, mais j'insistais juste sur le fait que les différentes communautés en Belgique ne
sont pas si simple qu'on le croit souvent vu de l'étranger. Je veux dire qu'il n y a pas francophonne d'un côté et néerlandophone de l'autre, c'est ce qui fait probablement le suréalisme
belge... 


Pour répondre à ta question sur la tache d'huile francophonne, on est d'accord sur le fait que la grande crainte des flamands est de voir leurs frontières linguistiques reculer petit à petit. Ce
qui provoque de la part de certains politiciens flamands des réactions un peu vivves. 


Il faut savoir qu'on en est pas au premier conflit de ce genre en Belgique. On à déjà parlé de scission plus d'une fois à cause de BHV. La grande différence cette fois-ci, est la présence de Bart
e Wever qui a bloqué les négociations et qui à fait passé la belgique aux yeux mondial, dans un triste record, du au fait que le pays s'est geré sans gouvernement. 


Quand Bruxelles propose d'inclure BHV dans ses frontières, c'est pour permettre aux francophonnes et flamands de s'exprimer librement dans leurs langues, vu que bruxelles est la seule région en
Belgique qui permet celà. 


Mais les flamands (ceux qui sont contre) le prennent pour une tentative de rognage sur leurs frontières linguistiques, il y a des situations parfois très grave qui se passe dans certaines comunes
autour de Bruxelles. (pas uniquement BHV)


Il faut savoir que les maisons dans les alentours de Bruxelles coutent très chers.je présume que ce doit être le cas en périphérie de Paris également. Vu la taille de Bruxelles et de la Begique,
celà permet évidemment de vivre en zone rurale et de prfiter pleinement de Bruxelles, vu qu'en dix ou vingt minutes on se retrouve dans Bruxelles. Il y a égalemment une forte proportion
d'employés de la commission européenne qui va s'installer dans ces communes et la plupart ne parlent ni français, ni néerlandais. De plus ils ne payent pas de taxes directemment dans la commune
et reçoivent des salaires à tomber par terre. Ce qui provoque en Flandre un grand mécontentemment, car les loyers explosent (ils explosaient déjà avant celà mais maintenant c'est pire) et de plus
ils se retrouvent avec une forte minorité de population qui ne parle ni français ni néerlandais mais anglais. 


Ooverijse en est un bel exemple. dans les commerces de cette communes, la plupart des restaurateurs par exemple, c'était décidé à afficher leurs menu en Néerlandais, français et anglais. Ce qui à
été interdit par la commune. Depuis quelques années, certains de ces commerçants voient leurs vitrines brisées ou taguées. Ce qui les incites bien sur à afficher uniquemment en néerlandais. 


Ce n'est pas non plus courant, je veux dire que les habitants flamands de Ooverijse ne passent pas leurs temps à chercher les preuves d'infractions linguistiques pour sacager, mais c'est un
phénomène qui se constate plus qu'ailleurs, même si encore une fois, ce ne sont probablements pas la majorité des flamands qui habitent la commune.


Dans ces comunes également, on peut assister à des situation complètement absurde. Par exemple, une personne qui parle français et néerlandais parfaitemment qui se présente à la maison communale
et qui parle en français se verra répondre uniquemment en néerlandais. De même qu'un français de France souhaitant s'installer dans cette commune, ne parlant que le français ou l'anglais, ne se
verra répondre qu'en néerlandais à l'intérieur de la maison communale, quitte à ce que la réceptionniste vous accompagne à la sortie et à l'extérieur vous dise "Je suis désolé mais il est
interdit pour les employés communaux de parler une autre langue que le néerlandais sur leurs lieux de travail!", c'est absurde mais c'est la loi flamande dans certaines de ces communes! Loi
flamande qui est d'ailleurs fortement critiqué par la commission européenne car elle va à l'encontre de la libre circulation dans l'espace Shengen et qu'on ne peut interdire l'usage d'une langue
de manière orale!


Donc il y a effectivement une grande crainte de certains flamands de la "Tâche d'huile" autour de Bruxelles. Ceci dit, en général les flamands sont plus compréhensif vis à vis des français qui
viennent s'installer en Belgique que des belges francophonnes, car vous n'êtes pas censé apprendre le néerlandais à l'école, il est donc certain qu'un francophonne belge ne parlant pas un mot de
néerlandais ou ne faisant pas l'effort, sera mal vu. 


