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26 janvier 2012 4 26 /01 /janvier /2012 17:35

François Busnel présente La Grande Librairie sur France 5, une émission dans laquelle il présente des livres qui font l'actualité littéraire, ou en tout cas une certaine actualité littéraire. J'aimais bien regarder avant mais j'ai l'impression que c'est un peu toujours la même chose, les mêmes invités (ou le même genre d'invités). Ce qui m'agace au plus haut point, c'est la diversité de la nationalité de ses invités. Ils sont français ou américains (à la rigueur anglais). Un espagnol ou un italien tous les ans pour la diversité (j'exagère un peu). Régulièrement il fait une émission "hors les murs" : François Busnel en Nouvelle Angleterre (Maine, Vermont, Etat de New-York...), François Busnel rencontre Paul Auster (à New-York), François Busnel rencontre Philip Roth (ou un de ses copains) chez lui dans le Maine, François Busnel rencontre Salman Rushdie à New York (attention l'exotisme !)... Ce soir, je viens de voir le titre d'une émission avec François Busnel sur programme-TV.net : "Les carnets de route de François Busnel", en dessous je lis : "en route vers...", ah mince il faut cliquer pour voir la fin du titre de l'émission, attention suspens... : "En route vers l'Ouest". L'ouest ? Non, l'Ouest avec un grand O, car il n'y en a qu'un, l'Ouest américain. Et oui, évènement, François Busnel va partir de la côte Est (New Jersey) pour se diriger le Minnesota.

On est donc encore invités à s'intéresser à la littérature américaine (même si on en a marre), encore et toujours, seule grande littérature. C'est le problème des gens qui ont été formés de telle ou telle façon, ils transmettent les schémas qu'ils ont appris. Alors... laissez la place à d'autres présentateurs qui nous feront découvrir des auteurs russes, chinois, espagnols, turcs... qui ne feront pas dans la pale copie des livres ricains (Il doit bien y avoir d'autres auteurs que Camilla Lackberg quand même !). Bon, évidemment, ça le met en valeur d'aller aux Etats-Unis vu qu'il parle plutôt bien anglais, et qu'il maîtrise ses classiques, connaît personnellement les auteurs, mais du coup il s'installe dans ses habitudes et n'invite quasiment que des auteurs qui parlent anglais ou français (les langues qu'il maîtrise), ce qui empêche de découvrir tous les auteurs qui ne maîtrisent pas ces langues. La limite n'est à mon avis pas le fait qu'il n'y a pas d'autres auteurs ou littératures que la française ou l'anglaise mais le fait qu'on ne puisse pas parler à des auteurs qui ne maîtrisent pas ces langues. Dommage. Ce problème peut facilement être résolu avec l'aide de traducteurs, même si au niveau de l'émission, cela pourrait perdre en fluidité, mais avec le différé, on peut facilement sous-titrer les propos de l'invité et couper le moment pendant lequel l'interprète traduit qui constitue un moment mort pour le téléspectateur.

Je suis d'autant plus sensible à cela que ma femme reçoit le magazine "Lire" dont le directeur de rédaction n'est autre que François Busnel. Je feuillète le magazine qui est très intéressant, on trouve des auteurs d'un peu partout mais de la même façon, régulièrement il y a un numéro spécial Etats-Unis. Encorfe une fois, je n'ai rien contre cela, c'est très bien, et c'est très bien fait mais il n'y a jamais de numéro spécial sur la littérature d'un autre pays. On a donc à la fois dans son émission et dans son magazine un panorama assez complet de ce qui se passe dans la scène littéraire américaine, mais pour peu qu'il laisse la place à d'autres chroniqueurs qui maîtrisent d'autres langues et d'autres littératures et l'on pourrait découvrir d'autres cultures.

La littérature américaine ne fait référence que parce que les chroniqueurs littéraires ne nous présentent rien d'autre. Ils ne font que perpétuer la tradition littéraire dont ils ont hérité et dans laquelle ils sont compétents. François Busnel connaît apparement sur le bout de doigts ses Faulkner, Steinbeck, Roth, Morrison et compagnie, il est très compétent en cela. Mais il serait bon qu'il laisse aussi la place à des personnes aussi (ou à peu près autant) compétentes et instruites que lui mais sur d'autres traditions littéraires. Si notre voyagiste ne nous propose qu'un voyage, cela ne veut pas dire que les autres destinations ne valent rien mais sans doute plutôt qu'il a son réseau déjà installé dans le pays cible. Mais cela n'empêche pas d'ouvrir de nouvelles destinations ! Osons l'aventure !

