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27 août 2012 1 27 /08 /août /2012 16:30

Vous connaissez tous l'histoire de l'oeuf et de la poule ? Qui est le premier ?

Concernant notre sentiment que l'anglais est une langue indispensable, il est intéressant de se poser la question : qu'est-ce qui nous fait penser cela ? Retrouver l'origine de nos idées reçues pour les déconstruire. Il y a bien sûr des raisons historiques, politiques et économiques à notre course à l'anglais, mais la question de notre environnement culturel est à mon avis complètement négligée. Qui peut affirmer que la prolifération des publicités, enseignes de magasin, musique, films et graffitis en anglais n'aient aucune incidence sur notre représentation de cette langue ?

 

Coccimercato?

Vous allez me voir venir mais je pense qu'une histoire vaut mieux qu'un long discours. Imaginez, vous êtes dans un monde où l'anglais n'existe pas. Que diriez-vous si vous arriviez dans un pays et que sur toutes les radios, on entende la moitié de leurs chansons en italien (par exemple), que de nombreuses enseignes aient des noms italiens (La casa de Paulo, Coccimercato, Semplice Mercato (désolé, je n'ai fait que trois mois d'italien, mes exemples sont complètement tirés par les cheveux !)), que des publicités dans les journaux et  à la télévision se terminent une fois sur deux par une phrase en italien comme si c'était le culmine ! (le must ? ça veut dire quoi ?) Que diriez-vous que lorsque votre système d'exploitation finestra plante, celui-ci vous affiche un message en italien ? Vous en déduiriez probablement (c'est ce que je ferais) que ce fameux italien doit être une langue qui compte, une langue importante et indispensable, la langue d'un peuple puissant ou influent. Vous conseilleriez par conséquent à vos enfants de l'apprendre et vous complexeriez de ne pas connaître cette langue d'ailleurs !

 

Voilà pour la petite histoire qui a pour objectif de montrer que notre environnement porte un message qui passe quasi inconsciemment à notre faculté de jugement. Notre environnement nous inspire naturellement, subrepticement, des suggestions, des pensées et une vision du monde. Je ne nie pas l'importance de la langue anglaise mais je pense que tout d'abord dans notre pays, nous devons pouvoir avoir le choix de pouvoir vivre dans un environnement où les publicitaires, journalistes, magasins, etc... s'adressent à nous dans notre langue. C'est une première chose. La deuxième chose, c'est que l'omniprésence de l'anglais dans notre environnement nous envoie un message, à savoir que notre pays est un pays où les personnes parlant anglais ont une supériorité sur ceux qui ne le parlent pas et que l'anglais est la langue de l'élite, de l'ascencion sociale, de la réussite (liste non exhaustive). Nous pouvons changer cela en agissant sur notre environnement visuel, télévisuel. ...lasuiteici

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Published by Marc Beaufrère - dans Réflexions sur le français
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commentaires

Jean-Marc 10/12/2012 12:55


Pour compléter mes commentaires n°3 et 4


Que l'administration ne réagisse pas si on ne la saisit pas , cela ne m'étonne pas! Je ne pense pas que cela soit une spécificité française. Beaucoup de fonctionnaires de la DGCRF doivent être
débordés de travail ou bien ils ne voient pas l'intérêt d'agir ( " Ce n'est pas si grave " ) A nous de les secouer!


Pour en terminer avec l'affaire de Têtu , j'aimerais aller jusqu'au bout et avoir l'avis d'un avocat . Peut-être en connaissez-vous un ou un de vos lecteurs pourrait nous renseigner? Je garde
toujours le numéro de Têtu  incriminé  au cas où .En  fait, je pense que cela pourrait nous servir pour un autre cas similaire qui risque d'arriver . Au moins , nous saurions si
oui ou non nous pouvons intervenir.