Il faut savoir également que beaucoup de flamands qui reprochent aux francophonnes de ne pas parler néerlandais  ausi bien qu'ils ne parlent français, ne parlent en réalité pas mieux
français, c'est juste qu'ils osent parler le français en face des francophonnes (encore une fois c'est une généralité qui à un fond de vérité mais qui n'est pas unanime). 


En Flandre bien profonde, la plupart des gens ne parlent pas un mot de français, de même qu'en Wallonie une bonne partie des gens ne parlent pas un mot de néerlandais. 


Pour répondre à ta question sur les différentes parties linguistiques de la Begique, je dirais qu'en général c'est "respecté" mais avec des exeptions... 


A la côte par exemple (qui se trouve en Flandre), certaines communes on parle majoritairement le français, même si l'administration est purement néerlandophonne, ce qu ne pose il me semble (mais
je n'en suis pas sur) pas beaucoups de problèmes, car la beaucoups de gens n'habitent pas réelement à la côte, ce sont pour la plupart des vacanciers (si si on peut aller en vacance à la côte
belge, c'est moche, froid et gris mais ça se fait ;) ).


Il y a aussi un rapport au tourisme, c'est à dire que la plupart des commerces qui fonctionnent dans ces communes à la côte, fonctionnent grâce aux francophonnes qui viennent en vacances, il
serait donc stupide d'y mettre un frein, même si beaucoup de commerçant sont francophonne, ils paient leurs taxes à la communes et s'expriment aussi bien en français qu'en néerlandais.


en ce qui concerne la wallonie, il y a aussi beaucoups de flamands dans cette région. Les campings par exemples, pas mal d'entre eux sont tenu par des flamands. 


Pret de Dinant par exemple, il y a un magnifique petit camping tenu par un flamand, qui parle le français mais qui engage beaucoup d'étudiants Hollandais pendant les vacances d'été, qui ne
parlent qu'anglais et néerlandais. Il ne me semble pas que qu'il y ai la moindre animosité à son égard. 


De même que pas mal de flamands possèdent une résidece secondaire en Wallonie, à un tel point que dans certains village une forte minorité en possède et les louent ou les mettent en vente
uniquemment en flamand avec des panneaux bien visible en néerlandais. Celà il me semble ne choque personne. 


Il faut savoir aussi que beaucoup de flamands aiment venir en Wallonie pour leurs vacances et idem pour les francophonnes qui veulent aller en Flandre. A Bruges tous les commerçants parlent le
français et l'anglais car il y a tellement de touriste qu'il faut bien qu'ils se fassent comprendre. 


Donc, pour ma part je dirais qu'il n' y a qu'autour de Bruxelles que les choses se passent mal et c'est dommage parce-que ce n'est qu'une petite partie de la Begique qui met à mal un conflit
stupide. 


En plus la vision Belge à l'étranger en est ternie. 


il faut savoir aussi, que la Flandre à plus de communications vers l'extérieur que ne l'on les francophonnes en matière de médias. 


J'ai lu dans des quotidiens anglais par exemple, qui tentait de résumer le conflit belge, un nombre incalculable d'absurdités pour me rendre compte que cette analyse était basée sur un entretien
avec un membre de la NVA ou du CD&V qui sont les deux partis les plus nationalistes en Flandre. 


Il ne s'agit aps de paresse de la part des Wallons mais, c'est comme ça. Si tu vas à l'office du tourisme belge en France, tu y verras plus de publicités pour la Flandre que la Wallonie. Quand tu
tapes google.be tu tombes d'abord sur google en flamand, youtube de la Belgique t'enverras d'abord des pubs en flamands.


LA wallonie est une très belle région, il ya des villes magnifiques et des coins naturels incroyables, mais ce qui fait le charme de la Wallonie, c'est son côté bon enfant, sa naïveté. Les
responsables du tourisme Wallaon veulent attirer plus de touristes mais savent aussi

Marc Beaufrère 21/06/2012 09:58



Merci pour toutes ces explications (trèc complètes!) qui rendent les questions et les enjeux linguistiques de la Belgique relativement compréhensibles pour un Français. Cordialement



Une fois 13/06/2012 13:48


Bonjour,


Je suis d'accords avec la plupart des faits que vous exposez dans votre article, en particulier les faits historiques.