Ceux qui sont compétents en physique nucléaire diront toujours que c'est la meilleure physique mais ceux qui sont compétents en physique quantique diront la même chose. Ce n'est pas ceci ou cela qui est le mieux mais ce que l'on connaît le mieux qui le paraît. Encore une fois, osons le changement ! Ouvrez des succursales vers la Russie, l'Iran, l'Egypte, la Colombie, l'Italie, le Japon, que sais-je !

Autre image : c'est comme pour l'approvisionnement en pétrole ou en énergie, si l'on ne diversifie pas ses sources, on est vite pied et poing lié avec notre partenaire qui lui a le choix et peut nous dicter sa loi. Quitte à être dépendant, soyons-le à plusieurs sources afin de ne jamais être déçu.

Loin de moi l'idée de dénigrer ce que François Busnel fait, car il le fait très bien, mais il me paraîtrait intéressant qu'il partage son fauteuil avec d'autres présentateurs ou chroniqueurs qui maîtrisent d'autres langues afin de découvrir par d'autres prismes les différentes littératures du monde.

Simple coup de gueule en passant...

 

Rajout 27 février 2012 :

Aurais-je été entendu ? Voici que ma femme vient de recevoir un numéro du magazine Lire spécial Japon ! Souhaitons que cela continue !

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Published by Marc Beaufrère - dans Livres
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commentaires

Françoise Josse 01/06/2014 21:17


Bonjour François Busnel !


Autant les émissions de ces dernières années m'avaient enthousiasmée, autant je commence à me lasser. Soit vous convoquez les mêmes auteurs francophones sur le plateau - souvent des "de" ou
"fils/fille de" -, soit vous allez rencontrer des auteurs anglophones, auquel cas il faut se fader la traduction, même sous pluzz alors que cela fait des années que bon nombre de gens réclament
la V.O. à cor et à cri. Quant aux autres littératures - germanophones, lusophones, arabophones, russophones, scandinaves -, elles semblent tout bonnement frappées d'ostracisme. Je comprends que
le présentateur ne puisse être spécialiste de TOUTES les littératures, mais à ce moment-là, qu'à cela ne tienne, qu'il passe le relais ! Par ailleurs, je suis désolée, mais pour moi, les livres
électroniques ne sont en rien inférieurs aux livres "papier", d'autant plus que les librairies traditionnelles généralistes, qu'on le veuille ou non, n'existent plus : soit on a affaire à un
relais H ou à une maison de la presse, soit on a affaire à une librairie musée qui ne subsiste que grâce à des activités de patronage : je suis la première à le déplorer, mais où trouver en
France, actuellement, un ouvrage historique non rédigé en français ailleurs que sur le Net ? Où peut-on espérer être publié ailleurs que sur le web si on n'a pas d'entregent ?

Marc Beaufrère 07/06/2014 11:37



Bonjour et merci pour votre commentaire ; je ne suis cependant pas François Busnel ! Mais peut-être avez-vous déposé ici une copie d'un message que vous lui aviez envoyé.


Pour en venir au contenu de votre message, je partage entièrement votre point de vue concernant l'absence des littératures autres qu'anglophones sur nos écrans radars, que ce soit à la Grande
Librairie ou ailleurs. Cependant comment s'en étonner ? Quelles langues apprend-t-on à l'école : massivement l'anglais, un peu l'espagnol et très peu l'allemand. Il y a aussi, sans doute, des
raisons de marché : le marché anglophone est vaste, le francophone encore assez peu, même si la quantité de francophones augmente sans cesse du fait de l'Afrique.


Je me suis beaucoup indigné contre tout cela, j'ai essayé de comprendre : l'anglicisation est un phénomène lié à la domination culturelle et économique américaine depuis la seconde guerre
mondiale (ce n'est pas lié à la démographie, sinon, on aurait accès à plus de livres en mandarin ou en espagnol). J'en ai longuement parlé dans des articles que j'ai transféré sur un nouveau site
: lavoixfrancophone . On y a ajouté un forum pour plus d'interactivité, si vous voulez poursuivre la conversation.



pat 03/04/2013 13:59


Plutôt d'accord avec ces arguments mais alors pour qui se passionne pour les USA historiquement ou actuellement, cette littérature, ses auteurs, son histoire etc...c'est un vrai bonheur. Car pour
le coup, effectivement, c'est LE point de vue de M. Busnel, peut être récurrent pour qui souhaite s'ouvrir à d'autres horizons mais au moins c'est, à mon sens de la qualité. Autant ses émissions
que les fameux carnets de route que je me repasse en boucle. Tiens moi aussi, je tourne à l'obsession nord-américaine...contagieux?