Enfin , je vous signale que je n'ai jamais reçu de réponse après l'envoi de mon relevé de fait

Marc Beaufrère 10/12/2012 16:48



Merci pour votre commentaire : oui, je pense qu'il manque de personnes sensibilisées à la cause de la francisation de l'environnement, c'est tout un travail que l'on doit faire, avec nos claviers
et nos discussions... mais je ne désespère pas. Ce site est un premier pas, qui demanderait un investissement plus important pour mettre en réseau et donner plus d'impact à tous les individus qui
partagent notre "combat". Oui, à nous de les secouer, à nous de faire propager nos idées : les gouvernants suivent quand le peuple demande. Têtu, la DGCRF, les associations ne sont pas encore
forcément très convaincus mais ça changera. Bon il y a encore du chemin à faire, mais quand je vois les gens que j'ai convaincu autour de moi, je pense que c'est faisable à une plus grande
échelle, c'est une question de temps.



Michel CHEVALLIER 22/11/2012 14:06


 RÉPONSE AU COMMENTAIRE N°3 de Jean-Marc
Pour le commentaire suivant, Tétu est en France mais la manifestation est à Bruxelles. Or la loi Toubon n'a évidemment pas le statut de direstive européenne.
Je suis positivement étonné de la rapidité de la réponse de la Direction des fraudes, même si  (et sans doute parce que) elle est, au final, exclusivement bureaucratique.
De toutes façons l'interprétation qu'elle fait de la loi Toubon est restrictive, façon facile de justifier sa non intervention. L'article 1 parle des échanges, et la communication fait partie des
échanges.

Marc Beaufrère 03/12/2012 17:32



Oui, finalement, la facilité de la non-intervention explique sans doute la réponse négative comme vous le soulignez. Peut-être Jean-Marc aura-t-il une surprise du côté association grâce au relevé
de fait, même si c'est peu probable. C'est en tout cas un recours de plus qu'il n'a pas (à raison) négligé.



Michel CHEVALLIER 22/11/2012 13:56


À propos de votre réponse au commentaire n°2 :


Merci pour votre analyse très pertinente. Vos réflexions me suggèrent une hypothèse d'explication : et si l'anglais "comblait" les trous laissés par la société française
?
Alors ça veut dire que c'est grave.
Au niveau du langage SMS version ado, on utilise beaucoup de vocables anglais ou anglais déformés. Or le SMS ado ressort souvent de la sphère de l'intime donc de l'affectif.
Les personnes cultivées n'ont pas besoin de la culture anglosaxonne pour leur vie affective.
De la sphère affective, on peut glisser à la sphère plus fondamentale du langage comme outil maîtrisé ou non maîtrisé. Autrefois les personnes qui avaient le certificat d'études écrivaient
impeccablement, comme l'assistance maternelle de mon fils, dame très âgée qui avaient une expression parfaite, dans les messages écrits de la vie quotidienne qu'elle me laissait quelquefois, pas
sur Internet évidemment, mais  adhésivés sur le carreau de sa cuisine. (Collés ne convient pas et scotchés, quoique exact, n'est pas linguistiquement correct). Aujourd'hui
certains étudiants bacheliers font des fautes hénaurmes.
Toujours par rapport à mon fils dénommé Éloi, combien d'interlocuteurs administratifs ou commerciaux ne connaissent pas ce prénom et le prennent pour Édouard. Ces mêmes interlocuteurs
sachant, je n'en doute pas, correctement orthographier Kevin.


----


Donc pour continuer mon hypothèse et pour compléter votre propos, l'anglais continuera à se glisser dans chaque domaine de notre vie tant que les besoins (culturels, affectifs,
économiques) seront satisfaits par des solutions anglophones. C'est une hypothèse à creuser je pense.
Les acculturés sont coupés de leurs racines et sont abreuvés de sous culture.