Ce que j'ai voulu souligner et qui est souvent difficile à réaliser pour une personne extérieur à la Belgique, c'est la vrai différence fondamentale entre Bruxelles et les deux régions. 


Lorsqu'il a fallu choisir un chef lieu capitale pour ces deux régions, la flandre à choisi Bruxelles, c'est d'ailleurs là que se trouve le parlement flamand. 


 


La wallonie à choisi Namur.


Mais ce qui est difficile à comprendre, c'est que Bruxelles n'en est pas flamand pour autant.


Premièrement, parce-que Bruxelles est la capitale de la Belgique et qu'elle doit être neutre. 


Deuxièmement, parce-que bruxelles s'est "battue" pour obtenir le statut de région. 


Ce dernier point est fort important, car il permet de comprendre l'enjeux du "conflit" belge.


Ce qui veut donc dire qu'officielement, en Flandre on parle le flamand, en Wallonie le français et à Bruxelles le "bruxellois".


Culturellement aussi les bruxellois ne se sentent ni flamand ni wallon. Même si officieusement le la langue française l'emporte sur le flamand.


Il faut savoir également que la NVA à fait un recensement de la population flamande à Bruxelles et ils ont été fort surpris de constater qu'il était quasiment impossible d'évaluer ces
statistiques de manière précise, car bon nombre de flamands vivant à Bruxelles, demandent leurs papiers en français, immatriculent leurs véhicules en français également (c'est en grande partie le
point sur lequel la NVA à voulu baser son sondage), non pas par pression, ni par oubli de leurs langues, mais parce-qu'à Bruxelles les choses se sont toujours passées de cette manière. Ce qui
n'empêche pas tous ces flamands de parler uniquemment flamand à la maison et dans leurs vies quotidiènnes sans en être gêné. 


L'ULB et la VUB, les deux universités francophonne et néerlandophone se trouve sur le même site, ce qui engendre un mix de la communauté éstudiantine à Bruxelles. 


Il faut noter que BHV n'impliquent pas que Wallons et flamands. En fait les wallons n'y sont même pas!


Les régions impliquées en réalité sont la flandre et Bruxelles.


La flandre parce-que son parlement est à Bruxelles et Bruxelles parce-que sa proposition est d'inclure BHV dans son arrondissement, de manière à ce que chacun puisse y parler la langue qu'il
souhaite. Il faut savoir également que ce ne sont pas uniquemment les parlementaires francophonnes bruxellois qui proposent cette union, mais les parlementaires Bruxellois flamands aussi.


Alors effectivement, la crainte des flamands de droite est de voir les communnes de BHV se franciser, ce qui n'est pas du tout le cas des autres partis flamands qui représentent une grande
majorité de politiciens, mais qui n'ont pas la majorité des voix en Flandre.


A titre d'exemple, Groen (le parti écolo flamand) et Ecolo se sont jumelé, ce qui est une grande première en Belgique, d'unir deux parti venant des deux communautés.  


Ensuite, la raison pour laquelle les flamands vote plus à droite n'est absolument pas la scission de BHV ou de la Belgique, mais un idéal flamand du à la situation économique de la Flandre.


En effet, la Wallonie est la région la plus pauvre de Belgique pour le moment, mais ça n'a pas toujours été le cas et ce il n y a pas si longtemps. 


La Wallonie à supporté la flandre qui était une région très pauvre et ce grâce à la méttalurgie et aux mines. 


Ce qui a impliqué que beaucoups de wallons étaient des ouvriers et suite aux révolutions sociales, les wallons ont beaucoups votés à gauche pour le parti socialiste, ce qui est resté dans les
moeurs aujourd'hui.


La flandre, s'est dévellopé de manière différente et ne possedait pas les même ressources naturelles que la Wallonie. Ensuite les usines ont commencées à fermer les unes après les autres.


L'esprit d'entreprise est bien plus présent en Flandre qu'en Wallonie.