Marc Beaufrère 19/02/2016 12:37

D'accord avec vous, il n'existe pas que cette langue au monde. Mais l'anglais est obligatoire dans notre système scolaire, tandis que les autres langues ne le sont pas (l'espagnol est de plus en plus appris cependant). On a donc surtout des gens formés à l'anglais et un peu familier de la culture anglo-américaine. Pourtant, proposer autre chose dans le cadre de cette émission répondrait à une demande, puisqu'en général les grands lecteurs aiment découvrir des "ailleurs". Qui va nous faire découvrir la littérature russe, italienne, chinoise ? (réponse : des écrivains de ces pays écrivant en anglais ou des écrivains anglais écrivant sur ces pays... n'oublions pas Nicolas Vannier !) Pour pallier à cela, il faudrait embaucher des gens maîtrisant d'autres langues, mais cela a un coût à l'heure de la rationalisation économique (et donc de l'uniformisation).
Vous pouvez continuer à suivre mes articles et ceux de "collègues" et amis sur le site "la voix francophone" qui prend le relais de ce site. Vous pouvez y laisser des messages sur le forum si vous voulez lancer un sujet, comme celui-ci qui aurait toute sa place dans la section "débats et réflexions"

Françoise Josse 17/02/2016 20:46

Je me suis mal fait comprendre : je suis moi-même anglophone et ne boude pas la lecture en anglais. Mais il n'existe pas que cette langue au monde. Par ailleurs, je suis extrêmement déçue de la nouvelle formule de la Grande Librairie, ce dont je ne peux faire part à Busnel car je suis anti facebook et anti twitter. Je pense que je vais arrêter de regarder cette émission : commencer la dernière en date par le chiffre de vente de Marc Lévy, il y a quand même des limites. Et bien sûr, les auteurs invités sont toujours les mêmes. Ils sont de plus présentés à la Jacques Martin. Bref, j'arrête. Je cherche d'autres émissions littéraires ailleurs.

Marc Beaufrère 03/04/2013 17:25



Vous avez raison, il ne faut pas bouder son plaisir ! Je suis moi-même un américaniste (maîtrise + CAPES d'anglais), et je prends toujours plaisir à regarder de temps à autre ses émissions. Il
est certain qu'il est plus facile d'approfondir une tradition, ce que l'on connaît déjà, plutôt que de passer pour un inculte en parlant de cultures ou d'auteurs avec qui on n'a pas d'affinités.
J'ai vu l'autre jour Umberto Ecco à son émission et Carlos Ruiz Zafon, et la personnalité des gens m'inspire beaucoup. On sent une différence selon les pays, et c'est parfois ce qui manque. On
peut lire tout ce que l'on veut sur le Cambodge, la Grèce ou l'Islande mais les ressortissants de ces pays incarnent ce qu'ils disent, et c'est parfois ce qui manque. On a l'impression d'une
certaine uniformité, avec une culture américaine au pinacle et qui sert de référent à toute les autres. De même, je me suis réécouté un CD de Mago de Oz (en espagnol castillan) et même en
écoutant Paris Latino de Bandeloro, on plonge dans des univers différents et si on y prête attention, c'est vraiment surprenant que l'on puisse voyager autant. C'est tout un univers qui s'ouvre
d'un coup et j'aimerais avoir accès à cela plus facilement avec les médias de masse. Je suis un peu à saturation avec les américanités.



dounya 20/04/2012 14:11


Bonjour,


Totalement d'accord avec votre article : Busnel est très bien dans l'exercie mais on a un léger sentiment de tourner autour du pot et de ne pas faire de vraie découverte autre qu'américaine.


Alors oui, la diversifiaction serait la bienvenue.


 


Merci pour cet article.

Marc Beaufrère 16/05/2012 18:52



Et merci pour vos encouragements qui me donnent l'énergie de continuer ce carnet !