Marc Beaufrère 02/12/2012 12:40



Votre commentaire renvoit à une évolution de la société française mais sans doute pas uniquement : la maîtrise des fondamentaux (écriture, lecture, calcul) est moins une priorité de l'état : en
témoigne la baisse du nombre d'heures consacrées à l'enseignement du français depuis 30/40 ans. Pour quelqu'un qui termine sa scolarité en fin de troisième, et si l'on gardait le nombre d'heures
par semaine des années 70, nous aurions terminé le programme de français en milieu de 5ème, autrement dit les élèves actuels ont deux ans et demi de cours de français en moins comparé aux élèves
des années 70. L'école répond aux besoins de nos élites : ces cours qui manquent ont été remplacés par : des cours d'anglais (dès la primaire maitenant), des cours artistiques... Nos élites
auront toujours les moyens de combler les lacunes de leurs enfants personnellement (en suivant leurs leçons ou leurs carnets de vacances) ou par des cours particuliers. L'immense majorité des
Français auront des cours sur des matières qui ne leur seront pas forcément utiles dans leur vie. Si l'on prend le lycée pro, j'ai des doutes sur l'utilité de 3h d'anglais par semaine pour des
gens qui se destinent à un bac pro de plomberie. D'ici à parler de gaspillage de temps et d'argent public... Sous couvert de démocratisation de l'enseignement et des savoirs, on donne les cours
dont ont besoin nos élites à tous alors que les besoins professionnels et éducatifs sont très différents selon le métier que l'on exercera. Il y aurait beaucoup à dire dessus mais je pense que
chacun en a déjà fait le constat pour soi et son entourage, c'est pourquoi je m'arrête là...



Jean-Marc 17/10/2012 10:00


Suite à votre réponse , je vous joins une copie de la réponse de la DGCRF qui reprend aussi le même article 2 de la loi Toubon pour expliquer que le communiqué en anglais n'est pas illégal !
C'est pour cela qu'il me semble que la loi Toubon pourrait être complétée.


Objet : Litige à l’encontre du magazine
« TÊTU »


 


Monsieur,


 


Votre courrier daté du 30 juillet 2012, enregistré sous le numéro
2012-14944, a retenu toute mon attention.


Vous souhaitez nous signaler une publicité, parue dans le numéro de mai 2012
du magazine TÊTU, et rédigée uniquement en anglais. Par rapport à la loi Toubon, vous vous interrogez sur la légalité de cette publicité.


Au titre des dispositions nationales, la loi n°94-665 du 4 août 1994 dite
loi « Toubon » fixe les règles relatives à l’emploi de la langue française.


L’article 2 de cette loi stipule que : « dans la désignation,
l'offre, la présentation, le mode d'emploi ou d'utilisation, la description de l'étendue et des conditions de garantie d'un bien, d'un produit ou d'un service, ainsi que dans les factures et
quittances, l'emploi de la langue française est obligatoire »


 


Or, il ressort de la consultation du site www.thepride.be qu’il s’agit plus de communication sur l’information relative au programme d’un évènement
que d’une offre pour la vente d’un produit ou d’un service. 


Aussi, je vous informe qu’après examen de votre plainte, aucun
manquement ni infraction au texte pour lequel mon service est habilité ne peut être relevé à l’encontre de l’entreprise susvisée.


 


Pour de plus amples informations, je vous invite à consulter le texte cité sur
le site www.legifrance.gouv.fr


 


Bonne nouvelle pourtant: j'ai réussi à contacter l'association à l'origine du communiqué. La réponse a été qu'il était prévu que , l'année prochaine , des affiches en différentes langues
soient  publiées. ( Je n'ai pas la prétention d'écrire que ma lettre y soit pour quelque chose!).


Entretemps, j'ai envoyé un relevé de fait à l'ALF . C'est peut-être maintenant inutile mais je ne m'attendais pas à avoir  une réponse de l'association si rapidement.


Cordialement

Marc Beaufrère 29/11/2012 18:55



Bonjour,


excusez-moi pour le retard : je viens de déménager et les travaux m'ont pris du temps. Je suis surpris par la réponse et par le fait qu'il me semble que la partie la plus importante n'a pas été
citée : "Les mêmes dispositions s'appliquent à toute publicité écrite, parlée ou audiovisuelle." Peut-être n'est-ce pas considéré comme une publicité ? Il faudrait alors
revoir ce texte et écrire "communication" ou (et!) "communiqué" en lieu et place de "publicité". Je trouve la réponse de la DGCRF un peu alambiquée et limite quant à l'argumentaire un peu faible.