C'est la raison pour laquelle les flamands votent plus à droite. 


Ce qui est intéressant c'est de lire la presse flamande, j'ai la chance de pouvoir le faire et je constate que l'image que l'on donne des politiciens séparatistes flamands dans la presse flamande
et francophonne sont diamétralement opposées!


La vision francophonne de Bart Dewever par exemple est celle d'un gros facho flamand qui ne souhaite que l'esplosion de la Belgique et donc ne parle que de ça constamment. 


En flandre, il est perçu comme un homme intélligent et sympathique et qui plus est, sa politique séparatiste n'est absolument pas mise en avant. 


Il est plutot perçu comme un homme qui défend les interets flamands et surtout résolument de droite. 


Mais il faut bien comprendre qu'en Flandre, la mentalité flamande n'est pas de défendre les interets flamands au détriments des autres belge, mais juste de défendre leurs interets. 


Ce qui implique aussi que la majorité de la grosse minorité de flamands qui ont votés NVA ne l'on pas fait dans le but de faire exploser la Belgique.


Lors d'une des manifestations à Bruxelles en faveur de la création d'un gouvernement, il y a vait autant de flamands que de francophonnes.


Donc il faut être prudent quand on dit les francophonnes veulent une chose et les flamands une autre.


Parle t'on des flamands de Bruxelles, de flandre, des francohponnes de Bruxelles, de Wallonie, de la population ou des politiciens?


Les flamands de Flandre pour la plupart se moquent de ce qu'il se passe à Bruxelles en réalité, de même que les wallons. A part les communes entourant Bruxelles ce qui représente une belle parite
de la Flandre déjà (il n'y a pas que BHV, mais Hoeilaart, Overijse,...)


Il faut savoir aussi que la pluspart des francophonnes vivant dans BHV votent résolumment à droite pour le parti FDF (front commun francophonne) car ils estiment que c'est le seul à défendre
leurs interets, de même que les flamands de BHV votent résolumment à droite ou même l'extrème-droite flamande car il veulent la défense de leurs interets contre les francophonnes.


Ensuite le fait qu'à Anvers les flamands votent beaucoup extrème-droite (une personne sur trois), n'est pas du tout contre les francophonnes, mais parce-qu'il y a une forte majorité d'étranger
dans cette ville et qu'il y a eu un temps un taux de criminalités élevés (je n'associe pas les etrangers à la criminalités mais c'est l raison pour laquelle les habitants d'Anvers ont votés
Vlaams Belang). De plus c'est la ville du diamant et ils ont une forte influence sur la politique de la ville et peur pour leurs interets. 


Enfin dans un sondage de la libre belgique de 2007, on y constate que la majorité des flamands veulent comme chef lieu capitale, Anvers et non Bruxelles. Pas parce-qu'il y a trop de francophonne
à Bruxelles, mais parce-qu'ils n'ont jamais trouvé que Bruxelles représentait la Flandre. 


Ce sont les politiciens flamands qui ont choisi Bruxelles comme chef-lieu capitale (pour des raisons qui n'était clairement pas identitaires) et non la population et comme il n y a pas de
referendum en Belgique...


Mais je suis d'accords avec le reste de ton explication en particulier sur les religions, je n'ai fait qu'y ajouter mon ponit de vue à ce sujet. 


Bien à toi

Marc Beaufrère 14/06/2012 21:10



Très intéressant, j'ignorais pas mal de choses, merci pour tout le temps passé à nous expliquer (à nous les français) et à nous donner les clés pour comprendre ce qui se passe. Vraiment très
instructif, merci.


Que penses-tu du phénomène de la "tâche d'huile francophone" autour de Bruxelles ? As-tu la même analyse que moi (interprété dans le cadre d'un processus d'harmonisation linguistique autour de
Bruxelles (donc dans BHV aussi)) ? Y a-t-il des éléments de compréhension qu'il me manque ?


Pendant que j'y suis : comment décrirais-tu la situation du flamand en Wallonie et du français en Flandre ? Y a-t-il un rapport de force qui s'établit ou les frontières linguistiques (hors
Bruxelles BHV) sont-elles bien respectées ?


Au plaisir !