En tous les cas, bravo pour votre action. Il n'y a que comme cela que les choses peuvent changer (malheureusement). Beaucoup de personnes utilisent l'anglais en France sans vraiment y penser, ou
disons sans vraiment s'attarder sur les enjeux linguistiques. Tout le monde n'a pas le temps de se pencher sur ces enjeux et de les approfondir, à chacun son métier et ses intérêts. Il nous
incombe donc de rester mobilisés et de faire oeuvre de pédagogie, et votre lettre et votre action sont exemplaires. Je remarque souvent que les personnes avec qui je parle sont d'accord avec moi
(ce à quoi je ne m'attendais pas) mais ont bien souvent d'autres priorités. Autrement dit : si l'on faisait des référendums, les gens seraient majoritairement d'accord avec les idées que l'on
défend pourvu que ce ne soit pas eux qui s'en occupe. Avant, je pensais naïvement que l'on avait attribué la responsabilité de faire appliquer la loi Toubon à des personnes dans un ministère ou
aux fraudes. En fait, ils la font appliquer pour peu qu'ils soient saisis d'une question mais sinon, il ne se passe rien. Ca fait peur !



Jean-Marc 02/10/2012 17:42


Les Belges pires que nous ?


Vos remarques , et celles de vos lecteurs , sur l'envahissement de notre espace culturel par l'anglomanie , me semblent pertinentes. Elles montrent les insuffisances de la loi Toubon ,
insuffisances que j'ai récemment remarquées...


Lisant un numéro de Têtu ( celui de mai 2012 )  , je tombe sur une annonce  pour une Marche des Fiertés organisée à Bruxelles par des associations et la ville elle-même , entièrement
rédigée en anglais sans aucune traduction ! Notez l'absurdité du cas: des Francophones de Bruxelles font passer une annonce en anglais dans un journal français lu uniquement par des Français ou
des francophones!


Quelques pages plus tard, je tombe sur une annonce québecoise pour une Marche organisée à Québec , rédigée en français et en anglais. Autre mentalité et autre conscience linguistique de ce côté
de l'Atlantique...


J'ai alerté la DGCRF. La réponse a été qu'il n'y avait pas de délit car ce n'était pas une publicité pour vendre un produit mais un texte de communication! Peut-être faudrait-il alors compléter
la loi Toubon et écrire que la communication sur une grande échelle ( à definir bien évidemment )ne peut se faire qu'en français  dans notre pays ?

Marc Beaufrère 08/10/2012 19:19



Bonjour et merci pour votre message.


Votre exemple est intéressant et votre réflexe a été le bon. Je suis d'ailleurs surpris de la réaction des fraudes qui connaissent apparement mal leur texte de loi. En effet, j'ai vérifié
l'article 1 et 2 de
la Loi Toubon qui dit :


"Art. 1er


Langue de la République en vertu de la Constitution, la langue française est un élément fondamental de la personnalité et du patrimoine de la France.
Elle est la langue de l'enseignement, du travail, des échanges et des services publics.
Elle est le lien privilégié des États constituant la communauté de la francophonie.


Art. 2


Dans la désignation, l'offre, la présentation, le mode d'emploi ou d'utilisation, la description de l'étendue et des conditions de garantie d'un bien, d'un produit ou d'un service,
ainsi que dans les factures et quittances, l'emploi de la langue française est obligatoire. [l'alinéa suivant me semble imparable]
Les mêmes dispositions s'appliquent à toute publicité écrite, parlée ou audiovisuelle.
Les dispositions du présent article ne sont pas applicables à la dénomination des produits typiques et spécialités d'appellation étrangère connus du plus large public.
La législation sur les marques ne fait pas obstacle à l'application des premier et troisième alinéas du présent article aux mentions et messages enregistrés avec la marque."


C'est moi qui ai surligné le passage qui me paraît s'appliquer ici. C'est un texte de communication qui fait de la publicité pour un évènement ; je pense que l'on peut faire valoir cet argument.
S'ils ne veulent pas entendre raison, vous pouvez faire un relevé de fait (voir comment sur le site d'ALF)


Tenez-moi au courant, ce serait une bonne jurisprudence (à ma connaissance), on vous ferait de la publicité.


Si cela ne suffit pas, il est certain qu'il faudrait élargir la loi Toubon mais je pense qu'il y a tous les outils à disposition.


Bonne soirée et encore bravo pour votre démarche !